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Archive de janvier, 2010

Boulettes de tofu garam masala

Quand j’étais petit, j’aimais bien le ragoût de boulettes du temps des fêtes, pour la texture et la sauce. Plus tard, pendant une certaine période, je ne pouvais pas aller au Ikea sans commander des boulettes suédoises. Voici une recette où je retrouve certains de ces plaisirs. Des boulettes à base de tofu, rondes et dorées à l’extérieur et tendres à l’intérieur. La première recette végétarienne qui m’a fait réellement craquer.

Le garam masala donne aux boulettes un parfum réconfortant, à peine sucré et poivré, devant lequel le tofu s’efface complètement. Le garam masala est un mélange d’épices du nord de l’Inde. J’ai utilisé celui vendu par Philippe de Vienne. On le trouve au marché Jean-Talon et un peu partout à Montréal. Le garam masala fait partie du kit Épices indiennes 101 que l’on retrouve jusque dans les librairies. L’œuf est facultatif, mais il permet aux boulettes de mieux se tenir à la cuisson.

Dans un grand bol, mélangez :

  • 1 bloc de tofu ferme (450g) finement émietté au robot ou râpé
  • 1 oignon émincé finement
  • 1/2 tasse de gruau (instant ou minute)
  • 1/2 tasse de persil frais finement haché (ou persil italien)
  • 3 c. à soupe de tamari (ou sauce soya)
  • 2 c. à soupe de beurre d’arachide
  • 1 à 2 c. à soupe de garam masala fraîchement moulu
  • 1 œuf

Façonnez des boulettes de la taille d’une balle de ping-pong. Mouillez-vous les mains à l’eau froide, cela facilite l’opération. C’est l’opération que je trouve la plus fastidieuse. La prochaine fois je ferai une double ou une triple recette.

  • 1/4 tasse de farine
  • 2 c. à soupe d’huile d’olive

Enfarinez les boulettes et faites-les revenir dans l’huile à feu moyen jusqu’à ce qu’elles soient bien dorées. Retournez-les délicatement aux 3 minutes environ. Les boulettes peuvent aussi être cuites au four 15 minutes à 425 degrés Fahrenheit (220 degrés Celsius). Une fois cuites, les boulettes peuvent être congelées (si vous arrivez à ne pas toutes les manger).

Servir chaud avec une sauce satay aux arachides (celle des banlieusardises convient parfaitement), du riz et des légumes verts. Ce serait sûrement un délice avec une sauce aux poivres ou une sauce tomate épicée. Ces boulettes peuvent aussi garnir un pita avec tzatziki, concombres et tomates.

 

D’autres recettes de tofu faciles ici : Tofu pour néophyte

Rumeurs

Connaître l’ennemi. Utiliser ses stratégies pour lutter à armes égales. C’est un peu ce que le développement du Web a permis aux acteurs de la lutte contre le sida. D’abord en diffusant des informations d’une complexité incroyable, qui doivent être constamment mises à jour. Ensuite en donnant la parole à toutes les personnes touchées par la pandémie de façon à briser le silence qui met en péril tous les acquis. Désormais, les stratégies de marketing viral utilisent les réseaux de communication et les réseaux sociaux pour que les messages de prévention se répandent à une vitesse fulgurante, sans bruit et sans grand investissement. En tablant, sur le plaisir, l’humour ou l’empathie, bref, ce qu’il y a de meilleur en l’être humain, ce type de publicité nous amène à nous approprier le message et à en devenir les agents propagateurs. Tout le monde y gagne, sauf le virus. Faites circuler !

Le repaire

Tout au bout du champ sur la ligne d’horizon, commençait la forêt. Les premiers arbres marquaient la limite de mon territoire d’enfant. Avec les kids du voisinage, on s’était fait un camp de base dans un énorme buisson avec des passages et des espaces fermés d’où l’on pouvait observer les alentours. On y trouvait deux grosses pierres pour s’asseoir et une cachette pour les trésors. C’était un repaire, un lieu de rendez-vous, le point de départ des piques-niques et de toutes les aventures. Une façon d’apprivoiser l’espace et d’apprendre à se faire une place dans le monde.

