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Billet avec le mot-clef ‘amour’

Le trou noir

Dès que je vis un moment agréable, la peur de perdre surgit. Alors que je devrais être porté par la joie, je suis déjà envahi par mon désir de retenir ce moment. La peur panique de le perdre à jamais, mes scénarios catastrophes et la douleur anticipée me secouent. Chaque moment de plaisir fait grandir ma nuit.

Je traîne depuis longtemps le rêve d’une vie de couple. Ce rêve est né des premiers instants de complicité et d’abandon que j’ai vécus au début de la vingtaine. Ils ont été pour moi des révélations bouleversantes. Poursuivre la lecture

Le disque qui saute

« … Endossez totalement la responsabilité de vos relations. Acceptez, ne serait-ce qu’un instant, l’entière responsabilité de la qualité et de la nature de la relation que vous vivez sans vous préoccuper de la part de responsabilité revenant à l’autre. Si, par certains côtés, la relation que vous partagez avec quelqu’un n’est pas entièrement satisfaisante, demandez-vous pourquoi vous l’avez créée ainsi. […] Qu’est-ce que cela vous apporte d’entretenir autour de vous un climat de malheur ? (Tout ce que nous faisons nous apporte quelque chose, sinon nous ne le ferions pas.)… » Poursuivre la lecture

Le cadeau

Pendant la période de Noël, j’ai mis de côté mon caractère sauvage et misanthrope pour côtoyer la famille et les amis. C’est avec un certain soulagement que j’ai replongé dans le travail entre Noël et le jour de l’an. La plupart de mes collègues sont encore en congé. Je suis seul avec les plantes dans le grand bureau. Même la clientèle a déserté le Jardin. J’aime beaucoup travailler en solitaire dans le silence et être le seul maître à bord. Et je bosse en ce moment sur un projet qui m’intéresse. Je devais en principe être au chômage en janvier. J’apprécie ce sursis inattendu qui m’a été offert jusqu’à la fin du mois. Poursuivre la lecture

Remonter le temps

Avoir l’occasion de revisiter le passé éclaire le présent d’un jour nouveau. Quand G. est venu avec moi au Grand Splash, il m’a proposé d’aller prendre un café. On s’était retrouvé par des amis communs sur Facebook. On ne s’était pratiquement pas parlé depuis quinze ans. La mémoire est sélective et ses questions ont fait ressurgir des images, des souvenirs. 1996. Le Network Café, un des premiers cafés internet du Quartier Latin où je faisais les meilleurs cappuccinos. La voix entêtante de la chanteuse des Cranberries. Les messages codés que nous nous laissions, G et moi, sur l’ardoise de la salle de bain. C’était quelques mois avant ma séroconversion. G. a été vraiment important dans ma vie, même s’il est passé comme une étoile filante. Après la sortie de l’adolescence et celle du placard, il a été la première personne devant qui je me suis montré vulnérable et avec qui je me suis senti bien. Il étudiait en cinéma, il parlait de jazz et de philosophie, ça me faisait rêver. En marchant vers le métro, il me demande si je me souviens de la lettre que je lui avais écrite quelques semaines après notre rupture. J’ai un vague souvenir d’une lettre que je lui avais fait parvenir par le biais d’un ami commun. Je ne me rappelle pas ce qu’il y avait dedans. Me connaissant, j’imagine très bien le genre de lettre que j’ai dû écrire. Elle devait être touchante, peut-être un peu larmoyante. Je devais m’y ouvrir le cœur une dernière fois pour finir la relation en beauté. Il se sentait mal de ne pas y avoir donné suite. J’ai réalisé que c’est une des rares histoires de cœur où je ne regrette rien. Je l’ai vécu exactement comme je l’ai voulu, dans les moments les plus lumineux comme dans les plus douloureux. J’en retire une espèce de fierté.
 
