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Billet avec le mot-clef ‘automne’

All by myself

Plus que 5 nuits avant le départ. Je suis dans un drôle d’état, surexcité. Je ne sais pas si j’ai peur. J’essaie de faire des contacts à NYC. El Poblano et Jean-Christophe m’ont convaincu que les sites de rencontres pouvaient être utiles. Me revoilà donc avec un masque de pixels et en version anglaise. And when I say I’m french canadian, everybody tell me « Like Celine Dion ! » Qu’on l’aime ou pas, on ne peut pas nier que Céline a mis le Québec sur la map. J’ai fait une liste de tous les numéros de téléphone d’urgence : l’école, l’assurance médicale, visa, etc.

Actually, I’m totally afraid. J’ai passé ma vie dans une coquille où j’étais très heureux d’être à l’étroit. Je suis le champion des coquilles. Le nacre des idées préconçues, la rigidité des cadres. J’aime bien faire le fier, m’éloigner de deux pas de l’entrée et faire des grands gestes pour que tout le monde me voie. J’ai besoin de reconnaissance. Mais je suis le premier à me précipiter à l’intérieur dès le premier grain de pluie ou dès que les choses ne tournent pas comme je le voudrais. Me retrouver seul, loin de mon île et de mon cocon risque d’être difficile, mais j’espère aussi que ce sera libérateur. Ce soir, je commence à remplir la grosse valise que le Cowboy m’a amené.

J’aime l’énergie et le rythme de NYC. Cette façon de se prendre très au sérieux, avec une distance et un humour décalé. Cette impression d’être au centre d’un monde qui court à sa perte à une vitesse folle et cette humanité, multiple, comme un jupon qui dépasse sous la réserve et la froideur. Je vais m’y sentir comme un enfant. C’est la magie des voyages, se retrouver soudainement complètement libre de son passé et des perceptions que les autres ont de nous-mêmes. Être un peu sonné par le dépaysement, se retrouver face à soi-même et s’apercevoir que l’on respire bien, hors de sa coquille. À partir de là, everything is possible. C’est à la fois merveilleux et terrifiant.

The East River from Roosevelt Island
The East River from Roosevelt Island par David Reeves, sur Flickr

Psychopathe

Pour faire une histoire courte, je pars dans une semaine. Le 30 octobre en soirée, je débarquerai sur un grand boulevard de Queens, chez un inconnu qui m’a loué une chambre. Je ne sais à peu près rien de lui, à part qu’il a 52 ans, qu’il est cadre dans une grosse firme d’avocat, qu’il a deux chiens et qu’il fait parfois du kayak dans le nord de l’état de New York. Paranoïaque, je n’ai pas pu m’empêcher de me demander : et si c’était un psychopathe ? Peut-être qu’il y a des tueurs qui trouvent leurs victimes sur Craiglist. À l’Halloween, le sang passe inaperçu…

Je pense à American Psycho de Bret Easton Ellis. Sous des dehors lisse et clinquant se cachait un tueur sordide. Je me souviens de tous les romans de Chrystine Brouillet que j’ai dévorés depuis que je suis adolescent. Thomas a levé les yeux au ciel. Il trouve l’idée complètement loufoque. Hugh quant à lui semble partager mes inquiétudes, il avait l’air inquiet quand on s’est laissé. Il trouvait bizarre que le gars n’ait pas d’accès Internet chez lui. Comme il y a plus de millions d’habitants à New York qu’à Montréal, ce serait normal qu’il y ait plus de psychopathes. Et je n’ai même pas de cell.

