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Entre les lignes

ENtre les lignes

J’écris souvent des textes que je ne publie pas. Parce que je les trouve trop sombres. Mon histoire familiale est lourde et entachée de honte. Et je ne veux pas qu’on me reproche de ressasser le passé et de me complaire dans le malheur (ou de justifier mes échecs). Alors je les garde pour moi. J’ai pensé les publier en fermant les commentaires. Mais ce serait pire, je les imaginerais. Il faut pourtant que je casse ces souvenirs en mots. La noirceur monte en moi par vague, ces jours-ci. L’actualité, la politique, toute la société qui m’entoure me met en furie. J’évite les bulletins de nouvelles, les journaux en ligne. Ma colère n’a pas de fin.

Je suis fatigué d’être fatigué. Parfois, je vois le virus comme un chat qui joue avec une souris. Il me secoue, me relâche. Il attend que je détale pour m’aplatir d’une patte. Je ne connais personne de mieux informé et de plus obsédé par sa santé que moi. Je suis fidèle aux traitements, malgré les cauchemars des assurances médicaments. Je compte les protéines, le fer, la vitamine B12. Rien n’y fait. Le contrôle m’échappe. La fatigue me rattrape. Les maux de ventre m’empoisonnent la vie et me rendent irritable. Rien de ce que j’avale ne passe bien. Le seul moyen d’arrêter les maux de ventre est de cesser de manger. Quand je ne cours pas, je mange peu. J’ai besoin d’un break.

J’imagine le marathon. Quelle immense pression je me mets en projetant cette épreuve en septembre. Ce midi sur la terrasse, Stéphane a dit que j’étais malade de vouloir faire ça. Si je le réussis, j’aurai au moins réussi une chose dans ma vie. Je voudrais courir un marathon avant de mourir. Qui sait combien de temps il me reste ? Je vois bien que je n’ai aucun contrôle sur l’avenir. Il n’y a pas de certitudes sur les années à venir. C’est maintenant qu’il faut courir. Le programme va bien, je crois. La course me fait du bien, comme les gens que je côtoie à travers cette activité. En m’entraînant, j’apprends à gérer mon stress, mes attentes et mes exigences. Le corps ne ment pas et ne tolère pas la tricherie. Et quand je cours, je suis libre.

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2 Commentaires Post a comment
  1. RAnnieB #

    Tu as déjà pensé à publier tes mémoires d’enfances sous forme de fiction où seul toi saurais distinguer ce qui est réel de ce qui ne l’est pas ?

    Avoir tes talents d’écrivain, il y a longtemps que j’aurais publié les miennes. Si ce n’est que pour m’en délester.

    Tu portes, au quotidien, un fardeau additionnel à la majorité des gens. C’est normal que tu sois plus fatigué. J’imagine que ça devient enrageant aussi parfois.

    Dans la mesure où une activité t’apporte plus qu’elle ne te prend (à long terme)elle t’est bénéfique, même si pénible parfois. Toute rose a ses ronces :).

    24 juin 2011
  2. Kevin Zaak #

    Rien que les écrire pour moi me demande un effort colossal. Et une fois, l’histoire sur le papier, je ne me sens pas délesté, pour autant.

    Un infirmier m’a dit que j’étais un champs de bataille où se déroulent des combats constants et perpétuels, ça use. Même si la fatigue est normale, ce n’est pas évident de l’accepter.

    25 juin 2011

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