Je voudrais que ce blogue soit un repaire en son genre. Chaque jour, il est ma porte d’entrée sur l’univers virtuel. Je suis en train de me familiariser avec le visuel. Il me reste pas mal de travail à faire dans le code. Je ne me souvenais plus à quel point ça pouvait parfois être compliqué. La bannière actuelle n’est pas au point, elle manque d’équilibre. Sur chaque page, il y a encore plein de trucs à franciser et à fignoler. Les blocs de la colonne de droite tourneront du noir au gris ardoise. Le premier billet (featured note) sera mis en évidence dans le haut de la page d’accueil et ce texte occupera toute la largeur. Les billets suivants resteront comme ils le sont, sur deux colonnes, ce qui enlèvera un peu d’importance à l’ordre chronologique. Malgré les erreurs, les défauts et les maladresses, je suis content et plutôt excité, parce que c’est moi qui ai arrangé le décor.

Je voudrais consigner dans mon repaire des traces des saisons qui passent, l’odeur du gazon frais coupé et celle de la neige, le chuchotement du vent dans les pins et le ronronnement de la ville. Je veux y coucher mes états d’âme, mais aussi y échafauder des idées. J’y mettrai même des recettes de cuisine végétarienne. Si vous en avez envie, sortez les couvertures et imaginez-vous autour d’un feu de camp en écoutant la femme en or qui chante dans la troisième boîte de la colonne de gauche. Vous êtes toujours les bienvenus pour exprimer vos réactions, vos désaccords, vos impressions ou vos interprétations. Je vais travailler à améliorer la page Liens qui présente ma blogosphère. J’y noterai, quant à moi, des dialogues et peut-être même des histoires. Je suis paresseux, je me complais dans l’autofiction sans oser m’extirper des ornières confortables de ma propre vie. J’ai peur de me casser la figure si je sors de mes sentiers battus, mais je veux que cette face cachée soit le lieu de toutes les expériences.

Nocturne tempête

Le soir, quand je me retrouve seul dans le silence, face à moi-même, je devine la tempête qui se lève. C’est ironique. J’ai cette comptine de Passe-Partout qui me trotte dans la tête : « la nuit — est dans mon lit — jamais — je ne m’ennuie. » (Je ne demande que ça : m’ennuyer !) C’est le trop-plein de mes journées qui déborde. Ce quotidien trop « équilibré », ces exigences toujours plus hautes que je sens le besoin de m’imposer pour me rassurer, ces questions sans réponses, ce mur que je dresse parfois entre moi et les autres.

Je connais tous les exercices de relaxation, le training autogène, la respiration du cœur. Je me concentre sur mon souffle. Sur le poids du corps contre le matelas, je me répète que mon esprit est un ciel vaste où les pensées flottent comme des nuages. Je n’ai pas à m’accrocher à aucune d’entre elles. Elles ne font que passer… Mais c’est par le corps, que la tempête se manifeste : maux de ventre, cœur qui sursaute, yeux grands ouverts.

J’ai bien essayé d’accueillir les émotions qui se présentent une après l’autre, de les accepter avec un simple sourire en me rappelant qu’il ne s’agissait que d’états passagers. J’ai reçu ainsi ma colère, mes peurs, encore de la colère, puis de la tristesse et toujours de la colère. J’avais devant moi un line-up interminable d’émotions qui veulent se faire entendre. La nuit ne serait jamais assez longue pour en finir et je suis si fatigué.

Quand la fatigue l’emporte et que la raison perd pied, c’est encore pire. Les émotions se ruent en moi et je les combats en rêve, jusqu’au matin, sans savoir si je dors ou si je suis réveillé. Je tourne, je m’éveille à demi, je me rendors, toujours secoué.

Ce n’est pas à chaque nuit comme ça, heureusement. Je ne survivrais pas. Pendant une période, j’ai réussi à trouver le repos en m’évadant dans la lecture. J’ai traversé l’Algérie de Jasmina Khadra dans Ce que le jour doit à la nuit. Plonger dans l’univers de ces personnages me faisait oublier mes tempêtes pour un temps et me donnait juste assez de recul pour glisser dans un sommeil presque paisible. Il y a eu les somnifères qui attendent toujours dans une armoire de ma salle de bain. De petits comprimés jaunes qui assommeraient d’un seul coup n’importe quel ouragan, mais qui laissent l’impression d’être un peu sonné, le lendemain, au réveil.

