Tempus fugit
Ma vie est réglée au quart de tour, un changement drastique par rapport aux derniers mois. Mes jours sont hachurés de chiffres. 15 minutes de méditation quotidienne. 35 heures de travail et 4 séances d’entraînement hebdomadaires. Je garde le rythme. 1250 mots en retard. La médication, les légumes verts, les fibres solubles, les protéines. Et tenter de conserver un semblant de vie sociale. Je roule. Pas une minute de libre pour le mauvais sang. Sauf la nuit. Dès que le corps a récupéré au minimum, je m’éveille dans le noir. Habituellement, ça se produit vers 4 ou 5 heures du matin. Et les pensées s’emballent : je vais manquer de sommeil, attraper un rhume, être moins performant au travail, perdre mon emploi, faire une dépression, tomber encore plus malade… Et puis, je me souviens que c’est la nuit. J’essaie de sourire. J’aurai beau lutter, c’est totalement inutile pour se rendormir. Il faut dédramatiser, et lâcher prise. Quelques heures de sommeil en moins, ce n’est pas la fin du monde. Peut-être ai-je moins besoin de dormir que la normale. Le corps a l’intelligence de s’endormir quand il en a réellement besoin. Peut-être aussi devrais-je me ménager quelques heures de liberté pendant le jour pour ne pas avoir à m’éveiller au beau milieu de la nuit.
Le problème, c’est que je veux tout, tout de suite. J’ai tellement peur de manquer quelque chose. J’ai peur que tout s’arrête dans les prochains jours. Je voudrais savoir. Je voudrais avoir des certitudes, des garanties sur le futur. Je devrais croire en Dieu, en Allah ou consulter une diseuse de bonne aventure, se bercer d’illusions, parfois, peut permettre l’insouciance. J’aspire à l’insouciance
Time Flies par Johnny Grim, sur Flickr







Pour être une experte en réveil la nuit (!), je comprend tellement ce que tu veuex dire. Moi, c’est vers 4h00 bien souvent, je me réveille, ça me prend une heure ou deux me rendormir. Ça m’épuise. Le corps qui ne dort pas assez, l’esprit qui a besoin de repos. Car comme tu le dis, c’est la nuit ! Et la nuit, on angoisse plus. C’est si facile de le faire…
J’aspire à l’insouciance…
@ L’impulsive : J’ai lu sur le net que ces insomnies du matin seraient celles qui auraient le moins de conséquences, le corps ayant eu le temps de récupérer suffisamment. Quand j’arrive à en sourire et que j’arrête de m’en faire (j’y arrive plus souvent qu’avant) elles sont moins pénibles.
@ RPL : Parfois je me dis que c’est peut-être un idéal inatteignable.
Il n’y a pas un risque de monotonie à avoir un agenda trop organisé? c’est bien les plages libres aussi, les décalages possibles…
Sinon pour les réveils trop matinaux, quand ça m’arrive je n’essaie pas de me rendormir, si je me réveille c’est que mon corps a assez dormi. Alors je me lève, je me prends un café, je fais du repassage, une nouvelle journée qui commence… D’ailleurs j’aime bien ces heures de la nuit où tout est calme, ou ces heures du petit matin où on regarde le monde se réveiller
De monotonie, peut-être, mais d’épuisement surtout. J’apprivoise les décalages et les plages de liberté.
La nuit mon appartement est glacial, aucune envie de sortir du lit. Je pourrais toujours lire ou écrire.
Pour moi l’insouciance est une bénédiction, un état propre à l’enfance heureuse et à la jeunesse, un état de légèreté voué à s’émousser avec l’âge, inévitablement, et qui finit par presque disparaître.
Plus tard, passé(e) à la moulinette de nos déceptions, de nos prises de conscience (la cruauté, le monde, l’injustice…) et, bien sûr de nos regrets, on ne peut retrouver cet état de grâce que bien rarement… Mais alors, lorsque cela se produit, on apprécie un tel instant comme on trouve un diamant :)