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Publié par Kevin Zaak

Phénix

J’ai deux emplois, pour joindre les deux bouts. Je m’astreins à écrire régulièrement et à m’entraîner. Je suis souvent débordé. Par intermittence, je laisse tomber des pans entiers de ma vie pour ne garder que l’essentiel, le fonctionnel, l’hygiénique. Parfois pour sauver les apparences. Parfois parce que la survie prend le pas sur la vie. Poursuivre la lecture

Le cadeau

Nous méritons toutes nos rencontres, c’est François Mauriac qui l’a écrit. J’ai toujours aimé cette citation. D’abord parce qu’elle était inscrite sur les premières pages d’un roman qui a marqué mon adolescence : Le bracelet de vermeil. Une histoire d’amitié, vaguement homoérotique entre un jeune scout français et un futur prince du scandinave. Une histoire qui s’échelonnait sur quatre tomes Poursuivre la lecture

Quelqu'un

Dans ces instants de transition, entre la nuit et le jour, quelqu’un me manque. Il y a des moments où le corps s’abandonne et où je dresse des bilans, je revois le dernier jour écoulé et j’imagine l’avenir. J’aurais envie de me raconter à quelqu’un, quelqu’un de tangible. Les sédiments des jours et des nuits se déposent en couches de tristesse ou de bonheur. Je sens comme une brûlure, le besoin de m’approcher d’un autre, deviner la masse d’un corps, entendre un souffle, entendre un cœur, entendre. Poursuivre la lecture

Plaisirs et déplaisirs

Débusquer le plaisir, c’est la clé de la persévérance et parfois de la réussite. Fermer les yeux sur les menus désagréments et demeurer attentif pour saisir au vol chaque douceur qui passe. Je savais qu’il fallait que je retourne m’entraîner, mais je devais vaincre la paresse et la force d’inertie, ainsi que tous les obstacles qui allaient inévitablement me barrer la route… Poursuivre la lecture

Désirs

Depuis au moins 20 minutes, le livre est ouvert sur mes genoux. J’ai les yeux dans le vide. Des restes de fièvre courent dans mon corps en créant de drôles de sensations. La musique dans l’autre pièce captive mon esprit et mon âme est laissée à elle-même. Mon corps baigne dans une torpeur chaude quand il n’est pas secoué par une quinte de toux. Je m’étire comme un chat, dans la flanelle des draps. Je savoure la chaleur du lit et je la partage avec un autre, en imagination. Le livre est toujours là, immobile, devant moi. Poursuivre la lecture

Pause

Quand j’étais petit, je passais mes étés près du lac. À cette époque, ma mère était « femme au foyer » comme l’étaient la plupart des mères du coin. Les enfants étaient laissés libres tout l’été. Libre de s’ennuyer, libre de s’inventer des jeux. Je me souviens que le temps passait lentement, au rythme du ciel boréal, du lac et des saisons. Les grandes vacances s’étalaient sur trois longs mois, de la fin des classes jusqu’à la rentrée, des mois où la nature était en effervescence. Poursuivre la lecture

Blanc

Quand on cherche, on trouve… C’est un peu brutal. Mais c’est tout ce que j’ai trouvé pour me rassurer, au sortir du sommeil. Ce matin, je me suis éveillé empêtré dans un cauchemar, le ventre noué. Une seule idée, claire, blanche, devant mes yeux : Je ne sais pas ce que je veux faire de ma vie, je n’ai pas de direction. Je ne sais pas non plus ce que je veux faire de ce blogue. Je dérive entre de longs espaces vides qui m’oppressent sans me sentir nulle part chez moi.

Je suis congestionné. Je pense que j’ai pris froid, hier, après la dernière course de la saison. Dans la file d’attente qui menait à la tente où l’on distribuait des collations, tout le monde toussotait, à cause du smog inhalé pendant l’épreuve. Je me battais pour éplucher une banane pas assez mûre quand j’ai réalisé que j’étais trempé et qu’il faisait très froid. Poursuivre la lecture

Fidèle

Le temps glisse. Il se contorsionne, se replie et s’élance. Je le regarde, inquiet, se transformer, enfler, presque s’immobiliser. Mais le compte à rebours ne s’arrête pas, je le sais. Les minutes, les secondes tombent l’une après l’autre et disparaissent entre les phases de la lune. Quatre mois se sont écoulés depuis que j’ai cessé de bloguer. 120 jours, 2 880 heures, 172 800 minutes, 10 368 000 secondes. Le côté technique, la complexité d’une nouvelle plate-forme et mon incompétence en la matière sont en cause.

Mais il y a surtout la tentation du silence, le besoin d’être un moment invisible, de chercher l’ombre en rasant les murs. Et quand l’envie de raconter me chatouille un coin de la tête, la page blanche me paraît une montagne, une masse impossible à entamer, un territoire vierge qu’il serait sacrilège de profaner. Mon orgueil me jette un air narquois dans le miroir. Mais la peur me tient par les ouïes. Poursuivre la lecture