Le père
Ce court-métrage qu’un ami a publié sur Facebook m’a marqué plus que je ne l’aurais cru.
(Le film peut aussi être visionné ici : What is that? (Τι ε?ναι αυτ?;). Il est sous-titré en anglais. Si vous avez du mal à comprendre, dites-le moi dans les commentaires, je ferai une traduction maison.)
Hier soir, j’ai animé pour la première fois un atelier sur l’érotisme. Cet atelier s’adressait aux hommes gais et bisexuels qui veulent réduire leurs risques en matière de sexualité. J’étais très emballé par l’atelier et aussi un peu nerveux.
La nuit passée, j’ai rêvé d’un père qui m’appelait au bureau. Il voulait avoir mon aide pour retrouver son fils et reprendre contact avec lui. Je lui demandais pourquoi. « Parce que je sens qu’il a besoin de moi. » m’a-t-il répondu, comme si c’était une évidence. Son fils était un adulte, majeur et vacciné. J’ai trouvé sa demande un peu bizarre, un homme adulte n’a pas besoin de son père.
Puis, quelques jours plus tard, je suis tombé sur son fils, un bel homme brillant. Un personnage rebelle, peut-être un peu blessé et qui affirmait n’avoir besoin de personne. Quand il parlait de son quotidien, il y avait dans son récit comme un sentiment de dérive. Il était particulièrement insatisfait de sa vie amoureuse et de sa vie sexuelle. Il n’arrivait pas vraiment à faire confiance et à se laisser aller. Et on le lui reprochait souvent. En l’écoutant, je me suis dit que le père avait peut-être raison et qu’il était urgent de les remettre en contact. (Dans un rêve, les raisonnements prennent parfois de curieux raccourcis.)
Je me suis éveillé, avec ce sentiment d’urgence. Il était près de 5 heures du matin. Je me réveille souvent comme ça, à des heures inhabituelles dans les périodes de stress. Je sais que la lumière du matin dissipe parfois les souvenirs d’un rêve. Alors j’ai allumé une lampe pour mettre tout ça sur papier. (J’ai une espèce de malaise, de pudeur à poursuivre…) J’avais le sentiment que je devais renouer avec mon père, malgré les blessures, la distance et le ressentiment. Parce qu’il vieillit et qu’il n’est pas éternel. Depuis des années, je garde les contacts que j’ai avec lui au minimum. C’est comme une corvée dont je me débarrasse pour ne pas me sentir coupable de l’abandonner complètement. Mais peut-être est-ce pour moi que je devrais le faire. Peut-être en ai-je besoin. Je n’avais jamais vu la question sous cet angle…







En essayant d’établir un dialogue avec ton père, tu n’obtiendras peut-être pas le résultat prafait, mais au moins tu auras essayé de bonne foi et tu ne passeras pas le reste de ta vie à te culpabiliser de ne pas avoir essayé… Tu vivras plus léger, avec un nuage gris de moins.