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	<title>La face cachée de Kevin Zaak</title>
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		<title>Mon petit avion</title>
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		<pubDate>Thu, 26 Aug 2010 12:31:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Kevin Zaak</dc:creator>
				<category><![CDATA[Confidences]]></category>
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		<description><![CDATA[La vie s’écrit au fil des petites victoires. Je dresse des listes, excité comme un enfant. Les avions, les aéroports, tous ces voyageurs en transit, ça m’impressionne, encore et toujours. Une fois de plus, je vais fouler le tarmac, cette trampoline à lancer les hommes vers les étoiles.
Depuis toujours, j’aime les voyages. Je viens d’un [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>La vie s’écrit au fil des petites victoires. Je dresse des listes, excité comme un enfant. Les avions, les aéroports, tous ces voyageurs en transit, ça m’impressionne, encore et toujours. Une fois de plus, je vais fouler le tarmac, cette trampoline à lancer les hommes vers les étoiles.</p>
<p>Depuis toujours, j’aime les voyages. Je viens d’un coin perdu aux confins de la sombre forêt boréale. Se rendre à Montréal représentait 8 heures de route. Déjà enfant, je me délectais des changements de paysage, de la forêt qui se métamorphosait à mesure que l’on descendait vers le sud. J’ai développé très tôt une affinité avec ces heures suspendues entre deux destinations.</p>
<p>Dans quelques heures, mon petit avion tout blanc se posera en Acadie. Je passerai quelques jours dans ce pays bleu où le ciel épouse la mer. Une région où le français a des couleurs de liberté et de résistance inébranlable. J’ai souvent rêvé de ce pays mythique. Ce voyage arrive dans ma vie comme un cheveu sur la soupe, pour le mieux. Je penserai à vous, les pieds dans le sable des dunes, ou bercé par les vagues en compagnie des rorquals, des homards et des tortues de mer.</p>
<p style="text-align: center;"><img class="alignnone" title="mon petit avion" src="http://sphotos.ak.fbcdn.net/hphotos-ak-snc4/hs364.snc4/44734_461326418652_656818652_6334228_3380320_n.jpg" alt="mon petit avion" width="482" height="361" /></p>
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		<title>La file d&#8217;attente</title>
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		<pubDate>Sun, 22 Aug 2010 23:03:24 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Kevin Zaak</dc:creator>
				<category><![CDATA[Confidences]]></category>
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		<description><![CDATA[Le ciel blanc d’un jour de fin d’été. L’air est lourd, mais la pluie hésite à tomber vraiment. Quelques gouttes, de temps à autre. J’attends en ligne sur le trottoir. L’autobus vient se ranger sur l’accotement. Je dois être le dixième dans la file d’attente pour monter. Jusqu’à ce qu’une fille assez jeune, aux cheveux [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Le ciel blanc d’un jour de fin d’été. L’air est lourd, mais la pluie hésite à tomber vraiment. Quelques gouttes, de temps à autre. J’attends en ligne sur le trottoir. L’autobus vient se ranger sur l’accotement. Je dois être le dixième dans la file d’attente pour monter. Jusqu’à ce qu’une fille assez jeune, aux cheveux noirs brillants, se faufile entre moi et la personne devant moi comme si de rien n’était, comme s’il n’y avait personne derrière elle&#8230;</p>
<p>Encore un jour d’été peut-être un peu plus gris. Cette fois,la file d’attente mène à un escalier qui monte vers la porte d’un petit avion, tout blanc. La foule avance à tout petit pas. J’ai hâte d’être enfin à l’intérieur. Encore la même fille. Ses longs cheveux noirs tombent sur un tailleur en laine grise. Elle tient une autre fille par la main, et l’entraîne vers l’avion, en riant. La fille aux cheveux noirs se retrouve devant moi dans la file, mais sa copine, moins effrontée, se retrouve coincée, quelques personnes derrière. Mais comme elles ne se sont pas lâchées, j’ai leurs bras en travers de la tête. À cet endroit, la file d’attente fait un coude et les deux filles qui ne veulent pas se lâcher empêchent tout le monde d’avancer. Je regarde vers l’avion en me disant qu’il va bientôt partir. Une idée me passe par la tête : les frapper, séparer les bras de force, les faire tomber, les envoyer au sol, les rouer de coups, les anéantir&#8230;</p>
