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La vérité

Samedi soir, je suis allé voir I love you, Phillip Morris (V.O.) avec un gang d’Anglos de mon club de course. Je ne suis pas fan des films de Jim Carrey, mais j’avais lu que celui-là était différent, un mélange de comédie, de drame et de romance.

Le roman de Steve McVicker qui a inspiré le scénario doit être diablement intéressant. Le récit multiplie les rebondissements et l’on ne s’ennuie jamais. Mais la profondeur de cette histoire est complètement occultée par les cabotinages incessants de Jim Carrey. À la base, c’est l’histoire d’un homme à qui on a menti sur ses origines (il a été adopté) et qui commence à mentir pour cacher son homosexualité dans une société aux valeurs ultraconservatrices. Petit à petit, le mensonge prend de plus en plus de place dans sa vie. Et il devient, rapidement, le moyen facile de tout régler. Jusqu’à ce que cet homme se retrouve en prison et qu’il ne sache plus du tout qui il est. Cette phrase : « I love you Phillip Morris » devient la seule vérité dont il est certain, ce qui est en soi assez romantique. Mais on n’arrive pas à croire une seconde à cette histoire d’amour, malgré Ewan McGregor, qui est excellent. Par moment, le film se vautre dans les clichés les plus éculés sur l’homosexualité, avec des scènes qui rappellent la cage aux folles, 30 ans plus tard, mais sans le jeu précis et touchant de Michel Serrault.

On est ensuite allé rejoindre deux gars du Michigan dans un restaurant vietnamien. Et pendant que je dégustais mon poulet à la citronnelle (il n’y avait aucun plat sans viande !), je songeais à tous ces secrets et mensonges qui hantent et déforment toutes les sphères de ma vie. D’autant plus que j’ai reconnu pendant la soirée un ami de l’un des coureurs qui est venu nous rejoindre. Il y a quelques années, j’ai raconté dans un billet, une nuit passée chez lui. Un gentil garçon. Il y a une marge entre le personnage que je me fabrique, pour me justifier, pour attirer l’attention et pour me faire aimer, et l’homme que je suis en vérité. Et le pire, c’est que je suis le premier à en être dupe. J’aimerais bien faire un peu plus de place à la vérité, dans ma vie.

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Un Commentaire Post a comment
  1. Ah, moi, Jim Carrey, je ne peux pas m’empêcher de l’aimer ! Il est tellement jusqu’au boutiste dans sa dinguerie que ça passe. La première fois qu’il m’a conquise, c’était dans The Truman Show et je l’ai trouvé dément dans Fou d’Irène… J’aime vraiment sa folie :)
    Quand au film dont tu parles, je l’ai vu aussi. J’ai trouvé ça fort, quand même de réussir à parler de choses aussi tragiques d’une manière aussi enlevée… La même histoire en mode réaliste, ça aurait vraiment été dur. Et dire que l’histoire part de faits réels!
    Bon, et c’est vrai qu’Ewan McGregor est parfait.

    28 mars 2011

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