Dilemme
J’suis pas bon pour dealer avec le stress. J’aime pas trop les montagnes russes. Pourquoi il faut que ce soit toujours tout ou rien ? Dead-end job. That might be my fate.
D’un côté, ma job actuelle. Zorro & cie. Une job avec des défis, des responsabilités, des aspects passionnants, une équipe que j’aime. Le stress, les nuits échevelées où je dors à moitié. Les frustrations. La rage. Encore le stress. Le travail qui prend toute la place et la vie qui fout le camp. Le poste va probablement être coupé au printemps. Ce n’est plus la priorité de l’organisme subventionneur. La réponse viendra en juin. Si j’attends en juin, je me retrouve le bec à l’eau. Mais en même temps, je crois que c’est le genre de travail que j’aimerais faire dans la vie, quand je serai grand, si je suis grand un jour, on sait jamais, mais avec juste un peu moins de stress.
De l’autre, le Jardin. Une job à cinq coins de rue de ma porte. Je peux manger à la maison le midi. Avec un bon salaire, dans une atmosphère hyper relax, une équipe que j’aime aussi. Je peux même courir dans les sentiers, après le travail. Zéro stress pour 7 mois, les nuits de sommeils pleines. Je vais devoir boire du café pour me tenir éveillé parce que parfois, les journées sont un peu ennuyantes. La vague impression d’être inutile. Et au bout, ben, rien du tout. L’assurance chômage et on repart à zéro. Niet. Pas d’avenir, là. Juste une sorte de vacances. Mais l’été, c’est bien les vacances, non ?
Je ne sais plus quoi penser. J’ai le mal de mer. Et même quand j’arrive à pencher d’un côté, ça ne sert à rien, car les deux avenues sont aussi incertaines l’une que l’autre. Et puis je dois jouer la game, parce qu’eux la jouent chacun de leur côté. Le Jardin me dit que j’ai presque une place assurée, mais qu’ils ne peuvent rien me garantir pour l’instant. Zorro me dit qu’ils ne savent pas quelles sont les chances que la subvention soit renouvelée, qu’ils ne peuvent rien me promettre. Moi je souris des deux côtés. Je vais peut-être devoir trancher. Trust my instincts, close my eyes and leap, on one side or another. Je souris. Jaune. Et je pense : Take the money and go, Johny go. Et j’ai la tête qui tourne.
J’écoute en boucle, le dernier album d’Alexandre Désilets. Il est unique.
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Eh beh, on dirait presque qu’ils ce sont donné le mot pour que ce soit toujours à toi de choisir, de trancher! Je te dis simplement « merde ». Le choix, quel qu’il soit, sera le bon.
Follow your heart Kevin Zaak! Si tu te trompes, au moins cela aura été pour une bonne raison :).
Je seconde RAnnieB. C’est pas la tête que tu dois écouter, c’est le coeur. Alors, arrête la tête quelques minutes et écoute ce que dit le coeur. Je te souhaite le meilleur.
Même mon cœur balance, c’est le problème. J’ai pesé le pour et le contre de chaque option, imaginé toutes les possibilités. Je dois maintenant apprendre à faire la paix avec l’incertitude. Et laisser les choses se placer d’elles-même.
Le coeur sait pas lire les colonnes de stats :). Ta réponse est déjà dans ton texte il me semble.
Pour ma part, je vais tenter d’aller tout juste un petit peu plus loin. Non pas te dire ce que je pense que, toi, tu devrais faire, parce que cela t’appartient complètement, mais te dire ce que moi, dans des circonstances analogues, j’aurais le goût de faire. Je serais tentée de choisir ce dans quoi je pourrais le plus m’investir de façon positive, afin de progresser non pas seulement en matière de compétence professionnelle, mais aussi dans mon accomplissement personnel. Je voudrais, de préférence chaque jour, avoir vraiment le goût d’aller travailler parce que j’aimerais mon travail, me sentir stimulée par le contexte, par mon entourage, par ce qu’on y attend de moi et par la possibilité d’avoir un impact, de faire évoluer les choses. Bien sûr, cela aurait un prix, notamment au niveau de l’investissement personnel, qui déborderait parfois sur la vie privée. Mais, pour l’avoir vécu, je me souviendrais qu’on finit, la plupart du temps, par apprivoiser un contexte plus demandant, et même à s’y sentir comme un petit poisson dans l’eau. Je me dirais aussi qu’on n’est certain de bien peu de choses dans la vie, alors mieux vaut mettre toutes les chances de son côté et essayer d’y trouver le plus de bonheur possible dans l’horizon prévisible. Je me dirais aussi que ce travail qui offre tant de défis, serait le plus susceptible aussi de permettre d’acquérir de meilleures compétences dans un domaine que j’aime le plus, qui pourraient, le cas échéant, m’ouvrir d’autres possibilités ailleurs si ce travail spécifique que j’aime ne m’était plus disponible. Je saurais aussi que, d’une manière ou d’une autre, il serait toujours possible de me tourner à nouveau vers l’autre travail, celui des deux qui m’emballerait le moins en tant que tel, ou un autre dans le même domaine, et que je pourrais aussi y trouver un certain bonheur, si pas tout à fait de la même nature ni pour les mêmes raisons, un certain bonheur tout de même. Et je pense que j’aurais l’impression de prendre la bonne décision en ce qui me concernerait.
Quant à toi, après avoir lu ce que je viens d’écrire, ou bien tu es d’accord avec moi, ou bien tu penses différemment. Alors, je pense que ta décision sera peut-être plus facile à prendre. Ah oui, j’oubliais. J’oubliais de te dire la chose la plus importante : Il n’y a pas de bon choix ou de mauvais choix. Il n’y a que le choix que tu feras, et qui sera le bon pour toi, dans ton contexte actuel. Et puis, rien n’est jamais coulé dans le béton non plus : tu pourras toujours choisir autre chose à un autre moment. C’est pas rassurant ça ? :-)
@ Sylvia : Oui, d’une certaine façon, c’est rassurant. Je crois aussi qu’il n’y a pas de bon choix, il n’y a que des compromis qui mèneront à d’autres choix et d’autres possibilités. C’est juste inconfortable à vivre pour le moment.
@ RAnnieB : le texte est un instantané de ce qui se passait au moment où je l’ai écrit. Quelques heures plus tard, le cœur est ailleurs. Et il a tendance à aller contre tous les arguments logiques exposés dans ce billet.
Et la troisième porte?
Elle n’est pas toujours évidente à trouver. Je la cherche.