Le lendemain, je revoyais une flamme plus récente. Même si trois ans se sont écoulés, le parfum de M. Right m’a transporté immédiatement en 2008. C’est fou la puissance de la mémoire olfactive. Sa bibliothèque. Ses tableaux monochromes. Les mémoires d’Hadrien qu’il m’avait offert. Il y a très peu de personnes avec qui j’ai senti un lien aussi fort, aussi entier. Je me suis retrouvé incroyablement gêné quand il s’est assis devant moi. J’étais persuadé que je serais parfaitement à l’aise. Il était cent fois plus beau que dans mes souvenirs. Aussi attentif, curieux, toujours bienveillant. Est-ce que je serais capable d’être ami avec un gars comme lui ? Est-ce que je ne vais pas continuellement fantasmer sur la possibilité d’un retour en arrière et souffrir des désillusions qui suivront ? Je me sens un peu coupable et responsable de notre rupture. Si j’avais montré plus de patience, moins d’intransigeance, peut-être que les choses se seraient passées autrement. Mais peut-être qu’on en serait arrivé au même point, par d’autres chemins. Je lui ai rappelé qu’il était très fâché contre moi. Il avait effacé cette partie de l’histoire de sa mémoire. Il ne se souvenait plus pourquoi il était fâché. Je lui ai parlé de ma vie, du Cow-boy et d’El Poblano. Il m’a parlé du gars parfait avec qui il était au Mec Plus Ultra, son ex-chum et actuel meilleur ami. En un clin d’œil et une poignée de main, j’étais sous son charme. Comment il a pu sortir avec un gars parfait comme ça et me fréquenter moi ? Il m’a demandé comment j’avais eu l’idée de le relancer. Je lui ai dit que ça me ferait vraiment suer de le croiser par hasard dans des soirées et de ressentir toujours ce malaise. Nous avions plein de points en commun et des discussions vraiment intéressantes et que tout ça m’avait manqué. Il m’a remercié d’avoir pris cette initiative. Je l’ai remercié d’avoir accepté. J’ai l’impression que rien qu’à le côtoyer je deviens meilleur. En rentrant, je me trouvais plus beau dans le miroir. On s’est serré dans les bras l’un de l’autre en se quittant et je souris sans arrêt, depuis. Il y a maintenant un couloir entre nos deux vies. Compter quelqu’un comme lui dans mes amis proches, me rendrait vraiment fier.

Time

Le vide

Le vide. Je fais des pieds et des mains pour le combler, le masquer, l’oublier, même momentanément. Peut-être devrais-je simplement l’embrasser. Peut-être retrouverais-je ainsi l’énergie pour m’attaquer à tous ces obstacles qui s’accumulent devant moi. Qui sait ? Immédiatement après avoir relancé M. Right, je l’ai regretté. Je me suis mis à compter les heures en attendant frénétiquement une réponse et en me répétant qu’il n’y en aurait probablement pas. Je nageais alors en eaux connues. Je suis à l’aise, confortable, dans le rôle de celui qui attend.

Pour me distraire, je ne choisis que des histoires impossibles : David à New York (8 heures de train) ou le Minotaure (et son chum fantôme). J’imagine que j’ai pressenti l’inaccessibilité de l’homme de la lune. Sinon je n’aurais jamais laissé cette histoire perdurer. Je meuble le vide qui me fait peur, sans mettre en péril mon fragile équilibre. Tous les obstacles sont bons. Pourvu que les chances d’avoir à me dévoiler demeurent les plus minces possible. Qui ne risque rien n’a rien. No risk, no reward. Alors je reste les mains vides. Me limiter au rêve, c’est la stratégie que j’ai adoptée. Les rêveurs sont toujours sympathiques.