<p>Je me réveille, empêtré dans mes draps, l’estomac à l’envers. C’était une drôle d’idée de faire une sieste un samedi après-midi et je me demande ce que ce rêve peut signifier. L’impression qu’il me laisse est très forte, mais je ne peux la traduire en mots</p>
<p>Je tire sur la couette. J’étire mes jambes endolories. Puis les mots se déposent d’abord tout doucement, puis avec de plus en plus de poids. Une averse de mots. Je veux prendre l’avion. Je veux que ma vie démarre. Je voudrais aller quelque part, quelque part dans la vie. J’ai peur de rester encore une fois sur le trottoir, d’être laissé pour compte. Je me demande où va ma vie. Mais l’horizon est opaque, le ciel reste blanc.</p>
<p>En début de journée, j’ai fait une course de 5 km qui avait lieu sur le Mont-Royal. J’étais inquiet. J’ai poussé l’entraînement, peut-être un peu trop dans les dernières semaines. Et une douleur est apparue devant le tibia, au-dessus de la cheville droite. J’ai eu du mal à marcher pendant quelques jours. J’ai envisagé que ça pouvait être la fin de la course, pour un temps. Tout cet entraînement n’aurait servi à rien. Puis la douleur s’est estompée.</p>
<p>Lorsque j’ai donné mon nom à la table des inscriptions, j’ai remarqué mes jambes qui se sont mises à trembler. La course s’est bien passée, j’ai fait un bon temps. Assis sur le gazon pendant que les médailles sont remises, je me dis que ce serait bien d’avoir, au moins un jour, au moins une troisième place. On ne sait jamais, s’il y avait beaucoup de catégories. J’ai tellement besoin que l’on reconnaisse mes efforts, même un prix de présence ferait l’affaire. Tous les prix de présence, des certificats-cadeaux et des séances de bain flottant sont tirés et je ne gagne rien.</p>
<p>Et cette fille aux cheveux noirs, qui est-elle ? Dans un rêve, chaque protagoniste représente une partie de soi. Je sens l’urgence de partir pour quelque part. On me perçoit souvent comme arrogant prétentieux, quand j’essaie maladroitement de prendre ce que je considère comme ma place. Une de mes collègues a les cheveux très noirs, à peine entamés par quelques fines lignes de blanc. Elle a un mari brillant, deux beaux enfants, un travail stable. Mes quatre collègues de travail sont toutes dans la même situation. En couple, avec des projets d’avenir et un emploi plus solide que le mien. Et je reste l’éternel solitaire, à 41 ans, le pigiste errant.</p>
<p>Il y a peut-être aussi un lien à faire avec ma soeur. En tant qu’aîné de la famille, je devais être celui qui allait réussir. En fin de compte, je ne suis arrivé nulle part. Ma soeur n’a pas eu une vie facile. Mais elle a un bon travail, une vie qui lui plaît, un couple solide. Moi j’attends encore que mon tour arrive. Je voudrais tant pouvoir monter à bord, avoir un siège à moi, entendre les moteurs qui démarrent et décoller.</p>
<blockquote><p><em>Je n&#8217;ai pas peur de la route<br />
Faudrait voir, faut qu&#8217;on y goûte<br />
Des méandres au creux des reins<br />
Et tout ira bien là<br />
Le vent nous portera<br />
</em></p>
<p><em>Noir désir, Le vent nous portera</em></p></blockquote>
<p><strong>J’ai lu </strong><br />
J’ai terminé Infrarouge de Nancy Huston sur les dents, comme chacun de ses romans. Une histoire très douloureuse, trouble, sombre et sans issue. Définitivement pas un roman de vacances.</p>
<p><strong>J’ai couru</strong><br />
J’ai couru le 5 km sur la montagne en 24 minutes 3 secondes. Et le lendemain, au parc Maisonneuve, j’ai couru un 10 km en 48 minutes 13 secondes (mon meilleur temps depuis que je cours). Objectif atteint. Je me sens prêt pour le demi-marathon, le 5 septembre.</p>