Puis, je me dis que, si jamais ça arrive, je saurais bien dealer avec un malade mental. J’ai été intervenant en psychiatrie à 20 ans, quand je suis sorti de l’école. J’ai géré des crises psychotiques, j’ai fait un cours d’autodéfense (Non-Agressive Physical et Psychological Intervention). Et puis à cette époque, j’ai réalisé que j’avais un instinct pour saisir ce que les autres vivent de l’intérieur. J’ai de l’empathie, même avec les fous. Et puis je sais comment Maud Graham, l’héroïne de Chrystine Brouillet est sortie vivante de chacune de ses enquêtes…

Il y a des jours où cette idée me fait vraiment peur. Une fois ou deux, j’ai fait des cauchemars. Il y a eu quelques cas de gay bashing à New York, au cours des derniers mois. Le propriétaire du Stonewall a été battu par un groupe de jeune près de son bar. Un jeune homme présumé gai a été enlevé par une gang de rue et il a été torturé pendant deux jours. Je ne vous décrirai pas ce qu’ils lui ont fait, l’article que j’ai lu le décrivait en détail, et c’était particulièrement horrible. L’été dernier, je me suis fait attaquer à Barcelone, des petits voleurs, ils n’ont pris que mon argent et se sont amusés à mes dépens. J’ai été quitte pour une bonne frousse. J’ai été surpris, j’ai complètement figé. Mais on apprend de ces erreurs, je serai plus sur mes gardes, et puis je suis capable de me défendre.

Et puis il y a des moments où je me dis que c’est des conneries, je me fais des peurs pour éviter de devoir affronter des peurs plus concrètes, plus réelles, et plus enracinées dans ma vie. Du cinéma, pour masquer ces terreur que je n’admets que du bout des lèvres. Ces grandes questions qui me turlupinent : Si je suis insatisfait de ma vie en ce moment, pourquoi ne fais-je rien pour la changer ? Qu’est-ce que je veux, vraiment ? Vais-je attendre d’avoir 89 ans avant de pardonner au passé et de me donner le droit d’avoir une vie ? Et aussi cette grande peur de la mort, et celle de la maladie… Au fond, c’est moi le psychopathe.

to live like this
to live like this par bgKcram, sur Flick

« Pour faire une histoire courte » est un calque de l’anglais «  To make a long story short », l’expression est utilisée couramment au Québec et je l’aime bien.

Alchimie

Je courais sur un tapis d’or et de soie mouillée. Le rouge et l’orange étaient passés. Ne restait que le jaune, au sommet des érables, un jaune luminescent qui s’obstinait contre le ciel terne. Je courais et je me sentais porté par la montagne, bercé dans ses vieux bras de pierre, dans ses vieux bras cassés. Pourtant en m’arrachant du lit, j’ai failli renoncer. Semaine difficile, mauvaise nuit, le ventre en tempête. Le Mont-Royal a beau n’être qu’une simple butte. Il y a des matins où je le vois imprenable, comme l’Everest.

Puis en descendant par les rues étroites du Mile-End vers la Main, je partageais le trottoir avec John, sans parler. Je sentais en moi cette flamme qui se rallume parfois, quand on court au-delà, de l’autre côté des douleurs et des peurs quotidiennes. Nous allions rejoindre le groupe au Bagel’s. Le restaurant était bondé, comme toujours. Mélange de bohèmes, de hipsters et d’Anglo de souche. Je me suis retrouvé à une table avec le Cow-boy et d’autres Anglos, entre les vieux murs de brique et l’odeur du café. Ils savent que je veux apprendre l’anglais alors ils ne me font plus de cadeaux.

Je balbutie et j’enrage. Je perds des pans entiers de la conversation. Je parle sans aplomb, comme un enfant qui se doute bien que le mot n’est pas le bon et qui en invente quelques-uns au passage. Je n’ai d’autres choix que de plonger. L’énorme valise trône déjà sur le tapis du salon. Passeport, formulaires, guide de voyages s’accumulent sur le bureau. Le rêve de la Grosse Pomme devenu réalité m’intimide. Mais ce qui me trouble le plus, c’est que les nuées de peurs que je connais, celles qui me harcèlent depuis des années, ne semblent plus avoir de prise sur ma destinée. Elles me piquent, sans arrêt, comme des moustiques sur un taureau. Mais je sens bien qu’elles ne m’arrêteront plus. Je suis parti, déjà, de l’intérieur. Dans sa robe de soie dorée, même la montagne est derrière moi. Ces peurs ne font plus le poids devant le vide de l’inconnu.