Du coin de l’œil, je regarde en rêvant la dérive de ma vie. L’été qui glisse vers sa fin à une vitesse lente et vertigineuse. J’accumule les kilomètres, au fil des semaines. Je découvre de nouveaux muscles à travers de nouvelles douleurs. Mais la course demeure le domaine où je goûte à la réussite. J’épuise méthodiquement mes recours contre mes voisins. Je me bats avec les puces dans l’appartement. Il en reste toujours quelques-unes qui réapparaissent à chaque fois où je pense en être venu à bout. Ma vie n’a rien de reluisant et je n’ai pas très envie que qui que ce soit y mette le nez. Je m’entoure d’un brouillard de mystère. Je fais ça depuis l’enfance, une carapace de brume. C’est toujours plus facile de briller au milieu de la brume.

Peut-être devrais-je simplement embrasser le vide. C’est ce que je me disais quand M. Right a levé la main en disant : « présent ». J’avoue que je suis un peu désarçonné. Il va falloir que je balaie un peu la brume devant moi. Je sens un fond d’inquiétude qui bourdonne. Et si… on n’avait plus rien à se dire ? J’essaie de me convaincre qu’il aura sûrement un empêchement de dernière minute. Mais ça ne tient pas la route. Il a vraiment l’air de vouloir que la rencontre ait lieu, et on dirait que c’est justement ce qui m’inquiète. Dans quoi est-ce que je me suis embarqué ? Parfois, j’agis sans réfléchir, et c’est toujours à ce moment-là que je fais les meilleurs moves.

Tôt le matin

Vouloir la lune

Je veux obtenir un vrai travail. C’est-à-dire un emploi avec une certaine stabilité où mes compétences sont reconnues et qui me permet de vivre décemment. J’ai besoin de me sentir utile et de sentir que je fais partie d’une équipe. Une équipe qui relève des défis et contribue à faire avancer le monde. Je veux un emploi où je pourrai mettre à profit mon imagination, mon sens de l’organisation, mon instinct comme mon empathie. Et mettre ces habiletés au service d’un idéal. Je veux un travail où je pourrai apprendre sans cesse, utiliser ma mémoire, ma logique et mon esprit critique, inventer.

Je veux fréquenter quelqu’un qui me plaît et qui s’intéresse réellement à moi. Qui n’est ni marié, ni en couple, et qui envisage la possibilité de vivre une vie de couple avec quelqu’un dans mon genre. Je veux sourire, parfois, juste en l’imaginant qui m’attend. Je veux voir la fierté dans ses yeux, partager avec lui le quotidien et savourer avec lui une complicité quand le banal tourne à l’aventure. Je veux aimer son honnêteté, sa naïveté, son enthousiasme. Je veux apprécier chez lui les détails que seul le temps permet de découvrir. Je veux m’émerveiller en le regardant dormir pour ensuite m’abandonner à la nuit en devinant sa chaleur, tout près.

Je veux mener une vie équilibrée, courir sous le ciel, qu’il soit enluminé de soleil ou voilé de pluie ou de neige. Et comme le conseillent les alcooliques anonymes, je veux trouver la force de changer ce que je peux changer, avoir la sagesse d’accepter ce qu’il est impossible de changer et le discernement qu’il faut pour savoir faire la différence. Pour y arriver, je veux vivre dans un bel espace où se croisent lumière et couleur. Je veux des dizaines de plantes qui s’affairent à fabriquer de l’air pur et un chien que j’amènerais courir sur la montagne. Je veux avoir du temps pour me poser sur l’herbe, fermer les yeux et goûter les caresses du soleil. Je veux prendre le temps d’écouter le souffle du vent quand il remue le parfum des grands arbres. Je veux remarquer la saison des crapauds et celles des ouaouarons, connaître le nom des oiseaux et celui des fleurs sauvages. Je veux avoir assez de temps pour passer des heures à me perdre dans un ciel étoilé.

« Shoot for the moon. Even if you miss, you’ll land among the stars. » Parfois attribuée à Oscar Wilde, surtout sur les sites francophones, cette citation serait plutôt d’un auteur américain moins connu : Les Browns.

