All by myself
Plus que 5 nuits avant le départ. Je suis dans un drôle d’état, surexcité. Je ne sais pas si j’ai peur. J’essaie de faire des contacts à NYC. El Poblano et Jean-Christophe m’ont convaincu que les sites de rencontres pouvaient être utiles. Me revoilà donc avec un masque de pixels et en version anglaise. And when I say I’m french canadian, everybody tell me « Like Celine Dion ! » Qu’on l’aime ou pas, on ne peut pas nier que Céline a mis le Québec sur la map. J’ai fait une liste de tous les numéros de téléphone d’urgence : l’école, l’assurance médicale, visa, etc.
Actually, I’m totally afraid. J’ai passé ma vie dans une coquille où j’étais très heureux d’être à l’étroit. Je suis le champion des coquilles. Le nacre des idées préconçues, la rigidité des cadres. J’aime bien faire le fier, m’éloigner de deux pas de l’entrée et faire des grands gestes pour que tout le monde me voie. J’ai besoin de reconnaissance. Mais je suis le premier à me précipiter à l’intérieur dès le premier grain de pluie ou dès que les choses ne tournent pas comme je le voudrais. Me retrouver seul, loin de mon île et de mon cocon risque d’être difficile, mais j’espère aussi que ce sera libérateur. Ce soir, je commence à remplir la grosse valise que le Cowboy m’a amené.
J’aime l’énergie et le rythme de NYC. Cette façon de se prendre très au sérieux, avec une distance et un humour décalé. Cette impression d’être au centre d’un monde qui court à sa perte à une vitesse folle et cette humanité, multiple, comme un jupon qui dépasse sous la réserve et la froideur. Je vais m’y sentir comme un enfant. C’est la magie des voyages, se retrouver soudainement complètement libre de son passé et des perceptions que les autres ont de nous-mêmes. Être un peu sonné par le dépaysement, se retrouver face à soi-même et s’apercevoir que l’on respire bien, hors de sa coquille. À partir de là, everything is possible. C’est à la fois merveilleux et terrifiant.
The East River from Roosevelt Island par David Reeves, sur Flickr







