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Jours perdus

jours perdus

Un samedi perdu. Je suis tellement brûlé que j’ai renoncé à aller courir sur la montagne fraîchement enneigée. J’ai dormi. J’ai lu, enroulé dans une couverture. J’ai dormi encore. Je savais qu’il ne servait à rien de lutter. Ces derniers temps, j’ai travaillé comme un fou pour me rendre indispensable. Mon poste peut être coupé d’une semaine à l’autre. Le matin, avant le travail, j’ai commencé à aller m’entraîner au stade. J’y suis peut-être allé un peu fort.

Je ne sais pas d’où vient mon côté excessif. Il a suffi qu’un mirage de couple me passe sous les yeux pour que je me retrouve désorienté. Comme si tous mes plans avaient volé en éclats. Comme si mon sentiment de vide s’était creusé un peu plus, à un niveau jamais atteint auparavant. Je me réveille au milieu de la nuit, complètement perdu. Où s’en va ma vie ?

Cette semaine, ma boss m’a appris que mon contrat risque d’être prolongé, une fois de plus. Quelques semaines encore. J’en ai assez de ces miettes et de l’incertitude. Pour le moment, j’ai un emploi, des horaires souples, un environnement de travail exceptionnel. Alors je ne peux pas me plaindre. Et si la tendance se maintient, je pourrais me retrouver au chômage pour le printemps, ce qui ne serait pas déplaisant.

Je comble mon vide de livres et de musiques familières. Et je compte bien rentabiliser les quatre cents dollars de mon abonnement au centre sportif du stade. J’ai ajouté le yoga à la musculation. La piscine me fait de l’œil, mais l’eau froide me retient. Si le travail me glisse des doigts, il me restera l’entraînement pour structurer mon quotidien.

Je suis tombé sur cette chanson, un peu par hasard. La musique de Marie-Jo Thério me ramène vingt ans en arrière, à une époque où ma vie, il me semble, était plus simple.

« Il faut avoir beaucoup aimé pour pouvoir encore retrouver la force de dire merci. » Évangéline, une chanson de Michel Conte, d’après le poème de Henry Wadswoth Longfellow (Evangeline, A Tale of Acadie), interprétée par Marie-Jo Thério pour Claude Léveillée.

Photographie : enlisés par Zaziepoo

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3 Commentaires Post a comment
  1. Atichoo #

    Cette chanson m’a toujours fait pleurer et je l’ai écoutée dans la voiture au beau milieu de l’Acadie, c’était intense.

    17 janvier 2012
  2. J’ai toujours été très ému aussi à l’écoute de cette chanson.
    J’avais été surpris d’apprendre que l’auteur de la chanson était Michel Conte, que je connaissais surtout comme danseur et professeur de danse.

    Ce serait bien que ton contrat soit prolongé, au moins jusqu’au printemps.

    17 janvier 2012
  3. Jérôme #

    J’aurais bien voulu te répondre que c’est toi qui voit ta vie plus compliquée qu’il y a 20 ans… mais je me rends compte que ton quotidien est une lutte permanente contre l’incertitude.
    Si le côté « alimentaire » du boulot pouvait t’apporter une sécurité, elle serait le bienvenu, pour faire autre chose.
    Je te souhaite de pouvoir te concentrer sur ce qui te fais envie. Un boulot alimentaire – qui reste à trouver – pourrait nécessiter aussi des sacrifices (mais à chacun de savoir ce qu’il veut, à quel prix, et de faire son choix…).
    Mais je pense aussi que tu t’en sortiras ; ta vie est sans doute moins simple mais tu es aussi plus fort pour y faire face.

    17 janvier 2012

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