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Publié par Kevin Zaak

Un certain jour de printemps

Voilà, je me lance…
Ça me fait un peu peur. Je me sens comme un volcan. J’appréhende les contrecoups d’un séisme.

C’était un matin de printemps, enfin. Le ciel était bleu. Tout le monde dans la rue avait l’air heureux. Les filles portaient des robes d’été. Partout des sourires. Je sortais de la clinique. J’étais en feu, à l’intérieur. Poursuivre la lecture

Bois de liesse

Relâche. Les commandes de rédaction n’ayant pas été confirmées, j’ai choisi de prendre les jours à venir en congé. Je suis dog-sitter dans une banlieue-dortoir anglophone depuis maintenant une semaine. Le décalage culturel est juste assez dépaysant. Je promène le chien dans le Bois de liesse, je lis et je m’entraîne. J’ai trouvé un coupon pour un essai gratuit de 10 jours dans un gym pour Anglaises argentées qui s’ennuient. Elles ont chacune un joli entraîneur privé qui les suit partout. L’endroit est très beau. Les serviettes sont fournies comme dans un hôtel de même que le shampooing et la crème à barbe. Aux heures où j’y vais, la petite section des poids libres est toujours déserte. Poursuivre la lecture

Les amours refusées

J’ai assisté au lancement du premier album de David Giguère avec El poblano. Il y a une semaine, j’ignorais tout de cet artiste. Cinq minutes avant d’arriver au National, je ne me souvenais même plus de son nom. « David comment, déjà ? ». Je ne l’oublierai plus. J’ai été complètement séduit. Par l’homme, sa présence sur scène, sa poésie inventive. Séduit par ses musiques qui ont soulevé la foule. Séduit aussi par la simplicité et la générosité de David Giguère et par l’amour féroce que l’on devinait entre lui, son band et les différents collaborateurs. Un sentiment qui débordait sur les spectateurs tassés dans le petit théâtre National. Poursuivre la lecture

Le cri

Lorsque la température se rafraîchit, la brume se forme au-dessus du lac. Éclairées par la lune, ses volutes brillent faiblement, donnant au paysage des allures de contrée enchantée. Ian a quinze ans, j’en ai neuf. Mes cousins sont de grands gaillards à l’œil rieur, tannés par le soleil, tous plus âgés que moi. Ian et ses frères travaillent comme bûcherons l’été. Leur père passera sa vie au moulin à scie de la rivière Bell. Ian habite chez nous pour quelques semaines. Il participe à un camp d’entraînement de hockey. (Pas besoin de chercher loin d’où viennent mes fantasmes.) Pendant que les adultes boivent du vin rouge de dépanneur (on est en 1978), on a mis le canot à l’eau. Poursuivre la lecture

Après la colère

Après la colère, il y eut un désert, traversé çà et là de quelques bourrasques. Je n’ai pas écrit. Je ne me suis pas vidé le cœur en lançant mes mots acérés contre le beau barbu. J’aurais pu n’en faire qu’une bouchée. Je n’ai pas fixé sur le papier ce que je peux penser de certains de mes patrons. De leur immobilisme, de leur indifférence. Ce n’est pourtant pas les idées de qualificatif qui me manquaient. J’essaie de chasser la rancœur quand elle se pose sur mon nez. Je me suis tu et j’ai laissé le temps faire son œuvre de poussière. Poursuivre la lecture

Kevin dans les serres

Il paraît que c’est la faute à La Niña cet hiver en dents de scie, ces grands froids qui succèdent aux pluies verglaçantes. J’ai la chance, grâce à mon travail, de pouvoir m’échapper périodiquement du froid. Et comme je risque fort de me retrouver aux chômages dans une semaine, aussi bien en profiter. Ces jours-ci, je passe mes heures de lunch à admirer le feuillage des bananiers ou à respirer les parfums étonnants des orchidées tropicales tout en marchant dans les serres. Poursuivre la lecture

Lundi, la neige

Prenez des lieux que j’aime et où je passe souvent dans la ville, ajoutez-y dix ou vingt centimètres de neige et beaucoup beaucoup de talent et ça donne ceci. Moi aussi, j’ai eu le souffle coupé en reconnaissant ma ville. Je n’aurais pu décrire un lundi de neige aussi bien. Il fallait des images. Ça donne presque envie que l’hiver s’éternise. (Presque !)

“This winter we were chatting casually with Bruno about how gorgeous Montreal looks under heavy snowfall. While this conversation may seem mundane to people who grew up here, it was enchanting to listen to a Parisian’s take on the phenomenon. So Bruno set out one morning, camera in hand, to capture the magic of our city being blanketed in the white stuff. What he came back with took our breath away, it wasn’t the snow he was watching, it was us.” – Christina Poursuivre la lecture

Les voies du corps

Très tôt dans l’enfance, j’ai abandonné mon corps. Je suis un cérébral. Le corps c’était mal. Et mes parents n’avaient pas une bonne opinion des gens qui pratiquaient le sport, des gens un peu grossiers, qui ne devait pas avoir trop d’éducation. Contrairement à la plupart des garçons de mon âge, je n’ai jamais joué au baseball ou au hockey. L’idée m’attirait en même temps qu’elle me faisait peur. Mes parents ont dit « non » une fois et je n’ai pas insisté. C’est beaucoup plus tard que je me suis intéressé au sport, d’abord à travers les arts du cirque (un sport extrême lié à l’art et à la culture, ça passait mieux), en particulier le trapèze, puis par la course à pied. Poursuivre la lecture