Dolce Vita
Le chant d’un oiseau et celui des cigales vibrent dans l’air par intermittence. Je suis étendu contre les racines d’un marronnier. Mes yeux s’égarent en chemin vers la cime. Entre les branches raides, les feuilles captent la lumière en couches successives. Je me perds dans ce vitrail subtil et mouvant. À chaque retour de la brise, le feuillage scintille en frémissant. La fraîcheur est une caresse. Comme si le bleu du ciel s’approchait pour m’effleurer.
Le roman de Guillaume Vigneault, Carnet de naufrage, posé tout près de moi, je ferme les yeux. Et je savoure la fluidité de ces mots qui s’effacent complètement pour laisser place à la vie et au désir. Je me dis que je ne saurai jamais écrire, mais ce n’est rien de grave. Les insectes s’affairent avec urgence dans les effluves sucrés du trèfle. Une fourmi court sur ma page dans une totale indifférence puis se lance dans l’escalade d’un brin d’herbe. Rien n’a d’importance. Que la droiture du pin gris qui fonce, immobile, vers le ciel. Que le monarque qui bat de l’aile contre le vent.
On m’a dit qu’entre les lignes, on pouvait lire mon désir d’un amour fusionnel et un certain fatalisme face à son impossibilité. Ça me trotte dans la tête depuis quelques jours. Je n’y crois plus trop. Plus simplement, j’aspire à aimer la vie et à apprendre, comme le dernier des cancres, à me laisser aimer d’elle. C’est moins glamour mais plus près du réel.
De minces rubans de nuages ondulent au-dessus des bosquets d’épinettes ou de saules. Comme des versions diurnes de la Voie lactée. Quelques éclats de voix sont parfois portés par le vent, et se diluent dans l’immensité du parc Maisonneuve. Quelques mots de français, beaucoup d’anglais et un peu d’italien.
Un chien minuscule, le visage aplati avec d’horribles yeux globuleux, passe près de moi. Ils râlent, dégoulinant de bave. On dirait qu’il rit. Il frétille de bonheur en courant vers un couple aux allures gothiques. Allongé contre la terre, sous le ciel, la solitude n’a plus de substance. Rien n’entrave le cours de la vie. Il me faut poser le stylo, arrêter tout mouvement et m’étendre. Me gorger de soleil.
Écrit en août 2006
Je retravaille en ce moment des anciens textes, une occasion de les remettre en avant. Celui-là est une respiration dans la grisaille de février.







Encore une fois… je suis sous le charme des mots!
Je passe mon temps recroquevillé sur moi-même, je suis rentré dans ma coquille, comme pour digérer, pour assimiler.
Me voilà entre parenthèse, un peu perdu après ces quelques semaines de spectacle qui ont rempli mes soirée d’un véritable bonheur, je peux le dire aujourd’hui, malgré les doutes, le stress et le trac.
Avec ton billet, avec »Dolce Vita », c’est un avant goût de printemps, subtil, léger, une douce émotion.
Maintenant, il faut trouver l’énergie, la motivation pour relancer la machine.
Direction Roma, ville théâtre de tous mes tourments.
Tes mots, ces mots m’accompagnent.
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Sandro
Ce sont ces mots-là!
J’aspire à aimer la vie et à apprendre, comme le dernier des cancres, à me laisser aimer d’elle. :)