Aurore boréale sur la route Transtaïga

Plan B

J’ai couru 11 kilomètres sur la montagne, en plus de l’aller et retour en bixi. Je suis lessivé. J’ai des extrasystoles en ce moment. Un dérèglement électrique qui désynchronise les battements de mon cœur au repos. C’est bénin, mais très désagréable. Le brunch de ce matin me tourne dans l’estomac. Bref, je me sens comme un champ de bataille. À moitié dévasté, avec le sifflement et les déflagrations des bombes, des incendies soudains, des fumerolles et des éclopés qui essaient de s’enfuir, juste au mauvais moment.

Je ne saurais expliquer pourquoi, mais j’ai toujours du mal avec les plans B. J’ai reçu ma réponse pour le marathon de New York, ma principale motivation pour courir. Un premier marathon, à New York en plus, c’est ce qui s’appelle glamour. Je n’en ferai pas partie. I was not accepted, I didn’t win the lottery. L’organisation mentionne dans son courriel qu’il reste des places pour ceux qui prennent les « packages » avec transport et hôtel inclus. Le moins cher coûte 1300 $. Et je n’ai pas les moyens de me payer ça. Pendant quelques jours, j’ai eu envie d’arrêter de courir. Puis je me suis dit que je devais trouver une autre course qui me motiverait autant. Je suis donc en quête d’un autre marathon. On m’a parlé de Rimouski. C’est un petit marathon, au début d’octobre, dans un décor magnifique. Rimouski : la montagne et l’embouchure du Saint-Laurent, qu’on appelle là-bas la mer. L’eau y est salée et on peut y voir des baleines. C’est à Rimouski qu’est né le premier garçon qui m’a fait chavirer, un dénommé Guillaume. Les gens du coin sont sympathiques et le voyage ne me coûterait pas trop cher. Il y a aussi Philadelphie, « la ville de l’amour fraternel ». C’est une ville pleine de symboles pour moi, à cause du film de Jonathan Demme. On m’a dit que le parcours était bien et qu’il traversait les quartiers historiques. Je peux m’y rendre en train via New York, pour presque rien. On m’a aussi parlé de Tucson en Arizona. Mais le voyage risque de coûter trop cher pour mon portefeuille. Et courir dans un climat désertique me fait un peu peur. Je jongle avec tout ça et je me laisse la semaine pour prendre une décision.

Je dois aussi envisager des plans B dans les autres domaines de ma vie. En premier lieu, le travail. J’ai rêvé de cet emploi chez Zorro. J’y ai donné le meilleur de moi-même, assez pour être complètement vidé après seulement trois mois. Mais je n’ai pas su dealer avec l’espèce de contrôle-freak passif-agressif qui était mon patron. En novembre, mon remplacement au Jardin se terminera. J’aime bien ce que j’y fais, mais ce n’est pas ce que je veux faire dans la vie. Les volets humain et intervention sociale me manquent. Il y a comme un vide qui s’étend après l’automne. Je devrais aussi envisager un plan B à l’homme de la lune. Je suis assez maso pour le voir encore. Il m’appelle avec la régularité d’un métronome. Et je me dis que 10 minutes d’affection (donnée, mais non reçue) par semaine, c’est quand même mieux que rien. Au brunch, Ceasar m’a lancé que je devrais me trouver un boyfriend anglophone. The best way to improve your English. C’est l’histoire de ma vie. Je donne, je donne et je donne. Je regardais les passants qui déambulaient au soleil sur Saint-Laurent. Des gens qui avaient l’air heureux. Je les imaginais avec des boulots inspirants, des amoureux présents, des amis complices, des bébés dans des poussettes, des chiens qui tirent au bout de leurs laisses. Les oiseaux se donnaient à fond sur les branches encore dénudées où le vert pointe à peine. Un jour, ce sera mon tour.