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		<title>News</title>
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		<pubDate>Thu, 19 Aug 2010 01:26:45 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Kevin Zaak</dc:creator>
				<category><![CDATA[Confidences]]></category>
		<category><![CDATA[Vidéo]]></category>
		<category><![CDATA[anglais]]></category>
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		<description><![CDATA[L’été file. J’ai trouvé la clef des champs et je ne suis pas passé ici trop souvent. Je cours, je cours et au bout de la semaine, je suis crevé. J’ai un aspirant amoureux qui n’est pas facile. Au moins, je suis certain d’avoir un pied dans la réalité. J’ai peut-être besoin de vivre ça [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>L’été file. J’ai trouvé la clef des champs et je ne suis pas passé ici trop souvent. Je cours, je cours et au bout de la semaine, je suis crevé. J’ai un aspirant amoureux qui n’est pas facile. Au moins, je suis certain d’avoir un pied dans la réalité. J’ai peut-être besoin de vivre ça pour comprendre que mon bonheur ne viendra jamais d’un autre. Et je trouve des moments pour apercevoir le vol des monarques et celui des hirondelles.</p>
<p>Il y a peut-être du vrai dans la loi de l’attraction. En avril, j’écrivais <a href="http://facecachee.qc.ca/2010/04/03/la-fin-du-monde/" target="_blank">ici</a> ce que je ferais si la fin du monde était annoncée pour la semaine suivante. Ces idées lancées en l’air me retombent doucement sur le nez. Je ne travaille plus pour Zorro &amp; Co. Le Week-End prochain, je m’envole pour le Nouveau-Brunswick (dans un avion à hélice, il paraît ! J’espère qu’il ne faudra pas pédaler.) Je vais donc voir la mer, sur les plages de l’Acadie, quelque part entre Bouctouche et Cocagne. Ça devait être une maison isolée en bord de mer. Google street view m’a montré une maison posée au milieu d’une centaine de roulottes. Mais il y aura la mer, et le large, et le vent. Le projet de passer un mois à New York prend corps. Je devrais étudier dans le Mid-town, Manhattan en novembre.</p>
<p>Je vous laisse sur un petit bijou trouvé sur Facebook : <em>How to be alone</em>. Oui, les réseaux sociaux servent parfois à quelque chose&#8230;</p>
<p><object classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" width="600" height="365" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowscriptaccess" value="always" /><param name="src" value="http://www.youtube.com/v/k7X7sZzSXYs?fs=1&amp;hl=fr_FR" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><embed type="application/x-shockwave-flash" width="600" height="365" src="http://www.youtube.com/v/k7X7sZzSXYs?fs=1&amp;hl=fr_FR" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true"></embed></object></p>
<p><strong>En ce moment, je regarde</strong><br />
En rafale, la deuxième saison de <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Being_Erica" target="_blank">Being Erica</a>. (La troisième débute à la fin septembre sur CBC.) Je me suis reconnu dans cette série et je voue une admiration sans bornes à son auteur, Jana Sinyor.</p>
<p><strong>Je lis</strong><br />
Le dernier roman de Nancy Huston, Infrarouge. Habituellement, les premiers chapitres des romans de Nancy Huston me laissent de glace. C’est bien écrit, mais en tant que lecteur, ça me prend à rebrousse-poil. Puis, en approchant de la fin, je suis happé et je termine le roman en haletant au bout de la nuit. Pour le moment, j’attends encore d’être happé.</p>
<p><strong>J’écoute</strong><br />
<a href="http://www.myspace.com/lailarad" target="_blank">Lail Arad </a>: sa voix aérienne, son humour frondeur et fragile sont la trame sonore de mon été. La plupart du temps, je l’ai dans les oreilles quand je cours sur la piste de l’arboretum ou du parc Maisonneuve. Ça m’aide à dédramatiser les petites douleurs et à garder le rythme.</p>
<p><strong>Je mange</strong><br />
