« Votre appel est important pour nous. Ce moment d’attente est bien involontaire. » Je sais : une recette en tête de page d’accueil, c’est pas ce qu’il y a de plus « winner ». (Je n’ai pas le projet de concurrencer les blogues de cuisine.) Mais je traverse en ce moment une petite panne d’écriture.
Peut-être un peu à cause de la fatigue, celle de l’hiver, d’un rhume qui traîne et du train de vie que je m’impose. C’est bien beau 20 résolutions, mais il y a des jours où mon perfectionnisme compulsif est difficile à porter.
Peut-être aussi parce que je ne peux m’empêcher de m’autocensurer. Le monde est petit. Le développement du Web et des réseaux sociaux le révèle un peu plus chaque jour. J’avais la prétention de vouloir faire un blogue anonyme ou mon identité resterait soigneusement cachée. Force est de constater que c’est raté, trop de liens oubliés, trop de mots échappés. Alors, je commence des billets et je les laisse dormir dans le coeur de mon MacBook pour un temps. C’est toujours une bonne chose. L’équivalent de tourner sa langue sept fois avant de parler. Certains textes vont s’affiner et finir par être publié, d’autres ne traverseront pas l’épreuve du temps et aboutiront dans la corbeille. Plusieurs seront simplement oubliés, bousculés par des évènements de ma vie qui ont un besoin plus pressant d’être exprimés.
En quarantaine en ce moment : une note sur mon patron et mon rapport à l’autorité, quand celle-ci manque de vision, un billet sur un homme séduisant croisé dans un bar qui m’a écrit un courriel le lendemain pour me dire qu’il était tombé sur mon blogue. Et un autre sur la pêche au chum sur les sites de rencontres. (une des bêtises que j’ai faites récemment est d’utiliser le pseudonyme Kevin Zaak, sur ces sites) Une dernière, finalement, sur mes déboires avec la langue anglaise et tout les blocages psychologiques que je rencontre au fil de mon apprentissage.



Jérôme
1 month ago
Laissez KZ comme pseudo, ça ressemble trop à un acte manqué!
Louis
1 month ago
publique vs pudique, définir les modes d’accès à l’intimité à l’ère électronique et de la mémoire permanente. Les manifestations de la vie devant se fixer sous une forme ou sous une autre, entre deux couches d’abstraction. Où se situe la zone de confort entre entre vie publique et vie privée? La cohérence identitaire est-elle plus que jamais menacée, sommes-nous en processus de virtualisation du réel? Doit-on accepter que plus rien ne soit vrai? Vivre selon des valeurs sera-t-il bientôt mésadapté?
Moi ça me donne un peu le vertige. Si le monde existe encore dans 20 ans, à quoi ressemblera une relation?
Kevin Zaak
1 month ago
@ Jérôme : Ma vie est un acte manqué !
@ Louis : Le virtuel ne s’oppose pas au réel, il en fait partie. Les technologies ne sont qu’un outil de plus pour s’exprimer et pour communiquer. J’imagine que lorsque le téléphone est apparu, certaines personnes ont dit que cet outil allait faire disparaître les vraies relations.
La cohérence identitaire n’est pas menacée par le Web, au contraire. La virtualité permet l’exploration de son identité et de ses limites. La fréquentation du virtuel m’a appris que la vie en société exige des compromis et des remises en questions, sur le Web autant que dans la « vraie vie ». Nous en sommes aux premiers balbutiements de la vie en société à l’ère du Web 2.0. Il y a quelques siècles on se racontait des histoires autour du feu. De nos jours, on se raconte des histoires autour du Web.
Auparavant la vie était privée, « par défaut ». Et on devait se tailler une place dans la vie publique, si on le désirait. Désormais, la vie est de plus en plus publique « par défaut », il faut donc savoir se créer des zones d’intimité et de secret. Je trouve ce changement fascinant. Cela donne une nouvelle valeur à l’intimité et au jardin secret.
Kevin Zaak
4 weeks ago
Et j’ajouterais que prendre du recul (tourner sa langue sept fois) ce n’est pas manquer de cohérence. Au contraire, ce que je dirai par la suite sera plus clair et plus vrai.
Une vraie relation, ce n’est pas de dire tout ce qu’on pense et tout ce qu’on sent sans égard pour l’autre, à chaque instant. C’est pourtant ce que nous permet le virtuel, à nous d’en user avec sagesse.
Louis
4 weeks ago
Kevin Zaak,
Tu es très certainement un sujet d’étude méritant toute mon attention. Il me serait futile de prétendre à la compréhension de ton univers dans un espace-temps restreint. Longue vie à toi mon ami complexe, j’espère que nous en viendrons à ébaucher un vocabulaire commun.
Alcib
3 weeks ago
Je crois aussi, comme Kevin Zaak, qu’Internet nous enrichit plus qu’il nous appauvrit. Du moins, il permet des rencontres extraordinaires qui ne seraient sûrement pas possible autrement…
J’aime beaucoup l’idée de vie privée et de vie publique « par défaut ». C’est tout à fait ça. Le défi, maintenant, n’est pas d’être connu mais de savoir en effet se réserver, se créer même (c’est plus juste) des zones d’intimité.
Mon amoureux (Alexander) et moi, nous nous sommes connus par Internet (c’est lui qui m’a découvert grâce au blogue) et si nous nous parlions un peu, parfois beaucoup, par l’intermédiaire du blogue, nous avons partagé énormément d’intimité, de confidences, de secrets, et tout cela grâce à Internet.
Quant au « vocabulaire commun » qu’évoque Louis dans le commentaire précédent, je crois qu’il viendra spontanément si les affinités sont là, si le coeur y est. Alexander et moi appartenions à des milieux, à des univers tellement différents l’un de l’autre, nous ne parlions même pas la même langue et pourtant nous nous sommes immédiatement compris car nous parlions le même langage, nous aimions un très grand nombre de choses qui étaient les mêmes, nous partagions les mêmes valeurs… Les mots, si chers à Alexander comme à moi, sont venus spontanément pour apprendre à nous connaître dans le quotidien, dans nos univers respectifs (car la connaissance profonde avait été spontanée, du moins très rapide)
Alcib
3 weeks ago
P. S. : Je devrais me relire avant d’envoyer mon commentaire ; ça me permettrait de corriger mes fautes.