Rimouski

Au cœur de la nuit

J’ai besoin d’aller au fond des choses, de parfois toucher le fond pour comprendre. J’ouvre les yeux lorsque je bute contre un mur et j’aperçois soudainement ce qui m’entoure. Je regardais l’homme de la lune dormir entre ses draps brun chocolat. La lumière trop blanche du lampadaire glissait sur la courbe de son épaule et sur la pente rebondie de son trapèze. Elle s’estompait sur sa nuque pour s’éteindre à l’orée de ses cheveux noirs. Je m’émouvais de sa beauté d’homme qui dort et de sa respiration, à peine perceptible. Cet instant me ramenait à d’autres instants, plusieurs années auparavant, dans une autre ville, dans une autre vie. C’est Dominic, que je regardais alors dormir.

C’est un des regrets que j’ai exprimés ici, de ne pas avoir su démontrer mon affection par des gestes ou par des mots. Je suis resté coincé à l’intérieur de moi-même. Je l’ai aimé de loin, froidement. Avec l’homme de la lune, j’ai tenté de me rattraper. J’ai fait du chemin depuis quelques années. Et j’y arrive, semble-t-il. Avec lui, je suis un homme différent : tendre, attentionné, affectueux. Je découvre un autre versant de moi-même, en tentant, maladroitement, de réparer le passé. Mais malgré toute la bonne volonté que j’y mets, quelque chose ne colle pas. Je donne. Et je donne. Et je ressens un certain plaisir à donner, à sentir en moi l’élan de cette générosité. Lui, il reçoit en silence et sans un geste. Ce que je donne s’évapore dans l’air entre nous, comme un souffle en hiver.

La situation était peut-être la même avec Dominic. Je ne pourrai jamais en être certain. Nous avons tous les deux notre part de responsabilité dans cette relation qui battait de l’aile. Bien que j’aime croire que j’ai le contrôle sur tous les éléments de ma vie, ce n’est pas le cas. C’est un bout de passé qui se détache, un pan de culpabilité qui s’évanouit. Mais c’est aussi un petit deuil qui se dépose sur le cœur.

Et toutes ces voix qui chuchotent et se superposent au silence : « Dans la vie, on ne reçoit que ce que l’on mérite. Tu devrais t’estimer chanceux, qu’un homme aussi bien t’accueille dans son lit. Toi, le raté sympathique, lui, à qui tout réussit. De toute façon, tu le sais bien, s’il te montrait du respect, tu le mépriserais. S’il osait t’aimer, tu prendrais tes jambes à ton cou ou tu te refermerais comme une huître. Tu n’as jamais su être en relation, c’est pour ça que tu es toujours seul. »

Je me suis levé. Il était quatre heures du matin. Pieds nus sur le plancher froid, je suis allé m’asseoir sur la causeuse au salon. Pour la petite histoire, plus tôt dans la soirée, sur cette même causeuse, je lui ai posé toutes les questions qui me taraudaient. Il les a éludées. « Est-ce qu’on peut parler de quelque chose de plus léger ? » — « Les sentiments, c’est léger, aérien, fugace, non ? » Il ne m’a donné aucune réponse. Il a changé de sujet, s’est tu, a prétexté la fatigue. Pas la moindre aspérité sur laquelle m’accrocher. Hors du lit où il dort, seul dans la nuit, je me sens mieux. Cette fois-ci, j’ai fait mon bout de chemin. Je ne peux pas construire un couple à moi tout seul. Une partie de l’équation sera toujours hors de ma portée. Au milieu de cette nuit, c’est un soulagement. Mais je sais qu’au cours des jours à venir, viendra la peine, la peine et la peur. La peur qu’il n’y ait jamais rien de plus. La peur que mon passé m’ait marqué à jamais du sceau de la solitude. Et que je n’arrive pas à me libérer des murs que j’ai érigés, pendant des années, autour de moi.

Lampadaire sous la neige