Light through the Fall Colours
Light through the Fall Colours par MAJebara, sur Flickr

Le Minotaure

La vie m’amène à croire que chaque geste que nous posons se répercute à l’infini dans nos vies. Comme dans une machine à boule. Chaque pas nous ouvre et referme de nouvelles perspectives. La bille rebondit, les lumières clignotent, les pièges sont nombreux. La vie est un dédale, mais le temps est compté. Rien n’est innocent.

Theseus Minotaur Ramey Tuileries

Je choisis finalement de ne pas revoir le Minotaure, sans trop savoir comment je parviendrai à couper les ponts avec lui de façon définitive. Peut-être suis-je parfaitement stupide. Je trace peut-être une croix sur ce qui aurait été La baise de ma vie. Mais bon, La baise de ma vie ne pèsera pas bien lourd à l’heure de ma mort. La réalité nous réserve souvent des surprises quand elle se décide à dépasser la fiction. There are plenty of fish in the sea. Les bons amants ne courent pas les rues, mais je suis certain que j’arriverai à en dénicher en cas de besoin, en fouillant un peu.

Je vais probablement passer bien des soirées, seul à me morfondre. Je vais broyer du noir, peut-être me maudire. J’écris un peu ce billet pour prendre les passants à témoin et devoir m’en tenir à ma première idée. Les paroles s’envolent, les écrits restent. Je dis adieu à ses yeux de braise qui m’allumaient comme de l’amadou. Je dis adieu à son long corps qui finissait par trembler sous mes doigts. Adieu à cette chaleur, à cette complicité bourrue, à cette belle voix grave que je regrette déjà. Je m’en détourne pour regarder ailleurs. Ça pourra paraître follement arrogant. C’est peut-être un moment d’égarement. J’ai la prétention de mériter d’être aimé, pour de vrai.

Je ne suis pas plus sérieux ni meilleur qu’un autre. C’est juste que j’ai envie de prendre soin de ce désir d’autre chose qui me suit, partout où je vais. J’ai peur de l’oublier si je ne m’en occupe pas. Je vais respirer, m’arrêter juste un peu. Ce n’est que dans le silence et la solitude que naissent les possibles. Il faut leur laisser de l’espace et faire preuve de patience.

L’automne s’est imposé. Je porte la tristesse d’une équipe qui sera bientôt séparée. Chaque soir, des voiliers d’outardes fendent les nuages, chargés de pluie et de parfums, pour disparaître vers le Sud. Bientôt, je partirai moi aussi vers le Sud. D’ici là, je resterai seul, les yeux levés vers le ciel. Je finirai bien par entrevoir une direction dans les étoile. Chaque pas que nous faisons ouvre et referme de nouvelles perspectives. Chaque geste que nous posons se répercute à l’infini dans nos vies.

La tentation

Céder, ou ne pas céder. Ça, c’est une vraie question. Une question de mesure, sans doute. Et la mesure ne fait pas partie de mes qualités.

Le Minotaure revient me tourner autour depuis quelque temps. Quelques courriels, un message sur le répondeur. Il dit que l’on s’entendait si bien, à la ville comme au lit. (Ce sont ces mots à lui.) J’avoue que l’on a des atomes crochus, une chimie assez explosive. Mais l’existence de son conjoint, même s’ils forment un couple ouvert, me refroidit un peu. Et puis, il n’est jamais disponible. Toujours entre deux rendez-vous, il arrive souvent en retard. Il est arrogant, très sûr de lui. Mais il réussit toujours à me faire rire et je finis par tout lui pardonner.

Je sais. C’est clair qu’il se sert de moi. Il ne s’en cache pas. Et moi, je fais de même. Un homme utilitaire, c’est quand même pratique, non ? Et puis, être un objet, ce n’est pas si désagréable. C’est comme être en vacances de la vie. Je me souviens que quand je ressors de chez lui, je suis sur un nuage pour quelques jours. C’est écrit dans la bible : il n’est pas bon que l’homme soit seul. J’ai soif de chaleur humaine.