Un pot de crème glacée Häaggen-Dazs, chocolat/morceaux de chocolat. Parce que la vie c’est court comme un été. Et je bois plein de <a href="http://www.obsessionsgourmandes.com/limonade-des-jours-dete/" target="_blank">limonade</a> maison (lime, cassonade, eau glacée), parce que quand on est fatigué, il faut boire beaucoup et ne pas manquer de vitamines.</p>
<p>Ça fait pas mal, <em>girlie</em>, tout ça, non ? Je suis gai et j’assume. C&#8217;est la saison de la Fierté !</p>
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		<title>Seuil</title>
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		<pubDate>Fri, 23 Jul 2010 13:05:05 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Kevin Zaak</dc:creator>
				<category><![CDATA[Colères]]></category>
		<category><![CDATA[couple]]></category>
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		<category><![CDATA[été]]></category>
		<category><![CDATA[Homme]]></category>
		<category><![CDATA[nuit]]></category>
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		<description><![CDATA[J’ai dormi seul. Un sommeil secoué de cauchemars. Tu me dis que tu te sens amoureux. Tu me dis que j’ai tout pour être aimé. Moi j’ai peur que tu comprennes un jour ou l’autre, que je suis inintéressant. J’ai peur que tu t’entoures d’une kyrielle d’amis et de connaissance pour faire continuellement la fête [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>J’ai dormi seul. Un sommeil secoué de cauchemars. Tu me dis que tu te sens amoureux. Tu me dis que j’ai tout pour être aimé. Moi j’ai peur que tu comprennes un jour ou l’autre, que je suis inintéressant. J’ai peur que tu t’entoures d’une kyrielle d’amis et de connaissance pour faire continuellement la fête et oublier l’ennui profond que je t’inspire.</p>
<p>Et j’ai peur de me tromper. Et si tu n’étais pas celui qu’il me faut. Celui qui sera l’homme de ma vie demeure peut-être à deux rues de chez moi. Peut-être est-ce celui que je croiserai demain matin sur le boulevard. Cette peur là, j’arrive à la balayer du revers de la main tellement elle ne tient pas la route.</p>
<p>J’ai peur d’être déçu, quand je réaliserai tes travers, tes petitesses, quand tu vieilliras, quand tu seras faible, quand tu me mentiras. J’ai peur surtout de te décevoir. J’ai peur que tu réalises que je suis un mauvais coup au lit. Que sexuellement, je ne suis pas à la hauteur. Un pétard mouillé. Un feu de paille. J’ai peur que tu te lasses rapidement de moi.</p>
<p>J’ai peur que l’idée du couple soit une terrible erreur. Une hystérie collective, une lubie, qui ne peut que nous rendre malheureux jusqu’à ce que l’on soit trop vieux pour aimer. J’ai peur de tes problèmes et de tes démons. J’arrive tout juste à maîtriser les miens. Et encore !</p>
<p>On doit se voir ce soir à 18 h. J’aurais peur de prononcer ces mots, mais il faut que je l’avoue : tu me manques. J’ai envie de mettre mon nez dans ton cou, d’être serré contre toi. Ça ne sera peut-être pas olé olé comme tu l’aurais souhaité. Peut-être as-tu déjà décidé de tout annuler. Peut-être as-tu déjà compris. Moi, je ne peux m’en empêcher : j’ai hâte de te voir.</p>
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		<title>La tristesse des autres</title>
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		<pubDate>Sat, 10 Jul 2010 01:49:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Kevin Zaak</dc:creator>
				<category><![CDATA[Confidences]]></category>
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		<description><![CDATA[Les fronts froids, les fronts chauds se succèdent. Et la ville reste là, épuisée de canicule. Il y a la tristesse du monde, ce monde qui pressent qu’il s’en va à sa perte, embrasé, poussé par plus de six milliards d’êtres humains, troupeau aveugle et hystérique. Un monde que la chaleur empêche désormais de dormir [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Les fronts froids, les fronts chauds se succèdent. Et la ville reste là, épuisée de canicule. Il y a la tristesse du monde, ce monde qui pressent qu’il s’en va à sa perte, embrasé, poussé par plus de six milliards d’êtres humains, troupeau aveugle et hystérique. Un monde que la chaleur empêche désormais de dormir et qui ne peut plus revenir en arrière.</p>
