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Les possibles

Possibles

Le chômage, ça peut être déprimant. Heureusement, il y a ce printemps incongru. L’hiver devrait pourtant nous réserver encore quelques tempêtes de neige avant de rouler sur ces derniers miles. 23 °C, au moment où j’écris ces lignes, le mercure fracasse des records de températures à Montréal. (Le précédent record était de 18,6 °C le 23 mars 1979.) Outre la météo, je savoure quelques victoires. Mes CD4, trop peu nombreux, se montrent néanmoins vaillants. Après quelques jours où j’ai été cloué au lit par la fièvre, ils sont en train de vaincre ce virus qui a fait des ravages autour de moi. J’ai encore des maux de tête, un peu de congestion, mais le pire est derrière moi. « C’est possible » est mon nouveau leitmotiv. Trop souvent, l’absence d’espoir m’a fait baisser les bras ou m’a carrément découragé d’essayer. On ne voit pas passer la chance quand on garde les yeux baissés.

J’ai souvent eu tendance à me contenter de peu, à diminuer mes attentes. À me dire : prenons ce qui passe, ce sera mieux que rien. Ça ne me ferait pas de mal d’apprendre à viser un peu plus haut. Ma rencontre avec l’homme du cocktail et son univers m’a ouvert les yeux. Ma jalousie est un signal. Si je rencontre quelqu’un dans son genre, mais libre, je le marie. Un mariage en nœud papillon avec de la musique électro et des demoiselles d’honneur qui lancent des confettis roses. Du vrai : à la vie, à la mort, c’est ce que j’ai envie. Depuis toujours, sans vouloir me l’avouer. Rien de moins.

Je passerai une autre entrevue dans les prochaines semaines. Mais pour l’instant, je ne sens plus d’urgence. J’ai réduit mon train de vie. Je pourrais tenir encore longtemps. Depuis janvier, je passe mes avant-midi au gym et ça commence à être visible. Après des mois sur les tapis roulants, courir à l’extérieur, sentir le vent sur la peau a été un vrai bonheur. Je ne ferai pas de longue course cette année, seulement les 10 km qui m’ont plu l’an dernier. Plutôt que de vouloir augmenter ma vitesse, j’essaie d’améliorer ma technique de course en cherchant le flow. Ce rythme personnel idéal où le corps se met à courir tout seul jusqu’à disparaître et où l’énergie se décuple dans un sentiment d’euphorie. Le bonheur dans la course. Par moment, j’y arrive. Avec le club, on organisera la toute première course de la Fierté gaie à Montréal en août. On a eu de l’aide des clubs de Vancouver et de Seattle. Ça risque de me demander pas mal de temps et d’énergie. Il faut trouver des commanditaires, promouvoir l’événement, organiser des entraînements. Le printemps s’annonce chargé.

Photographie : Chatte de ville par Bob August

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4 Commentaires Post a comment
  1. Content de lire que tu prends du mieux. Idem pour moi – encore que ça traine, depuis au moins deux semaines, avant même le Mexique…

    Kevin, si tu veux bien, on ira prendre une bière ensemble, cet été, rue Ste-Catherine. Non pas pour parler tapis roulant et autres instruments de gym ( j’en fais déjà assez comme ça sans en parler ! ), mais pour parler pour parler, d’une part, et parler écriture, d’autre part. Ça sera comme une pause dans ta préparation pour la course prévue pour la Fierté… ;-)

    La journée d’aujourd’hui a été magnifique, tu as raison; on annonce ce temps toute la semaine qui vient. Et comme un retour imprévu du froid polaire n’est jamais impossible, je m’inquiète pour mes vivaces, qui vont certainement s’éveiller en masse cette semaine….

    19 mars 2012
  2. Eliot Sandro #

    Bonsoir KZ, symboliquement cette photo me plait bien!

    Vider ses poubelles, se nettoyer l’esprit et le petit minou qui attend devant la porte de la maison.

    Autant sur scène ou derrière la caméra quand le trac est vaincu, je suis vivant, désinhibé.
    Dans ma vie personnelle,je dois en faire autant, ne plus être le sauvage qui se cache derrière ses lunettes noires.

    Tu dis: On ne voit pas passer la chance en gardant les yeux baissés.

    Ce printemps je voudrais mettre toutes les chances de mon côté , je veux suivre ton exemple, ne plus avoir peur.

    Regarder ma vie bien en face, la mettre en pleine lumière.

    Pour ton mariage, j’espère que je serai invité! ;)

    Sandro

    19 mars 2012
  3. Kevin Zaak #

    @ Sandro : Oui, je t’inviterai. Ça vaudra le déplacement. Il ne me reste qu’à régler un tout petit détail : trouver un mari ! Je suis fasciné par cette photographie, elle est composée comme un tableau. Les bacs verts sont des bacs pour le recyclage de la ville de Montréal.

    @ Richard : Les vivaces ne craignent pas trop le froid et les fluctuations printanières. Les parties aériennes peuvent mourir sans que la plante en souffre, le cœur de la plante est à l’abri sous terre. Mais cette chaleur exceptionnelle va entraîner une explosion d’insectes ravageurs (surtout les insectes d’origines exotiques comme l’agrile du frêne) et des problèmes de sécheresse au cours de l’été à venir. Les arbres vont en souffrir le plus.

    19 mars 2012
  4. Eliot Sandro #

    Comme on dit à Paris, je crois que j’avais un-peu forcé sur l’apéro, avant d’écrire mon premier commentaire!

    Je voulais dire, devant la caméra, même si parfois être derrière pourrait me plaire.

    Pour la photo; oui c’est donc des poubelles intelligentes.

    Je l’ouvrirai bien cette porte!

    Pour le mariage; si je comprends bien, la place est encore libre!

    Maintenant, il est temps d’aller au lit, demain matin, j’ai prévu de nager.

    Sandro

    19 mars 2012

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