J’ai trouvé ce texte d’un maître de méditation : L’art de maîtriser une tempête. Je pense que si je veux retrouver le sommeil la nuit, je dois apprendre à dompter mes tempêtes en plein jour, alors que je suis en pleine possession de mes moyens.

Le jeu des résolutions

40 ans. Janvier 2010. Ça fait pas mal trop de zéros au même moment et pas mal de vide devant moi. En ce moment, je ne sais pas du tout où s’en va ma vie. Je voulais profiter de mes vacances pour faire le point, classer les pour et les contres de certains changements, choisir quelles directions prendra mon existence. Il ne reste que quelques jours et je constate que je ne suis pas très avancé. Je me suis donc inspiré de l’exercice proposé par Steve Proulx pour concocter une liste de ce que je veux dans la vie. Je vous mets au défi de faire vous aussi l’exercice, et de le publier sur vos pages ou ici, en commentaire.

À vous de jouer !

Dressez d’abord la liste de ce que vous voulez de la vie en 2010. Allez-y librement, sans contraintes, dans le désordre. Mais soyez précis et ne tombez pas dans les généralités. Limitez vous ensuite à exactement 20 points, pas un de plus, pas un de moins. (Les limites, ça stimule la créativité.)

Modifier chaque phrase pour qu’elle soit affirmative et que les verbes s’y conjuguent au présent. (La loi de l’attraction, on sait jamais…) Établissez ensuite des priorités en changeant l’ordre au besoin. (Et ce, sans toucher au premier et au dernier énoncé qui joueront le rôle d’introduction et de conclusion.) Vous pouvez aussi les numéroter.

Regroupez ensuite les 18 énoncés restant en groupe de trois, en respectant l’ordre. Coiffez d’un titre chacun des groupes comme si c’était un chapitre, montrez-vous imaginatif. Retouchez les phrases, précisez-les, soulignez les mots importants, amusez-vous ! Après avoir fignolé votre liste, partagez là. Et bien sûr, vous avez l’année pour réaliser le tout, chapitre après chapitre…

J’ai hésité pas mal à publier ma liste. Voici, ce que ça donne dans mon cas. C’est peut-être trivial, mais il faut bien commencer quelque part.

1.    Je sais où je m’en vais dans la vie

I : Un toit au-dessus de ma tête et au-dessus de mon cœur
2.    J’ai un chum. Nous nous aimons profondément, intensément et, par moment, à la folie.
3.    J’ai quelques bons amis que je vois régulièrement.
4.    Je vis dans un endroit ensoleillé où je peux dormir tranquille.

II : Participer au monde avec intensité
5.    Je suis nourri par des œuvres littéraires, cinématographiques, musicales, picturales…
6.    Je travaille selon mon propre horaire et je suis ainsi plus efficace.
7.    J’ai une vie sexuelle palpitante.

III : Un esprit ouvert dans un corps sain
8.    Je cours régulièrement et je m’entraîne.
9.    Je mange bien et je suis végétarien.
10.    Je voyage chaque année au Québec et à l’étranger.

IV : Un travail qui ajoute du sens à ma vie
11.    Je me sens profondément utile à mes semblables.
12.    Je consacre une bonne partie de mes heures de travail à l’écriture.
13.    Je tiens un blogue diversifié où je me sens chez moi.

V : Échanges et reconnaissance
14.    Je suis reconnu et apprécié pour le travail que je fais.
15.    Je suis à l’aise de parler et d’écrire en anglais.
16.    J’ai les moyens d’aller au resto, au cinéma, de magasiner comme je le fais maintenant.

VI : Des luxes abordables
17.    Je prends le temps de lire.
18.    J’ai un vaste cercle social.
19.    Je suis touché, je reçois et je donne des massages de temps en temps.

20.    Je suis calme et je me sens en sécurité.

Tout un programme !



Ma peur

Le VIH occupe aujourd’hui une place microscopique dans ma vie. La place qu’il mérite. La place qui sied à un virus. Depuis environ quatre ans, la médication le maintient K-O. Et ma charge virale demeure indétectable. Mon système immunitaire a récemment dépassé la barre des 400 CD4 et il navigue lentement vers les 500, le seuil symbolique de la normalité. Dans mon quotidien, le virus doit se limiter aux cases d’un pilulier. J’ai même trop souvent tendance à oublier le pilulier. Je n’y pense plus et c’est pourquoi j’en parle rarement ici. L’impact du virus sur les autres et dans la société, les injustices qui y sont liées, la mort autour de moi m’occupent fréquemment l’esprit. Mais l’impact direct du VIH sur ma vie est négligeable.