<p>Il y a la tristesse du Grand, comme une tristesse d’enfants perdus. Après une séparation d’avec celle qu’il considérait comme une amie, il valse avec sa rancœur, comme un lion en cage, dans le nouveau condo qu’il vient d’acquérir. Et lui revient en mémoire la mort de ses parents alors qu’il était trop jeune. Et il se dit que sa vie n’est pas grand-chose. Une tristesse mouillée comme un matin de pluie, qui donne envie de devenir grand frère.</p>
<p>Il y a la tristesse de Louis, abrité sous un masque de sourire et d’arrogance. Je la devine par les remarques acerbes qu’il me lance quand il commente ce que je lui raconte. À sa façon de déprécier toutes mes idées, à ses conseils sarcastiques. À la colère qu’il brandit constamment comme un avertissement. Une tristesse lourde comme un soir d’orage, qui me pèse sur les épaules même lorsque je m’enfuis sur la piste du parc.</p>
<p>Il y a la tristesse du voisin qui ne m’a plus reparlé. Une tristesse que j’imagine peut-être puisqu’il ne parle pas. Une tristesse hantée par un parfum d’échec, une tristesse encagée dans le silence. Comme un hiver intérieur que même les grandes chaleurs de juillet n’arrivent pas à entamer. Comme un hiver nucléaire. La solitude.</p>
<p>Je cours toujours, malgré la canicule, les orages ou les alertes au smog. Je ne sais pas où je vais, mais j’ai désormais des mollets en acier et je sais que je peux aller loin. Mes histoires sont en dormance jusqu’au retour de l’air frais. Je me prépare pour un mois d’immersion anglaise cet automne. Peut-être commettrai-je quelques billets en anglais pour l’occasion. I hope so. Pour le moment, les pores dilatés par la chaleur accablante, je respire la tristesse des amis en guettant l’arrivée du front froid.</p>
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		<title>Célibataire</title>
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		<pubDate>Mon, 05 Jul 2010 15:11:14 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Kevin Zaak</dc:creator>
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		<category><![CDATA[célibat]]></category>
		<category><![CDATA[construction]]></category>
		<category><![CDATA[estime de soi]]></category>
		<category><![CDATA[été]]></category>
		<category><![CDATA[Homme]]></category>
		<category><![CDATA[rencontre]]></category>

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		<description><![CDATA[Je crois que c’est la toute première fois. La toute première fois que je le ressens ce sentiment que ma vie est bien comme elle est, en ce moment, en étant célibataire. Si je mets bout à bout toutes mes périodes de célibat, j’obtiens presque une dizaine d’années. Avec le recul, ça peut sembler ridicule, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Je crois que c’est la toute première fois. La toute première fois que je le ressens ce sentiment que ma vie est bien comme elle est, en ce moment, en étant célibataire. Si je mets bout à bout toutes mes périodes de célibat, j’obtiens presque une dizaine d’années. Avec le recul, ça peut sembler ridicule, mais pendant toutes ce temps, j’ai eu l’impression que ma vie était un échec. Qu’elle ne pouvait être réussie qu’en vivant avec quelqu’un. Que le célibat était la preuve tangible que je ne valais rien. Il me fallait quelqu’un à mes côtés pour me justifier d’exister.</p>
<p>Qu’est-ce qui a changé ? Je ne sais pas trop. Je me sens plus solide, je me connais mieux. J’ai vécu toutes sortes d’expériences où j’ai découvert des passions et je me suis mis à croire en un avenir. Je sais que je n’ai besoin de personne pour me faire une vie qui a de l’allure</p>
<p>C’est la Loi de Murphy, ou celle de l’attraction universelle. J’ai beau être pas rasé, avoir les cheveux trop longs, quelques livres en trop, m’habiller tout croche, on dirait qu’en ce moment, j’agis comme un aimant pour certains hommes. Ils me placent immédiatement sur un piédestal.</p>
