J’aime le trouble
Le bonheur me fait peur. Quand tout va bien, je me méfie. Je me demande ce qui va me tomber sur la tête. Je cherche la bête noire, le jupon qui dépasse, n’importe quoi qui cloche.
J’ai besoin de me mesurer à quelque chose pour me sentir vivant, pour être certain que je suis assez grand. Je me suis construit à travers mes luttes. J’en ai bavé, j’en ai été fier. Quand j’arrive au-dessus de la mêlée, dans un endroit plus calme, l’endroit dont j’ai toujours rêvé, je vacille. Je ne sais pas comment réagir. Mes ruades et mes coups de poing fouettent l’air et je manque de tomber.
Ces jours-ci, ma vie bien huilée glisse sur la ligne du temps sans heurts. J’ai l’impression d’avoir atteint un certain équilibre. Je peux regarder devant et derrière avec lucidité. Je dors. Je mange. Je travaille. Je cours. Et j’essaie de ne pas trop y penser parce que tout ce vide autour de moi me fait paniquer. Je me répète à moi-même que l’équilibre est toujours précaire. Que l’homéostasie, le réel équilibre, est un mouvement, une danse, un déséquilibre constant.
La dernière nuit que j’ai passé avec le Minotaure, je lui ai dit : « C’est pas ça que je veux. Dans la vie, moi je ne veux pas un amant, un fuckfriend, je veux un chum ! » Il n’a rien dit, mais il ne l’a pas oublié. Après le jour de l’an, il m’a invité pour un souper chez lui avec trois de ses amis célibataires. Chaque ami devait amener un autre ami, aussi célibataire. Tous ces garçons trop bien, trop jolis, qui parlaient de théâtre et d’opéra m’intimidaient. Je me suis caché derrière mon verre de vin. C’est lui, le seul inaccessible, que je trouvais trognon d’avoir organisé tout ça. Et en plus, il cuisine bien.

Restroom Graffiti par Matt Niemi, sur Flickr







Tu aimes le trouble, mais pas au point de refuser cette invitation trop séduisante pour y résister… C’est bien ! C’est la vie. C’est ton droit. Quand je déconne, que je niaise, que je cruise sur Twitter, c’est ce que je me dis toujours: c’est la vie, c’est mon droit, et cette liberté, je me la suis gagnée de haute lutte. Profite de tout, Kevin, y compris de la présence de garçons trop jolis autour de toi. Y’aura toujours bien assez de vin pour arroser tout ça.
Je me suis souvent dit ( et reproché ) d’aimer le trouble, moi aussi, moi comme toi. D’aimer me coucher et dormir, le jour, pendant que la vie passe. C’était, et c’est encore, une façon de guérir. J’étais malade. Je vais mieux. Parfois je ris très franchement. Parfois ma colère s’apaise. Et j’apprends, beaucoup, de la tolérance des autres à mon endroit. Et j’apprends beaucoup de la beauté des autres. Merci, Kevin.
L’important, c’est d’avoir conscience que tu as ce travers-là, celui d’aimer le trouble. Parce que tout ce dont on a conscience, on peut le corriger. Parfois, c’est long et ardu, mais on peut le faire. En attendant, essaie de profiter du fleuve tranquille.
C’est ça se mettre dans le trouble ? Moi j’appèle ça vivre intensément que de ressentir des émotions fortes.
The only way to live life according to me :).
J’aime bien quand les commentaires partent dans toutes les directions.
@ RPL : La tolérance envers soi-même est un apprentissage long et nécessaire.
@ L’impulsive : Oui. Profiter… C’est tellement simple à dire. :-)
@ RAnnieB : Not the only way. It’s always better to have more than one choice and the freedom to choose the path that you really want, at the end.
Tu as parfaitement raison: long, nécessaire, et difficile.
You are right oh wise one. I just think intensity is more fun than the alternative :).