La grande peur que j’ai déjà ressentie, alors que j’avais les pieds au bord du gouffre, a rétréci jusqu’à devenir presque imperceptible. C’est maintenant un sentiment sourd et diffus qui passe facilement inaperçu. Mais elle n’est pas complètement disparue et je porte cette peur sans trop en être conscient. Elle s’éveille insidieusement dès que je suis fatigué ou fragile. Elle s’enflamme pour un éternuement, un oubli ou un rhume. J’ai peur, tout au fond de moi. Peur de mourir avant d’avoir vécu. Peur que le virus ait fait des ravages silencieux qui me mèneront au cancer généralisé ou à la démence. J’ai peur de ne plus avoir les moyens de payer les médicaments. J’ai peur de souffrir, j’ai peur de perdre, j’ai peur d’oublier.

Cette peur me mine sans faire de bruit. Quand je suis très pris par le quotidien, je ne le remarque pas. Mais elle brûle en moi et participe alors à mon épuisement général. Lorsque je m’arrête et que je suis seul dans l’obscurité, elle sort de l’ombre et je vois clairement son travail de sape. Je la déteste. Je dois la garder à l’oeil si je ne veux pas lui laisser le pouvoir. Il me faut apprendre à la regarder aller et à vivre avec elle. Je me doute bien qu’elle risque d’être toujours là. Je ne sais pas comment me rassurer. Souvent, je me dis que ce serait bien que je croie en Dieu. Je pourrais m’en remettre à lui et ce serait beaucoup plus simple. Mais, si Dieu existe, je refuse de croire en lui. Je préfère le doute et la beauté du mystère. Je préfère apprendre à vivre avec la peur. Je veux vivre ma vie en entier, et ma peur en fait partie.



Hallelujah de Leonard Cohen, reprise par Ariane Moffatt
Trauma – Épisode 01

20 choses qui m’intéressent

Une petite note en forme d’inventaire pour commencer la première année de la décennie et celle de ma quarantaine. C’est aussi une façon d’inaugurer le nouveau visuel (en « work-in-progress ») de ce blogue. Je suis le mouvement lancé par Steve Proulx, et suivi par Miss Klektik, Patrick Dion et Geneviève Allard. L’idée étant de faire la liste de 20 choses qui vous intéressent et vous passionnent dans la vie, dans l’ordre ou le désordre, tout en étant précis. Un exercice pas nécessairement facile, mais qui a allumé quelques étincelles dans ma tête. Essayez-le pour voir !

  • L’écriture d’une histoire, ses structures, sa mécanique.
  • Les racines, comment on s’en passe dans la vie, comment on se les recrée.
  • Les arts du cirque et le dépassement de soi offert en spectacle, soir après soir.
  • L’incroyable résilience de la nature.
  • La cuisine, le vin, la multitude des parfums, des saveurs.
  • L’enfance et sa capacité d’émerveillement.
  • New York et cet espèce d’élan qui nous emporte dès qu’on y met les pieds.
  • La photographie, comment fixer sa vision de la réalité.
  • L’autofiction, jouer à se réinventer jusque dans la réalité.
  • L’histoire des langues, comment elles s’entremêlent et s’influencent.
  • L’identité masculine, comment elle se construit sans qu’on n’en parle jamais.
  • Les préceptes de la méditation bouddhiste et le choc de sa rencontre avec la vie d’aujourd’hui.
  • Les couleurs, leur influence, leur impact foudroyant et silencieux.
  • La rencontre des mots et de la musique dans une chanson.
  • La rencontre des mots et du dessin dans une bande dessinée.
  • Les valeurs qui nous guident et nous rendent heureux ou malheureux.
  • La psychologie des groupes, des familles, des équipes de travail.
  • Les rêves que l’on fait chaque nuit.
  • La santé globale et ce que chacun d’entre nous peut faire pour la conserver.
  • Les traces que l’on laisse, l’impact de la vie d’une personne sur les autres, la société, la planète.