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Jour – 2

Après que le mirage des 1000 jours se soit évanoui, j’ai fait un choix. J’ai choisi de ne pas laisser tomber ce désir d’aventure qu’il a réveillé en moi. J’ai plusieurs projets dans ma mire pour élargir mes horizons, me secouer, me dépasser et peut-être voir du pays. Ma première aventure sera intérieure et débutera dans moins de 48 h. Je ne pense qu’à ça, en ce moment. Le cours de 10 jours de Vipassana. Poursuivre la lecture

La chute des feuilles

L’hiver, les arbres sont en bois. — Georges Courteline
 
On dit que rien n’arrive pour rien. Je ne sais pas si c’est vrai, mais les mauvais quarts d’heure sont plus faciles à avaler si l’on y croit le moindrement. Lors de leur dernière visite, les hackers, semble-t-il, ne se sont pas contentés d’effacer tout le contenu. Ils auraient également installé un logiciel malveillant, une sorte de bombe à retardement pouvant faire des dégâts plusieurs jours après leur passage. Le maliciel (joli néologisme de l’Office québécois de la langue française pour malware) serait caché quelque part dans le code ou peut-être même dans mon ordinateur. Poursuivre la lecture

Soudain

Une bouffée de révolte, une plainte sourde. Sans attendre, je me relève et je me lance à nouveau. Pause. Repli stratégique, je réfléchis. Je me transforme. Je deviens celui que je crois qu’il faut être : plus petit ou plus grand, plus noir ou plus blanc. J’essaie encore de me faire une place dans le cadre. Il le faut. J’espère et je me blesse.

Même si je pressens que ce sera inutile, je m’obstine, j’en fais une affaire personnelle, une question de valeur. Peine perdue. Ce n’est pas ma place. Je ne suis juste pas à ma place. Je ne fite pas.
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Dehors novembre

Un cauchemar m’a éveillé. Malaise inexplicable. Je n’ai retenu que la dernière image : j’étais assis sur le lit d’un grand dortoir. Il y avait d’autres gens. Je ne me sentais pas à ma place, mais pas du tout. Cette retraite de 10 jours dans le silence me fait peur. Le bouddha a dit que la vie est souffrance. C’est la première vérité qu’on y apprend, à la dure. Tous ceux qui sont allés le répètent. Novembre est toujours pour moi le mois le plus noir de l’année, un passage où j’ai le cœur tiraillé. C’est l’anniversaire du soir où ma vie allait être altérée. Le 11 novembre, j’ai célébré les quinze ans de ma séropositivité. C’est fou quand même, comme le temps passe vite ! Poursuivre la lecture

Chasseur

J’associe la moustache à la forêt d’épinette de mon enfance, aux chasseurs, aux bûcherons. Dans mon imaginaire, un pêcheur à la mouche ou un artisan qui travaille le bois doit nécessairement porter la moustache. Contrairement à la barbe, dénuée d’efforts ou de soins, il y a dans la moustache une sauvagerie doublée d’une volonté de séduire. Dans les contes traditionnels québécois, le diable porte toujours une moustache noire. Et c’est l’un de ses atouts lorsqu’il se présente dans une soirée dansante pour duper les villageois et enlever la belle. En lisant le roman, j’imaginais l’amant de lady Chatterley avec une moustache. Poursuivre la lecture

D’aventure

C’est en décembre que le vieux rafiot partira finalement. Avec une équipe réduite, il filera de Montréal aux Galápagos en passant par le canal de Panama. La personne qui a été engagée prendra l’avion en janvier avec l’équipe de tournage, pour se rendre directement là-bas. C’est une habituée du bateau, une amie du chef de mission. Mes chances étaient à peu près nulles.

Elle ne verra pas la mer des Caraïbes, cette fois-ci du moins. C’est l’étape dont j’ai le plus rêvé. Un mal pour un bien ? C’est ce que je me dis depuis le début, sauf que maintenant je commence à y croire. Poursuivre la lecture

Saint-Timothée

Personne ne sait ma peur quand je m’engage dans la rue Saint-Timothée. Elle est là, pourtant, tapie dans mon ventre depuis bientôt 15 ans. À chacun des rendez-vous où je me rends, je pense aux chiffres. Les résultats des analyses : quantité de virus dans mon sang, état de mon immunité, dommages aux reins, au foie. Depuis juin 2006, le virus reste indétectable. Mais je sais qu’il est toujours là, en attente dans des réservoirs, caché. Même si très peu de virus circulent, ils font tout de même des ravages silencieux, qui se confondent avec ceux des médicaments qui me mitraillent le corps, au quotidien. Poursuivre la lecture

Movember

Chez les autres hommes, je la trouve décalée, drôle et plutôt sexy. Mais j’ai plus de mal à la sentir sous mon nez. Depuis plusieurs années, le mois de novembre devient Movember, la saison de la moustache. Cette campagne internationale vise à sensibiliser le public et à lever des fonds pour la recherche sur le cancer de la prostate. Le défi : être frais rasé le 1er novembre au matin et laisser s’épanouir une moustache sous son propre nez, pendant un mois, tout en ramassant des sous pour la recherche. Poursuivre la lecture