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Le carrousel

Quand un garçon séronégatif rencontre un garçon séropositif, il traverse habituellement une phase que j’appelle l’ambivalence. Comme le chemin qui mène à l’illumination bouddhiste, elle peut durer 7 secondes comme 7 jours, 7 mois ou 7 000 ans. Il a envie d’aller plus loin dans la relation, mais ses peurs le retiennent. Il est partagé entre son désir et les rêves qu’il entrevoit et son envie de fuir. Une fois que les choses sont dites, que toutes les questions ont trouvé leur réponse, une fois en somme que le garçon séropositif a fait le bout de chemin qui est le sien, il ne lui reste plus qu’à attendre que l’autre se décide. Plonger ou pas. Magnétisme ou aversion. Poursuivre la lecture

Résolutions 2012

Dans les derniers jours de 2011, j’ai relu tout ce que j’avais écrit ici au cours de l’année qui s’achève. Ce fut une année difficile. Mais ce qui ressort, c’est la solidité avec laquelle j’ai composé avec les obstacles et les grandes déceptions, comme si j’avais gardé le cap, même sans pouvoir dire précisément quel est ce cap.

J’aime les résolutions. Je n’avais pas mis clairement mes résolutions 2012 sur papier que je plongeais déjà dans leur réalisation. Poursuivre la lecture

Le disque qui saute

« … Endossez totalement la responsabilité de vos relations. Acceptez, ne serait-ce qu’un instant, l’entière responsabilité de la qualité et de la nature de la relation que vous vivez sans vous préoccuper de la part de responsabilité revenant à l’autre. Si, par certains côtés, la relation que vous partagez avec quelqu’un n’est pas entièrement satisfaisante, demandez-vous pourquoi vous l’avez créée ainsi. […] Qu’est-ce que cela vous apporte d’entretenir autour de vous un climat de malheur ? (Tout ce que nous faisons nous apporte quelque chose, sinon nous ne le ferions pas.)… » Poursuivre la lecture

Le cadeau

Pendant la période de Noël, j’ai mis de côté mon caractère sauvage et misanthrope pour côtoyer la famille et les amis. C’est avec un certain soulagement que j’ai replongé dans le travail entre Noël et le jour de l’an. La plupart de mes collègues sont encore en congé. Je suis seul avec les plantes dans le grand bureau. Même la clientèle a déserté le Jardin. J’aime beaucoup travailler en solitaire dans le silence et être le seul maître à bord. Et je bosse en ce moment sur un projet qui m’intéresse. Je devais en principe être au chômage en janvier. J’apprécie ce sursis inattendu qui m’a été offert jusqu’à la fin du mois. Poursuivre la lecture

Jour 2

Depuis que le cours de 10 jours est commencé, nous vivons comme des détenus. La routine m’assomme, mais n’arrive pas à calmer cette révolte sourde. Depuis deux jours, j’essaie de me concentrer sur ma respiration. C’est un combat perpétuel et inégal. Mon esprit dispose de ressources insoupçonnées. Les chants qui ponctuent les méditations m’irritent royalement. Je ne vois pas l’intérêt de ce rituel pour des Occidentaux. Et cette voix gutturale, toujours à côté de la note m’horripile. Les discours du soir sont interminables et décousus. Poursuivre la lecture

Blanc

Refroidissement éolien de moins vingt-quatre degrés. J’ai choisi ma journée pour reprendre la course ! Mais le bleu du ciel s’étendait, entier, d’un horizon à l’autre. On aurait pu croire que toutes les bordées tombées sur la ville s’étaient concentrées sur la montagne tant chaque rameau était chargé de neige. Le soleil encore bas illuminait la dentelle des branches. Un des gars du club avait amené des tuques de père Noël pour tout le monde. Le petit groupe s’est lancé dans la première pente. Les pompons se balançaient sur les nuques. La condensation des souffles montait au dessus des têtes pour disparaître, rythmée par le craquement de la neige sous les pas. Le froid me mordait le visage. Poursuivre la lecture

Mouvement

L’une des choses que j’ai apprises à Vipassana, entre les périodes de méditation, c’est que les idées, les opinions ou les sentiments sont un flot en mouvement constant. Dès que l’on s’arrête pour l’observer, même la plus terrible colère disparaît en quelques instants pour faire place à autre chose.

Là-bas, pendant dix jours, il m’était interdit d’écrire, de parler et de m’échapper de moi-même par quelques moyens que ce soit. J’ai donc vu défiler en trombe : furie, espoir, tristesse, soulagement, jalousie, plaisir et violence. J’ai été tenté d’écrire, je me suis retenu. Tout a passé. Un éternel mouvement, qui ne s’arrête jamais. Poursuivre la lecture

Help

Mes Saṃskāra me manquent. Je cherche mes marques. J’ai juste envie de garder les yeux ouverts, tard le soir, de caler de l’alcool, de me gaver de junk-food (poutine), de me jeter dans le sport extrême et le dirty flirt (et pourquoi pas dans les anglicismes). Tout ce qui, là-bas, était interdit. Des impuretés, des souillures. Je raconterai, un de ces quatre, ce que j’y ai vécu. Pas maintenant. C’est encore trop confus. Poursuivre la lecture