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Classé dans ‘Confidences’

M. Right here

C’était le dernier jour du symposium. La présentatrice était thérapeute conjugale. Après avoir levé les yeux de ses notes, elle a lancé à l’assistance : « Quelle est la différence entre ce qui vous excite et ce qui vous énerve ? » J’ai levé un sourcil. Elle a poursuivi : « Ce qui vous excite chez un partenaire, c’est probablement ce qui vous va vous énerver quelques années plus tard. » Des rires dans la salle. « On est attiré par la différence, mais la différence, ce n’est pas facile à vivre au quotidien. » Ça m’a frappé, c’est trop vrai. Et même pas besoin d’attendre quelques années.

Ce qui m’attire chez les Anglos me fait toujours grincer des dents après quelques semaines. J’ai été frappé par l’assurance de Scott, au point où je ne voyais plus que lui, dans l’obscurité du Royal. Chaque fois que nos regards se croisaient, ses airs un peu distants me mettaient au défi. Son sourire et son insouciance enfantine quand je l’ai finalement approché m’ont achevé. Il me semble qu’après 43 ans de galère, j’aurais dû deviner la suite. Mais bon, on ne se refait pas. Poursuivre la lecture

Barbu

J’avais presque terminé les formats d’essai des produits The Art of Shaving que le Cow-boy m’avait ramené de San Diego. Et j’avais passé une semaine trop folle pour me préoccuper du rasage. Mon anniversaire approchait. J’avais une barbe d’une semaine. (J’ai la barbe forte. Elle est presque instantanée.) Et je me demandais si j’allais la garder. Personnellement, j’adore les hommes barbus, mais je déteste me sentir le menton poilu. Trop d’entretien. Et ça pique ! Je marchais sur Saint-Denis pour une dernière séance de magasinage quand j’ai croisé un très bel homme. Il m’a fait un grand sourire ensoleillé. Quelques minutes plus tard, j’ai trouvé un petit t-shirt à rayures dorées qui fitterait parfaitement avec une barbe sombre. Ma décision était prise, pour un bout, je serais barbu.

Depuis, je pogne plus, on dirait. Autant chez les gars que chez les filles. Aujourd’hui, je me suis fait draguer par une travailleuse sociale au Symposium auquel j’assistais. Et la montagne de muscles qui assurait la traduction simultanée m’a fait trois grands sourires. (Quand les conférences m’ennuyaient, je les écoutais dans l’autre langue. Il avait une belle voix, à un moment donné, il a traduit « Fuck » par « ostie » et l’on devinait dans sa voix qu’il riait.) Tout ce qui s’est passé récemment m’a remué et m’a transformé. Que ça se manifeste dans mon visage, ça me plaît bien. Poursuivre la lecture

Que cache le conflit étudiant

L’Institut du Nouveau Monde a envoyé des équipes de vidéastes capter les raisons qui poussent des citoyens à sortir leurs casseroles, le soir à 20h.

Dans la poursuite de sa mission, qui consiste à favoriser la participation des citoyens à la vie démocratique et au renouvellement des idées au Québec, l’INM intervient dans le débat sur le conflit étudiant afin d’aider à en comprendre les différentes dimensions et d’entrevoir des solutions. Il propose aussi des activités qui permettront aux citoyens de poursuivre la discussion.

Table ronde « Que cache le conflit étudiant pour durer si longtemps? »
Mercredi le 13 juin 2012
au Gésu
Tous les détails sur inm.qc.ca/conflitetudiant

Irréductibles

Soir après soir, jusqu’à la victoire.

La loi spéciale : on s’en câlisse !

Je rentrais du travail, la mine basse, fatigué. Je n’ai pas pu participer à la manifestation de cet après-midi. Le climat me semble de plus en plus empoisonné. Je dors mal, des images de brutalité policière plein la tête.

C’est en sortant du supermarché que j’ai entendu comme un cliquetis au loin. À mesure que j’approchais de chez moi, le son des casseroles était de plus en plus présent. Il ne venait plus d’un seul point, mais semblait venir de chaque ruelle, de chaque fenêtre ouverte. Je voyais de plus en plus de gens sur leur balcon qui tapaient sur des casseroles en souriant. Faire du bruit, pour marquer son désaccord avec la loi 78 qui limite le droit de manifester. Arrivé sur ma rue, j’ai été submergé par le tintamarre. Des gens de tous les âges sur leurs balcons, casseroles à la main. J’avançais en souriant, les yeux en l’air, ahuri et émerveillé. J’ai couru dans ma cuisine pour accrocher un cul de poule et un chaudron et je suis retourné sur mon balcon pour taper de toutes mes forces, jusqu’à ce que le cul de poule soit tout cabossé. Sur le balcon d’à côté, la voisine qui tapait dans un wok m’a fait un grand sourire. Ce soir, j’ai retrouvé un peu de la fierté que j’avais d’être Québécois. Rendez-vous demain à 20h pour un autre tintamarre.

Le hashtag #casseroles a été l’une des tendances de la soirée sur Twitter. Les casseroles ont résonné de Ville-Marie au Mile-End, en passant par Rosemont, Ahuntsic, Outremont, ailleurs peut-être… Sur Masson, les pompiers ont fait résonner leurs sirènes. Les enfants étaient fous de joie.

Dans Villeray :


Photographie : © Rue Masson

Ne lisez PAS ce billet.

Un message des Zapartistes au peuple québécois. (Ce message est rigoureusement légal dans le cadre de la Loi spéciale 78. Mais par mesure de précaution, je ne vous conseille pas de le lire.)

Nous sommes ravis de voir que la loi 78 a ramené la loi et l’ordre dans les rues de Montréal. Enfin, les touristes et les honnêtes gens peuvent déambuler sans danger et consommer librement dans la Cité.
Merci Jean Charest!

Ainsi, nous vous invitons fortement à ne PAS manifester, à ne PAS vous joindre à une manifestation et surtout, surtout, à ne PAS vous informer sur le site ManifsWiki.net d’éventuelles manifestations. Poursuivre la lecture

Sur le cœur

J’ai grandi dans un pays où la liberté allait de soi. Un morceau d’Amérique où un amour féroce avait préservé la langue française et où une culture florissait, dans l’adversité. C’était un pays bien plus grand que n’importe quel autre pays. C’était l’hiver, souvent. Les jardins s’y étendaient comme la plaine. Et le fleuve se déployait, si large qu’à partir de Trois-Pistoles on l’appelait la mer. J’étais fier de notre inventivité, de cette créativité qui repoussait sans cesse ses propres limites. J’étais fier, de l’égalité que nous avions établie entre les hommes et les femmes, de notre charte qui interdisait la discrimination en fonction de la race ou de l’orientation sexuelle. Poursuivre la lecture

Si Gabriel est coupable, je suis complice

Si Gabriel est coupable, je suis complice. Si je dois aller en prison pour conserver ma liberté de parole, enfermez-moi. Si vous êtes le moindrement débrouillard, vous trouverez mes coordonnées auprès de l’hébergeur. La désobéissance civile est légitime contre des lois illégitimes d’un gouvernement corrompu.


Pétition d’appui à la requête en nullité du Projet de loi spéciale 78
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