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Billet avec le mot-clef ‘automne’

Dans ma bulle

Ces derniers jours, j’ai fait le plein de couleurs vives et de soleil pour les semaines de grisaille qui s’en viennent. Je marche. Je roule. Je photographie. Les yeux grands ouverts. J’ai adopté le gym pour remplacer la course. Un centre sportif à l’ambiance familiale où l’on retrouve de l’aquaforme pour les personnes âgées et une bibliothèque pour les enfants. Et en tant que membre d’Équipe Montréal, l’abonnement annuel m’a coûté une bouchée de pain. Pour m’y rendre, je traverse en vélo les parcs Laurier et Lafontaine. Je m’y sens bien, c’est un peu mon refuge. Le gym est un excellent endroit pour être dans sa bulle. Et quand je sors, après avoir soulevé de la fonte pendant une heure, j’ai le corps lourd, énergisé et particulièrement groundé. Je poursuis la méditation même si mon enseignant est allé parler de bouddha en Californie, jusqu’en décembre. J’aurai besoin de cette routine physique, car le mois de novembre sera passablement exigeant et occupé. En plus de mon travail où j’ai à coordonner dix mille projets (rédaction, médias sociaux, vidéo), je participerai le mois prochain à Movember et NaNoWriMo. Poursuivre la lecture

Couleurs

Elles égaient désormais ma ville. Les couleurs d’octobre s’enflamment et explosent dès que le soleil les effleure. Je suis heureux de travailler près du parc et de me rendre au travail par les rues arborées du Plateau. Ces instants forment un corridor de présent paisible dans mon histoire tourmentée. Très tôt dans ma vie, la nature fut un baume. Je suis tombé amoureux de Montréal et je m’abandonne avec délice à sa vibe singulière. Mais, même si j’ai tendance à l’oublier, les kilomètres de lac d’eau glaciaire me manquent. Comme l’infini des forêts d’épinettes émaillées de bouleaux. L’espace. Le ciel, là-bas, est plus haut qu’au sud. Et il révèle, la nuit tombée, des milliards d’étoiles.

Les plongeons dans le lac, les ballades en raquettes, les feux de camp dans la neige, l’escalade du Mont-Chaudron. Il y a des choses qui ne semblent pas changer puisque ces images mises en ligne par l’Office de tourisme de l’Abitibi-Temiscamingue se déroulent comme un condensé de mon enfance. Des couleurs envers lesquelles je serai toujours reconnaissant. Des souvenirs qui se réveillent dans le rougeoiement des fusains ou quand un vol d’outardes traverse la nuit le ciel de la ville. Poursuivre la lecture

Accident

Je dis toujours qu’il n’y a pas de hasard. J’aime croire que les événements ont un sens, que tout est relié. Nul n’est une île. Mon pied cassé. Ma rencontre avec K. Le mauvais timing. Sa peur de l’intimité. Ce nouvel emploi aux défis démesurés. Ce déménagement désastreux sur un coup de tête. Les médecins qui me disent n’importe quoi. Et la fracture du métatarse qui ne se solidifie pas, malgré les mois qui passent. Je ne peux m’empêcher de chercher les raisons. Où ai-je été fautif ? Qu’est-ce que ça signifie ? Aurais-je tort de penser ainsi ?

J’étais enfin seul dans l’appartement. (Cette expérience de colocation n’est pas des plus heureuse. Le quotidien est lourd. Je savoure désormais chaque seconde de solitude.) J’avais pu dormir tard, un événement rare ces derniers mois. J’avais lavé mes draps rouge cerise. Je m’étais installé au soleil sur le balcon pour tremper mes craquelins de riz dans l’humus au poivrons rôtis. Je me sentais curieusement bien. J’étais en train de faire le lit dans ma chambre quand j’ai senti les feuilles du dracaena posé près de la fenêtre me caresser le dos. Je me suis retourné. La plante a basculé doucement, le pot est tombé sans bruit. Les tiges amortissant la chute. Mais en touchant le sol, le pot s’est brisé en trois morceaux. Et la terre s’est étalée sur le plancher comme l’univers après le big bang. Je suis resté figé. Un pourquoi dans les yeux. Poursuivre la lecture

