English message will follow
C’est l’une des résolutions que j’ai choisie pour 2010. Le fait de ne pas maîtriser l’anglais m’a causé pas mal de frustrations au cours de la dernière année. En voyage, j’ai eu l’impression par moment d’être complètement idiot. J’ai des collègues de travail anglophones, et plusieurs coureurs de mon club parlent mieux l’anglais que le français. C’est vraiment enrageant de tenter de suivre une conversation sans pouvoir y plonger. La vendeuse chez Archambault m’a conseillé la méthode Assimil (L’américain sans peine), une méthode qui présente la culture américaine du point de vue des Français. Au fur et à mesure que j’avance dans les leçons, je réalise que la culture québécoise est beaucoup plus près de celle des Américains que de celles des Français.
Certains blocages psychologiques m’ont pourtant toujours empêché de devenir bilingue. J’ai commencé à détester l’anglais vers l’âge de 13 ans. Je me souviens d’un vieux frère qui enseignait l’anglais en secondaire I. Il nous faisait apprendre des listes de verbes irréguliers par coeur : get, got, gotten got, ainsi que des prières : Our Father, who is in heaven, holy is your name, your kingdom come… Il avait le coup de règles facile à la moindre erreur.
Pour mes parents, ce n’était pas très important que je sache parler anglais, au contraire. Je viens d’une famille souverainiste où tout le monde a milité pour l’indépendance du Québec. Parler anglais, c’était presque mal, c’était le signe d’un complexe d’infériorité et d’une insouciance quant à la survie du français en Amérique. L’anglais demeurait la langue de l’oppresseur, la langue de l’impérialisme américain, du capitalisme sauvage, de la surconsommation. Cette mentalité assez étroite m’a beaucoup nuit, comme elle a nui récemment à plusieurs politiciens souverainistes qui ont été ridiculisés pour leur incapacité à discourir en anglais. « Don’t be inquiet » a dit Pauline Marois dans un discours. (But don’t worry, guys, I think that I’m already better than her.)
Je n’en suis encore qu’à la phase passive de l’apprentissage. L’accent est mis sur l’écoute et la compréhension. Je viens de terminer la leçon 45 et je me bats en ce moment avec les temps de verbe. Il me fallait un renforcement positif. Plusieurs téléséries sont disponibles gratuitement en ligne. J’en ai choisi une de la CBC dont l’histoire se déroule à Toronto, Being Erica. Après chaque leçon, j’ai le droit à un épisode. En plus de pratiquer ma compréhension, ça me permet d’apprivoiser une culture somme toute très proche de la mienne. J’ai toujours pensé que Toronto était une ville grise, froide et ennuyante peuplés de gens coincés et désagréables. Finalement, c’est une ville qui ressemble beaucoup à Montréal. La série raconte l’histoire d’Erica Strange, 32 ans. Elle a tout pour réussir, mais cumule les échecs. Je ne sais pas pourquoi mais je n’ai pas de problème à m’y identifier.

Il me reste à passer par-dessus mon orgueil et à accepter d’avoir l’air un peu stupide quand viendra le temps de parler. Peut-être un jour arriverai-je à maîtriser l’écrit assez bien pour pondre un billet en anglais, maybe, one day !




Your English is very good — at least written English. Believe me, your accent can’t be worse than mine.
eh bien ! 1 an plus tard, c’est chose faite. La vendeuse avait raison, la méthode Assimil est une excellente méthode. Et la télésérie m’a beaucoup beaucoup aidé. (Tout le monde m’a conseillé de regarder les nouvelles, mais une série où les personnages vivent des situations du quotidien et où on s’attache émotivement aux personnages me semble encore mieux.)