Après l’aspirant qui était tendre comme un iceberg, ce serait bénéfique pour mon ego amoché. Le Minotaure me regarde comme si j’étais un demi-dieu. Quand il pose les yeux sur moi, je deviens extraordinaire. Son désir me fait exister, pour un instant. Je n’ai pas d’attentes et je n’ai pas peur d’être blessé. Les règles du jeu sont claires. Il est honnête. Mais résister à la tentation me permettrait peut-être plus disponible pour autre chose de plus consistant. Je rêve d’une vraie relation, tendre, enflammée, solide. Je crains de manquer quelque chose si je me laisse aller à des distractions vides de sens, de vérité. C’est la raison pour laquelle je ne l’ai pas revu depuis quelques mois. D’un autre côté, la vie est un jeu et j’ai tendance à me prendre trop au sérieux. C’est la raison pour laquelle je n’ai jamais coupé les ponts complètement avec lui.

L'homme
L’homme par Alecska, sur Flickr

Je calcule. Je mesure les pour et les contres. Céder ou ne pas céder. J’avance d’un pas, je recule de deux. J’imagine ce qui pourrait arriver dans l’un ou l’autre cas. C’est un questionnement qui n’est pas désagréable. L’attente et le fantasme sont souvent les meilleurs moments.

Solide

Desfois, je me demande si je serai assez solide. Ça fait déjà un bout que c’est pas la grande forme. Je me dis que c’est une mauvaise passe. J’attends, j’attends le mieux qui ne vient pas. Et je me demande sérieusement s’il viendra un jour. Maux de tête. Fatigue. Et ces résultats de labo qui ne veulent rien dire, mais qui sont quand même drôlement bas.

Peut-être que je n’ai pas la force qu’il faut. Peut-être que je suis trop fragile pour affronter les fous, les agressifs, les salauds qui pullulent dans le monde. Peut-être que je n’ai pas la couenne assez dure pour jouer, moi aussi, aux jeux de pouvoir, au roi de la montagne. Il me manque des bases. Je clopine. Je me mesure à des coureurs, moi qui suis en béquille. Handicapé du coeur et de la confiance. Il y a un poste qui s’ouvre à Zorro, un poste super intéressant. El Poblano m’en parle, des étoiles dans les yeux. Des collègues, à nouveau ? Retournerai-je dans l’arène avec le patron fou ? Est-ce que ça pourrait me tuer ? Sinon, c’est le grand vide au retour de New York en décembre, encore une fois.

Black Bear
Black Bear par gainesp2003, sur Flickr

Peut-être devrais-je arrêter d’avoir des ambitions, de vouloir faire quelque chose de ma vie qui aurait du sens. Peut-être que je devrais juste prendre mon trou, trouver une jobine pas trop demandante et faire ma petite affaire jusqu’à ce que je m’éteigne, à la fin de ma vie. Laisser libre cours à l’ermite asocial qui sommeille en moi. En ce moment, j’ai des gènes d’ours qui se réveillent. Je dormirais tout le temps. Je voudrais juste me caler au fond de ma tanière avec un écriteau qui dirait : « Ne me réveillez qu’en cas de printemps. »

Les heures précieuses

Ces jours-ci, je rêve. Je sais, tout le monde rêve à chaque phase de sommeil paradoxal, mais, depuis des mois, je me réveillais sans en garder aucun souvenir. Pourtant je voudrais bien lever le voile sur les tempêtes intérieures qui me secouent. Mon voisin a commencé une nouvelle formation en cuisine et il se lève à 5 heures tous les matins. Comme les murs sont en carton, ses pas dans le couloir me réveillent. Dans l’obscurité de la chambre, les rêves flottent encore. Dans ce temps suspendu entre la nuit et le jour, j’essaie d’en capturer des lambeaux. Et même si je ne comprends pas tous, j’en devine la sagesse et je sens que ces images me transforment, de l’intérieur.