<p>Il y en a un comme ça qui me raconte que mon visage est pure lumière (rien de moins !). Et il dit qu’il veut construire quelque chose avec moi. Après deux rencontres, je trouve ça un peu vite en affaire. « Construire » ? J’imagine le chantier, la poussière, les grues. J’ai eu tant de mal à construire ma propre vie. Trois fois, elle s’est effondrée. Trois fois, j’ai tout repris à zéro, avec chaque fois plus d’habiletés, de précisions, d’expérience. J’ai mis les rêves de vie de couple et d’amour passionnel de côté pour enfin réussir à me bâtir une vie solide. Et j’y suis presque. Le mot « presque » est important. Je suis conscient de la fragilité de tout ça. Et c’est pour ça que le chantier, la poussière et les grues ne me disent rien qui vaille. Je suis bien tout seul.</p>
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		<title>Infinitif</title>
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		<pubDate>Thu, 01 Jul 2010 02:06:01 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Kevin Zaak</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Traverser la rue en diagonale. Suivre du regard un vol de pigeons qui monte soudainement, en planant vers les toits. Sourire à trois passants puis baisser les yeux. Regarder les gens entrechoquer leurs verres sur les terrasses, bières blondes ou rousses, cocktails translucides, trop heureux de l’été. Au feu rouge, monter sur la pointe des [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Traverser la rue en diagonale. Suivre du regard un vol de pigeons qui monte soudainement, en planant vers les toits. Sourire à trois passants puis baisser les yeux. Regarder les gens entrechoquer leurs verres sur les terrasses, bières blondes ou rousses, cocktails translucides, trop heureux de l’été. Au feu rouge, monter sur la pointe des pieds pour apercevoir le ciel, magnifique après l’orage, et si haut&#8230; Se demander quoi raconter.</p>
<p>Puis, penser qu’il faudrait écrire sur le bonheur. Consigner le chemin parcouru, les prérequis, les méthodes. Imaginer le recueil de clichés, déjà cent fois écrits, prétentieux, peut-être comiques. Vivre ailleurs que dans les mots ! Se sentir ragaillardi et réaliser que le sommeil est revenu, depuis quelques mois, combler chaque nuit. Les horaires stables, le travail de jour, le lâcher-prise ? Réaliser que la fatigue ou son absence font toute la différence. Réaliser aussi qu’avec la quarantaine, une foule d’illusions ont décidé de plier bagages. Les imaginer qui s’éloignent la tête basse. Des rêves trop grands. Des idéaux maladroitement plaqués aux mauvais endroits. S’être si longtemps persuadé que ces séparations seraient déchirantes et définitives. Découvrir le contraire. Devenir un espace ouvert à tous les vents, pour les fêtes impromptues, les plaisirs minuscules, qui surviennent au hasard des rues et de l’effervescence des regards. Sourire.</p>
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		<title>Gémeaux</title>
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		<pubDate>Sun, 27 Jun 2010 03:55:48 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Kevin Zaak</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Il y a deux hommes en moi. Le premier est un fugueur. Il a de qui tenir, un père absent, jusqu’à ce qu’il sente la mort approcher et une mère qui s’est défilée, dès qu’il a posé les pieds dans l’adolescence. Des oncles, des tantes qui ont fui dans l’alcool ou dans la folie. Toujours, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Il y a deux hommes en moi. Le premier est un fugueur. Il a de qui tenir, un père absent, jusqu’à ce qu’il sente la mort approcher et une mère qui s’est défilée, dès qu’il a posé les pieds dans l’adolescence. Des oncles, des tantes qui ont fui dans l’alcool ou dans la folie. Toujours, la même idée le taraude et le tient par la gorge : partir. C’est un fantasme récurrent, tout quitter, s’enfuir, en finir avec sa vie actuelle. Vider son compte en banque. Quitter ses tentatives de relations qui ne sont toujours, en fin de compte, que du vent. Quitter cette vie inutile. Quitter le spectacle du bonheur des autres. Quitter la honte et ce sentiment d’échec, presque permanent. Aller voir à l’autre bout du monde, comme l’a fait sa mère, s’il n’y serait pas. Disparaître. Il s’assomme de musique. Il boit. Il traverse sur les feux rouges en espérant être happé par un conducteur ivre.</p>