L’homme en cage

Je cours depuis six ou sept ans, je ne sais plus. Plus d’une fois, la course m’a sauvé la vie. C’est en courant dans les bras de l’averse que je me suis redécouvert fort et vivant. C’est en trottant au pied du couchant ou en filant avec le vent, dans ces moments qui n’appartenaient qu’à moi, que je me suis réconcilié avec moi-même. Il n’a fallu qu’un moment d’inattention, qu’un faux pas sous le soleil, la tête ailleurs, pour que je me casse le pied.

Une fracture se recalcifie généralement d’elle-même en quelques semaines ou en quelques mois. Dans le cas du cinquième métatarse, c’est parfois un peu plus long. Le rapport du dernier radiologiste est très clair : deux mois après la fracture, il n’y a aucune trace d’un début de consolidation. Il y a parfois des retards. Poursuivre la lecture

Lumières d’automne

Le soleil ne s’aventure plus très haut. Et le ciel, le matin, est traversé de voiliers d’outardes. L’or des frênes enlumine les trottoirs et les pelouses. Il tombe en averse au-dessus de la piste cyclable. Le froid s’immisce par la fenêtre ouverte, ce froid dont j’aime retrouver les frissons. En écoutant des Polonaises de Chopin, dans cet automne qui danse, je savoure mes maigres victoires. Mon pied qui revient à la vie et retrouve peu à peu sa force et son élasticité. Le corps malmené par le stress qui redécouvre le plaisir de jouer et de bouger. Guillaume m’a appris à me dépenser sans courir, sur le rameur ou avec des poids libres, en équilibre instable sur des ballons plats. Avant de partir pour New York, Pierre m’a même entraîné à la piscine. C’était le soir de l’équinoxe. Poursuivre la lecture

11 questions

Quelques réponses aux questionnaire de Kab-Aod. Je n’arrive plus à retrouver le billet d’où elles proviennent. Comme je n’aime pas beaucoup les chaînes, celle-ci s’arrêtera ici. Elle continuera bien ailleurs.

1 – Hamburger ou sashimi ?

Bien que j’ai quelques remords écologiques, je préfère nettement les sashimis. C’est sur le tard que j’ai découvert les sushis, j’ai du rattrapage à faire. Les meilleurs au monde sont confectionnés sur la rue Laurier à Montréal, par le chef Tri du Tri Express. (Par contre, entre un cow-boy et un pêcheur, je préfère nettement le cow-boy. Question de goût.) J’aime les burgers saignants avec des oignons, et des champignons sautés, du fromage suisse et une sauce Dijon au miel. Poursuivre la lecture

Jour – 2

Après que le mirage des 1000 jours se soit évanoui, j’ai fait un choix. J’ai choisi de ne pas laisser tomber ce désir d’aventure qu’il a réveillé en moi. J’ai plusieurs projets dans ma mire pour élargir mes horizons, me secouer, me dépasser et peut-être voir du pays. Ma première aventure sera intérieure et débutera dans moins de 48 h. Je ne pense qu’à ça, en ce moment. Le cours de 10 jours de Vipassana. Poursuivre la lecture

D’aventure

C’est en décembre que le vieux rafiot partira finalement. Avec une équipe réduite, il filera de Montréal aux Galápagos en passant par le canal de Panama. La personne qui a été engagée prendra l’avion en janvier avec l’équipe de tournage, pour se rendre directement là-bas. C’est une habituée du bateau, une amie du chef de mission. Mes chances étaient à peu près nulles.

Elle ne verra pas la mer des Caraïbes, cette fois-ci du moins. C’est l’étape dont j’ai le plus rêvé. Un mal pour un bien ? C’est ce que je me dis depuis le début, sauf que maintenant je commence à y croire. Poursuivre la lecture