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Cold Star

J’ai attrapé le dernier Fugues, en sortant du métro. Souvent, l’image que ce magazine donne des hommes gais me désole. L’homme gai est nécessairement musclé, bronzé et ses dents blanches et parfaites ont des reflets bleutés. Il a trois préoccupations : la décoration de son condo, le prochain disque de Céline et les circuits party. (Et il vit, la plupart du temps, torse nu. Il n’est pas frileux.) Après 45 ans, l’homme gai n’existe plus. Peut-être qu’il retourne dans le placard. Poursuivre la lecture

Au bout de la nuit

Je suis arrivé à me coucher plus tôt depuis une semaine. Je vois la différence, je me sens mieux le matin. Je traverse des vagues de colère. Contre mon deux de pique de propriétaire, contre ma job, contre toutes les injustices de cette vie. La peur ébranle ma démarche quand je sens le froid qui s’installe et la nuit qui gagne chaque jour du terrain. Mes jours se ressemblent, tous. Ils sont pilotés par l’instinct de survie. Il me mènera bien au bout de la nuit. Et j’arrive à gérer mes attentes irréalistes. Je respire. J’observe. J’écoute. Je dormirais bien jusqu’au printemps. Mais, je ne suis pas un ours. Je dois traverser cet hiver, les yeux grands ouverts. Poursuivre la lecture

Une douce colère

Une douce colère coule vers mon cœur d’Indien. Des frissons révolutionnaires courent sur ma nuque devant la mise à mort de l’été. J’ai lâché les rêves que j’ai poursuivis ces derniers mois. Je les regarde s’éloigner en m’accrochant à une idée : à chaque instant, tout est possible. Personne ne peut dire ce que sera demain. En attendant, j’accuse les coups. Mais je suis fatigué de relever la tête, de remettre l’épaule à la roue. Il me semble que j’ai déjà suffisamment donné. Je suis un control freak, soit. On ne se refait pas. Mais j’ai appris qu’à l’entrevue, les dés étaient pipés. Poursuivre la lecture

My boring life

Elle dit que j’ai besoin de cadres pour me rassurer. J’aime planifier les choses, les organiser, être en contrôle de la situation. C’est ce qu’elle a perçu pendant l’entrevue. Je n’ai pas beaucoup d’expérience de voyage d’aventure, peut-être parce que je n’ai jamais recherché ce type d’expérience. Ils cherchent quelqu’un qui sera plus à l’aise pour naviguer avec fluidité entre les imprévus, les changements et les contretemps. Elle se demande comment je pourrais gérer le stress dans un contexte où je ne contrôle rien, secoué par la houle perpétuelle et la promiscuité d’un voilier. Poursuivre la lecture

Je ne m’appelle pas Kevin Zaak

Au point de départ, il y eut un élan. Un mouvement qui ne s’encombrait pas de chronologie ou de véracité. Un appel d’air. « Je me sens comme un volcan. J’ai peur des contrecoups d’un séisme. » Puis, le premier souffle passé, j’ai eu un vertige, un vertige plus qu’une angoisse, devant une plage de pixels blancs. Je me suis raccroché au récit du quotidien. Et je me suis amusé à en tricoter les mailles des évènements. J’en ai fait un foulard qui me garderait au chaud, pour toujours, enfin, c’est ce que j’espérais. Même les jours où le tricot m’ennuyait, je m’y agrippais. Poursuivre la lecture

Friche

Je suis comme un champ en friche, un arbre dénudé, balayé, tour à tour, par des vagues de tristesse et de colère. Laisser aller ne va pas de soi, même s’il n’y a rien d’autres à faire. Adieu au voilier qui filera sans moi vers les Caraïbes. Adieu aux sensations du soleil sur la peau. Adieu aux parfums, aux rencontres. Adieu à la ligne bleue qui court en pointillé sur l’asphalte brûlant. Adieu à la médaille, au fil d’arrivée du marathon. Adieu à l’été. Adieu à l’espoir d’un été des Indiens. Adieu enfin à toutes ces déceptions. Poursuivre la lecture

Questions de design

Voilà, le visuel est presque complété. Vous en pensez quoi ? Qu’est-ce qui vous agace ? Qu’est-ce que vous préférez ? Qu’est-ce que vous changeriez ?

Ce congé d’écriture me fait du bien. C’est étrange de voir que les fréquentations demeurent les mêmes. En fait, ces dernières semaines, la plupart des lecteurs viennent ici chercher des recettes. S’ils savaient. Je suis complètement pourri en cuisine. Deux fois, j’ai fait brûler des chaudrons d’eau…

Crédits :

Plate-forme : WordPress
Hébergement : Iweb
Thème : Linen par The Theme Foundry
(Soutien technique particulièrement attentionné et efficace qui vaut largement le prix du thème !) Poursuivre la lecture

En attendant la suite

« J’imagine que tout est dit puis ce détail me rattrape. Je sais des mots pour nous sauver l’envie, mais sur eux je dérape. »

J’entends parfois ces mots résonner quand je lance ma liste appelée « Hop-la-vie ». Des chansons sélectionnées pour contrer le blues ou l’angoisse. Des refrains qui me font sourire.

Il y a désormais ces plages de temps libre laissées par le projet du marathon. Finalement, je l’ai regardé passer du trottoir, près du kilomètre 39, à applaudir comme un défoncé pendant des heures, les yeux humides d’admiration pour tous ces gens ordinaires qui décident de devenir des héros, le temps d’une saison. Je ne comprends pas encore comment je me suis blessé. J’ai tendance à tout vouloir tout mener de front. J’en ai probablement trop fait. Qu’importe, je reviens toujours ici. Poursuivre la lecture