<p>Puis il y a le second, le berger. C’est celui qui ramène le premier. Celui qui le pousse à écrire, à se pencher pour déborder sporadiquement sur le clavier. Celui qui l’amène faire de longues marches dans la nuit fraîche sous l’oeil amoureux de la lune parce qu’il sait que c’est tout ce qui le calmera. Il est celui qui l’entraîne à l’épicerie, s’acheter de quoi souper, pour ce soir au moins, celui qui a choisi ces pâtes fraîches et ces morceaux de melon. C’est toujours lui qui lui fait ouvrir un livre parce que c’est le refuge le plus sûr. Il est celui qui planifie, qui prend des décisions, qui organise, même s’il se sent dépassé. Je ne sais pas d’où il vient. Il n’a pourtant pas de racines. Son amour instinctif est brouillon et borné.</p>
<p>C’est parfois une valse, parfois un combat inégal et pitoyable. Un éternel chassé-croisé qui les mène vers la vieillesse.</p>
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		<title>Mojitos</title>
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		<pubDate>Fri, 25 Jun 2010 04:16:18 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Kevin Zaak</dc:creator>
				<category><![CDATA[Confidences]]></category>
		<category><![CDATA[alcool]]></category>
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		<description><![CDATA[Prise au piège entre les glaçons, la lumière du couchant illuminait les feuilles de menthe. Le Wild Rose Country’s cow-boy qui me paie un verre, c’est un évènement ! Après une tournée de la roseraie, nous sommes allé tester les mojitos du 5@7, au bar du Jardin. Un ancien béguin devenu presque un ami, c’est le [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Prise au piège entre les glaçons, la lumière du couchant illuminait les feuilles de menthe. Le <em>Wild Rose Country’s</em> cow-boy qui me paie un verre, c’est un évènement ! Après une tournée de la roseraie, nous sommes allé tester les mojitos du 5@7, au bar du Jardin. Un ancien béguin devenu presque un ami, c’est le signe, pour moi, d’une nouvelle maturité.</p>
<p>Une guitare, une contrebasse et une voix féminine composaient une ambiance feutrée de bossa-nova. Les verres translucides se drapaient dans des parfums de fraîcheur sans laisser deviner leur contenu en alcool délétère. Le soir tombait lentement sur le Jardin et les langues se déliaient. Je lui ai raconté le cas d’un ami qui s’est retrouvé devant un amant qui n’arrivait pas à avoir une érection.</p>
<p>— Le gars lui a dit que c’est parce que mon ami « l’impressionnait ».<br />
— Moi, ce que j’entends là-dedans c’est que cet amant-là n’a pas intégré sa sexualité<br />
— Intégrer sa sexualité ? D’où tu sors ça ?<br />
— Oui, je te le dis, il y a des gars qui sont comme ça. T’as jamais entendu ça, le complexe de la madone et la putain. Il y a des gars qui sont attirés sexuellement par un certain type de femmes : les « putains », et veulent marier un autre type de femmes : les « madones ». Ils recherchent la madone, mais ils ne bandent que pour la putain. Même chez les hommes gais, y a des gars qui fonctionne exactement comme ça. Quand il dit que ton ami l’impressionne, ce qu’il dit c’est qu’il le voit comme une madone. Celui qu’on admire, mais qui est intouchable. C’est la putain qu’on a envie de baiser. Ça expliquerait pourquoi il ne bande pas.</p>
<p>Je lève un sourcil. L’alcool caché du mojito me donne l’impression que mon sourcil se lève au ralenti. Trois moineaux se chamaillent une miette tombée entre les pavés, en accéléré.<br />
— Tu crois ?<br />
Il sourit et trempe sa tortilla dans la salsa de pamplemousse et poivron jaune, sans rien dire. Je reviens à la charge.<br />
— Mais, mon ami, là, a peut-être sa part de responsabilité là-dedans. Peut-être qu’il joue un peu la madone, non ?<br />
