Friche
Je suis comme un champ en friche, un arbre dénudé, balayé, tour à tour, par des vagues de tristesse et de colère. Laisser aller ne va pas de soi, même s’il n’y a rien d’autres à faire. Adieu au voilier qui filera sans moi vers les Caraïbes. Adieu aux sensations du soleil sur la peau. Adieu aux parfums, aux rencontres. Adieu à la ligne bleue qui court en pointillé sur l’asphalte brûlant. Adieu à la médaille, au fil d’arrivée du marathon. Adieu à l’été. Adieu à l’espoir d’un été des Indiens. Adieu enfin à toutes ces déceptions.
Je suis debout, tout de même, je garde un cap hypothétique. Je me dis que je devrais garder les bras ouverts, sait-on jamais ? Je m’active, je roule. Mais j’avance sans joie. Mes yeux traînent sans rêve. Je jette un oeil derrière pour ne pas oublier. J’ai fracassé des miroirs, sans craindre les malheurs, pour voir qui se cachait de l’autre côté. Il n’y avait rien d’exceptionnel. J’ai frappé à des portes qui sont demeurées fermées. Je me réfugie dans un racoin d’imaginaire, le front posé dans la poussière.
J’en veux aux espoirs qui m’ont fait tourner la tête. Je leur en veux de ces plaisirs sans lendemain qu’ils m’ont procurés. J’en veux à ces naïfs qui ont cru à mes projets, à ceux qui étaient fiers à l’avance. Et je m’en veux de ne pas être à la hauteur. J’en veux à la vie d’être si grise et si mauvaise. J’en veux à ces désirs qui me laissent affamé. Je suis troué, désormais, et le vent siffle entre mes côtes.
Photographie : Sur la piste cyclable du canal Lachine par luce_beaulieu, sur Flickr.







L’espoir est comme le vent. Il gonfle nos voiles et nous faire vivre des émotions fortes. Il nous fait avancer sans trop d’effort. Il nous sort de notre quotidien et nous fait vivre avec un grand V.
L’espoir est comme le vent. Il nous projette dans des directions dangereuses. Il malmène nos voiles jusqu’à les déchirer ou à nous faire complètement chavirer.
L’espoir est comme le vent. Lorsqu’il est absent, il faut utiliser une autre source d’énergie pour poursuivre la route… tout simplement.
L’espoir est comme le vent. Il finit toujours par revenir.