J’ai fait des rêves où j’emménage dans un nouvel espace avec l’impression que c’est pour de bon. Je m’implique, je décide, je choisis les meubles afin que le lieu me ressemble. Et j’ai le sentiment très clair que cette fois, je suis arrivé, que je suis chez moi. Juste avant de m’éveiller, j’ai rêvé d’une journée ensoleillée. J’apprenais que mon ex était mort. Je devais revoir ses parents, sa famille, son conjoint actuel. Ça me mettait très mal à l’aise. Mon voisin est sorti et a refermé sa porte. Je l’ai entendu dévaler l’escalier. Je me suis rendormi.

Dans l’avant-midi, je me suis mis à écrire une lettre à l’ex. Les mots sont mon armure et ma prison. Les années que j’ai passées avec lui représentent quand même le quart de ma vie ! Il n’est pas simple de résumer plusieurs années de silence en quinze lignes. Le travail, les amours, les amis. Comment évoquer que je comprends le malaise qui peut subsister quand une histoire se termine en catastrophe ? Comment demander des nouvelles sans quémander ? Cette longue journée de vendredi s’est achevée, enfin. J’ai trouvé la force ou l’hébétude de débouler jusqu’au gym.

365/274  Finally a real fall day
Finally a real fall day par justmakeit, sur Flickr

En rentrant le soir, j’avais manqué un appel du Grand qui soupait avec GP et qui aurait voulu que je les rejoigne. J’ai mangé un plat froid dans le frigo. J’ai mis de la musique. J’ai regardé sur Facebook si mon voisin était chez lui. On n’aurait pu prendre une bière. Il est gentil, mon voisin. Il n’y était pas. L’avantage principal du gym est ce bien-être intense qui nous envahit dans les heures qui suivent. Je me suis étendu le lit et j’ai regardé le vide au-dessus de moi où flottaient les rêves. J’ai décidé de ne pas terminer la lettre. Je suis contre l’acharnement thérapeutique. L’ex n’est pas un ami, c’est tout. J’ai choisi d’être seul, et c’était la bonne décision, puisque c’était la mienne. Même si parfois c’est incroyablement difficile, même si ça me fait peur, même si parfois c’est douloureux, c’est ce qui est ma vie. Les moments de solitude recèlent parfois des filons d’or pur. Et si un jour il veut donner des nouvelles, il me trouvera bien. Je dois laisser aller le passé. Je commence juste à comprendre ce que je veux de la vie. Suffit de garder le cap. Et je dois arrêter de me servir de mon voisin comme d’une bouée, ce n’est pas vraiment chic pour lui.

Les Heures précieuses est un film québécois réalisé en 1989 par Marie Laberge et Mireille Goulet

Compte à rebours

Prenez garde aux rêves que vous partagez, il risque de se réaliser.

Malgré le creux de vague actuel et cet automne moite et glacé qui tombe sur la ville, le temps avance à grandes enjambées. Et tout ce que j’ai mis en place pour que le voyage se réalise commence à porter fruit. De semaine en semaine, les détails s’accumulent, le projet se concrétise. Un biscuit chinois me l’avait dit : « Votre dur labeur sera bientôt récompensé. All your hard work will soon pay off. » Un biscuit chinois, bilingue en plus, ça ne sait pas mentir. Et j’ai gardé le bout de papier sur mon bureau, pour les jours de doute.

J’ai trouvé une chambre dans Queens. Mon futur colocataire, déniché sur Craiglist, s’appelle Michael. Il a deux bergers Shetland et pratique le kayak de rivière. J’ai reçu la lettre de confirmation de l’école et le formulaire I-20 pour passer la frontière en tant qu’étudiant étranger. Le cow-boy va me prêter sa plus grande valise. Presque tout est déjà payé, à part la carte mensuelle pour le métro et la bouffe. Les semaines de gros stress et de découragement (quand rien ne voulait débloquer) ont laissé la place à une surexcitation puis, maintenant, à un calme fébrile. Comme le trac d’une veille de Noël heureux. Je compte les jours. In about 30 days, I will be walking in the streets of New York.

« … All this summer I knew that I’d be coming out here but somehow the idea wasn’t quite real. It’s just as well that I didn’t spend too much time thinking about it because nothing would have prepared me. L.A. si something else… »

Bret Easton Ellis, Letters from L.A.

Alone in New York from Giuseppe Vetrano on Vimeo.