Le cow-boy croque dans sa tortilla puis s’essuie les lèvres avec sa serviette, toujours en souriant du coin de l’oeil.<br />
— T’as jamais entendu la théorie qui dit que le sang d’un homme peut pas irriguer deux organes importants en même temps. Si ce gars-là pense trop, il faut que ton ami ramène le sang, en bas de la ceinture&#8230;<br />
Son regard entendu rencontre mon regard perplexe. Le soleil grésille en touchant la cime des tilleuls. La chanteuse remonte sa bretelle qui a glissé sur son épaule.<br />
— Tu penses ?&#8230; Moins madone, plus putain ? Ça sonne comme un slogan.<br />
— C’est évident.</p>
<p>Les mojitos m’ont rendu un peu idiot. Le contrebassiste range son instrument dans son étui. Une brise fraîche, chargée d’humidité s’est glissée entre les sauges et les échinacées. Pendant que le serveur ramasse nos verres, je me répète intérieurement tout ce que l’on vient de se dire pour être certain de ne rien oublier.</p>
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		<title>Content (?)</title>
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		<pubDate>Thu, 24 Jun 2010 04:28:27 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Kevin Zaak</dc:creator>
				<category><![CDATA[Confidences]]></category>
		<category><![CDATA[avenir]]></category>
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		<description><![CDATA[Quand le tremblement de terre a commencé, j’étais assis sur le bol de toilette. Et je me suis dit que mourir comme ça, ça ne serait vraiment pas chic. Puis les secousses se sont arrêtées. Et j’ai été pris de mal de mer. Je me suis demandé si j’avais rêvé ou si je devenais fou. [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Quand le tremblement de terre a commencé, j’étais assis sur le bol de toilette. Et je me suis dit que mourir comme ça, ça ne serait vraiment pas chic. Puis les secousses se sont arrêtées. Et j’ai été pris de mal de mer. Je me suis demandé si j’avais rêvé ou si je devenais fou. J’avais le vertige en imaginant cet immense bâtiment administratif de brique, de béton et de céramique, secoué comme un château de cartes. 5.0 sur l’échelle de Richter. Juste assez pour réaliser que nous aurions tous pu disparaître, comme c’est arrivé à des milliers d’êtres humains en Haïti et ailleurs.</p>
<p>Ces derniers temps, j’ai appris, un peu de force, à me contenter de la réalité. Le Jardin a enfin régularisé ma situation. Le contrat est signé. (Je ne l’ai pas encore vu et je ne le croirai que lorsque je l’aurai devant moi, mais bon, on m’a dit que c’était réglé.) C’est un soulagement, mais je suis échaudé et je reste méfiant. Je garde comme un fond de colère, probablement à la mesure des illusions dont je m’étais bercé. Je me suis fait croire que j’étais arrivé quelque part, que j’allais enfin avoir un temps de répit, un peu de reconnaissance, toutes choses qui me paraissaient amplement méritées. Ce sera pour une prochaine fois.</p>
<p>Il n’y a rien de parfait. Et si je m’obstine dans ma soif d’absolu à chercher la perfection, je risque fort de passer à côté de la vie. Je cours toujours en préparation pour le demi-marathon, en septembre. Et de nouvelles douleurs apparaissent, de temps à autre, à de nouveaux endroits, dans le creux intérieur du mollet, en bas devant le tibia et dans le bas du dos. Il ne viendra jamais le jour où je vais courir avec légèreté, sans aucune douleur, ni fatigue. Il y aura toujours quelque chose qui cloche, parce que ces quelques choses qui clochent font partie de la course. Les difficultés font partie de nos vies et nous transforment un peu, chaque jour. C’est en les affrontant ou en les apprivoisant que l’on devient un peu plus humain et que l’on apprend qui l’on est vraiment. Il y aura peut-être d’autres secousses la nuit prochaine et peut-être que ce sera la fin. Alors, je veux bien m’endormir dans ce monde imparfait, malgré ce temps chaud, trop humide, malgré l’incertitude et ces fêtards de la Saint-Jean qui gueulent, un peu plus bas, dans la rue.</p>
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