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Infinitif

Traverser la rue en diagonale. Suivre du regard un vol de pigeons qui monte soudainement, en planant vers les toits. Sourire à trois passants puis baisser les yeux. Regarder les gens entrechoquer leurs verres sur les terrasses, bières blondes ou rousses, cocktails translucides, trop heureux de l’été. Au feu rouge, monter sur la pointe des pieds pour apercevoir le ciel, magnifique après l’orage, et si haut… Se demander quoi raconter.

Puis, penser qu’il faudrait écrire sur le bonheur. Consigner le chemin parcouru, les prérequis, les méthodes. Imaginer le recueil de clichés, déjà cent fois écrits, prétentieux, peut-être comiques. Vivre ailleurs que dans les mots ! Se sentir ragaillardi et réaliser que le sommeil est revenu, depuis quelques mois, combler chaque nuit. Les horaires stables, le travail de jour, le lâcher-prise ? Réaliser que la fatigue ou son absence font toute la différence. Réaliser aussi qu’avec la quarantaine, une foule d’illusions ont décidé de plier bagages. Les imaginer qui s’éloignent la tête basse. Des rêves trop grands. Des idéaux maladroitement plaqués aux mauvais endroits. S’être si longtemps persuadé que ces séparations seraient déchirantes et définitives. Découvrir le contraire. Devenir un espace ouvert à tous les vents, pour les fêtes impromptues, les plaisirs minuscules, qui surviennent au hasard des rues et de l’effervescence des regards. Sourire.

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2 Commentaires Post a comment
  1. RAnnieB #

    C’est l’effet qu’à eu ton texte sur moi…un grand sourire. En te lisant je ne pouvais que penser…Been there, done that! :).

    Profites bien de cette période de plénitude.

    1 juillet 2010
  2. Jérôme #

    ça devrait me donner du courage pour la fin de la semaine ;-)
    Bien à toi et à ta joie de vivre!

    2 juillet 2010

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