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Bang

Je vois le mur qui fonce vers moi et je ne réagis pas. Je me dis que c’est peut-être inévitable. Ça me fait peur, mais j’en ai vu d’autres et je ne sourcille pas. Semaine 4 de ma nouvelle vie. Entraînement, travail, régime militaire. Et je me lance, têtu. J’ai appris que j’étais plus coriace que je ne le croyais.

Je vois le mur qui fonce vers moi, c’est ce qui importe. Au moment où je l’aperçois, j’ai la possibilité de faire un pas de côté, un pas derrière. Je ne suis pas mis en échec, pas encore. C’est moi qui contrôle, qui ai les pieds sur l’accélérateur et sur le frein. Et il m’arrive plus souvent de sentir que c’est moi qui tiens le volant.

Je vois le mur qui fonce vers moi. Je le regarde. Et si je devais aller voir de l’autre côté ? S’il y avait une vie après le mur ? Si j’étais prisonnier dans la caverne de l’allégorie de Platon, la dernière frontière avant la liberté ? Peut-être la liberté est-elle encore plus terrifiante que le mur. Peut-être est-elle aussi inévitable. J’ai peur d’avoir mal comme j’ai peur de la vie. Parfois, il faut simplement fermer les yeux et faire confiance.

Mixed Brick Wall
Mixed Brick Wall par Chris Campbell, sur Flickr

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3 Commentaires Post a comment
  1. Eliot #

    En tenant les rênes très, « trop » serrées, on pense contrôler, diriger sa vie, mais souvent, c’est l’inverse qui se produit, alors qu’en donnant du lest, souvent on retrouve la tranquillité et les choses se placent d’elles mêmes, là où il faut.
    Une partie de la réponse à la question que tu sembles poser ici se trouve peut-être dans  » page blanche », un texte qui m’a beaucoup touché. Cela dit, j’aime te lire.
    Pour ma part c’est bientôt le retour à Paris, avec un petit pincement au coeur et l’appréhension de me retrouver seul face à moi-même, j’aime Gwenn  » mon personnage dans le film  » et nous séparer sera douloureux, c’est une chance d’avoir travaillé avec une équipe chaleureuse et très humaine.
    Partager, cela s’apprend, faire confiance aussi certainement, je vais tâcher de m’y atteler. Bon week end, Kevin Zaak.

    Eliot

    21 janvier 2011
  2. Je suis aussi d’avis qu’il y a quelque chose derrière ce mur. Je ne connais pas vraiment ton histoire Kevin Zaak mais je connais les murs. Soit il y a quelques choses d’effrayant à surmonter, soit il y a quelque chose de merveilleux à savouré. Dans les deux cas on en finit toujours grandit si on est assez alerte pour voir et comprendre.
    Attention à toi et bonne journée!
    -Jane

    21 janvier 2011
  3. Kevin Zaak #

    @ Eliot : serrer les rênes ou lâcher du lest font, pour moi, partie du même apprentissage, celui de conduire. Bon retour. (Oui, partager s’apprend, c’est certain !)

    @ Jane : Every wall is a door – Ralph Waldo Emerson
    Bonne journée à toi.

    22 janvier 2011

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