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Billet avec le mot-clef ‘autres’

Remontée

Le samedi soir, je suis à court de mots, ma gorge est sèche, mon souffle, court. J’aurais envie de silence. Ma peau cherche désespérément une trace de chaleur. La nuit reste glacée. Je me répète. Parfois, j’en ai assez de dire ces douleurs, de leur laisser le devant de la scène.

J’ai toujours du mal à trouver un équilibre. Toute la semaine, je me démène pour les autres. J’écoute. Je pense à tous les détails. Je donne le meilleur de moi-même. J’arrive chez moi et je n’ai plus d’énergie pour dormir, pour manger, pour entretenir les lieux. Chaque pas me semble démesuré. On dit : « Tu traverseras le pont, quand tu arriveras à la rivière. » Même quand je ne vois pas la rivière, je ne peux m’empêcher de penser au pont, à ses matériaux, à sa structure. L’hiver devient un tunnel dont je ne vois pas la fin. Un pas, un autre pas. Jusqu’où pourrais-je continuer ?

Je rêve d’un appui. D’un être humain qui saurait entendre, quelqu’un qui aurait le temps et de la paix à partager. Je suis entouré de voix qui exigent d’être entendues, de mains tendues, de regard qui demandent. Dans la solitude et le silence, je suis autosuffisant. Je vivrais bien seul en forêt ou sur le bord d’un lac. Mais coincé dans la foule, la solitude devient lourde à porter

Je me demande si j’ai fait les bons choix. Ma vie serait-elle plus douce si j’avais agi autrement ? J’essaie de ne pas trop y penser. L’irrémédiable me fait peur. Et imaginer un bonheur manqué me fait mal. J’ai fait les choix que j’ai faits au meilleur de mes capacités. La page blanche se remplit pendant que mon esprit se déleste. Je respire plus librement. Mes fins de semaine ressemblent à de longues remontées à la surface. Les images remplacent les mots. Et je sens le sommeil qui engourdit mes doigts.

Iceland - Barðaströnd - Arctic Tern
Iceland – Barðaströnd – Arctic Tern par dibaer, sur Flickr

All by myself

Plus que 5 nuits avant le départ. Je suis dans un drôle d’état, surexcité. Je ne sais pas si j’ai peur. J’essaie de faire des contacts à NYC. El Poblano et Jean-Christophe m’ont convaincu que les sites de rencontres pouvaient être utiles. Me revoilà donc avec un masque de pixels et en version anglaise. And when I say I’m french canadian, everybody tell me « Like Celine Dion ! » Qu’on l’aime ou pas, on ne peut pas nier que Céline a mis le Québec sur la map. J’ai fait une liste de tous les numéros de téléphone d’urgence : l’école, l’assurance médicale, visa, etc.

Actually, I’m totally afraid. J’ai passé ma vie dans une coquille où j’étais très heureux d’être à l’étroit. Je suis le champion des coquilles. Le nacre des idées préconçues, la rigidité des cadres. J’aime bien faire le fier, m’éloigner de deux pas de l’entrée et faire des grands gestes pour que tout le monde me voie. J’ai besoin de reconnaissance. Mais je suis le premier à me précipiter à l’intérieur dès le premier grain de pluie ou dès que les choses ne tournent pas comme je le voudrais. Me retrouver seul, loin de mon île et de mon cocon risque d’être difficile, mais j’espère aussi que ce sera libérateur. Ce soir, je commence à remplir la grosse valise que le Cowboy m’a amené.

J’aime l’énergie et le rythme de NYC. Cette façon de se prendre très au sérieux, avec une distance et un humour décalé. Cette impression d’être au centre d’un monde qui court à sa perte à une vitesse folle et cette humanité, multiple, comme un jupon qui dépasse sous la réserve et la froideur. Je vais m’y sentir comme un enfant. C’est la magie des voyages, se retrouver soudainement complètement libre de son passé et des perceptions que les autres ont de nous-mêmes. Être un peu sonné par le dépaysement, se retrouver face à soi-même et s’apercevoir que l’on respire bien, hors de sa coquille. À partir de là, everything is possible. C’est à la fois merveilleux et terrifiant.

The East River from Roosevelt Island
The East River from Roosevelt Island par David Reeves, sur Flickr

Les heures bleues

Les nuits resserrent leur emprise sur le jour. Les matins et les soirs se barbouillent de bleu. J’ai plus de mal à sortir du lit aux aurores parce que rester lover sous les couvertures est devenu un plaisir trop grand. Je me barricade dans cette bulle tiède, entre les draps. J’ai toujours aimé les temps suspendus, ces instants où je flotte entre deux eaux.

Parfois, il faut arrêter de réfléchir. C’est ce que je me répétais l’autre jour en retournant m’entraîner au stade. Ne pas réfléchir et se laisser surprendre par les petits plaisirs qui jalonnent la route. L’habitude de fréquenter le gym s’est doucement incrustée dans ma semaine. Je ferai la même chose pour le voyage à New York, sauter à l’eau. Oublier les psychopathes et les escrocs et se dire que la majorité des gens peuvent être gentils.

Le charmant Jardin où j’ai travaillé tout l’été met à pied toute l’équipe avant la fin de la saison parce qu’il n’y a plus de budget. Officiellement, les employés sont mis à pied par « manque de travail », ils ne peuvent pas justifier qu’un contractuel poursuive le travail. Je suis donc jeté avec l’eau du bain. Mon contrat qui devait s’étirer jusqu’en novembre se terminera abruptement plusieurs semaines plus tôt que prévu. Je prends ça avec beaucoup de zénitude. Il y a de la frustration, mais elle sourd lentement, sans à-coups. Je me détache comme une feuille à l’automne. Le processus d’abscision est irréversible.

Ça se confirme. À la fin d’octobre, mon train traversera les couleurs et les ombres de la Nouvelle-Angleterre. Je débarquerai à New York, la ville de la démesure, la veille de l’Halloween. Je vais être complètement surexcité. Et j’espère revenir avec plein d’idées dans la tête. Il le faut, en fait, parce que je reviendrai à Montréal sans le sou (ça me coûte une fortune) et avec rien devant moi.

Quand le soleil embrase le milieu de l’été, que le ciel est bleu, mur à mur, j’ai toujours un fond de tristesse qui infuse. Des peines anciennes qui remontent, quand elles devinent la vie trop douce. Je deviendrai très vieux avant d’avoir épuisé ces réserves de souffritude. Alors je préfère les nuances de l’automne, les plaisirs mélancoliques, la fragilité des heures bleues. J’y suis plus à l’aise. Je peux y sourire tranquille.

blue hour
blue hour par Will Montague, sur Flickr

Le bunker

Il y a neuf ans, tonnait le 11 septembre. Désormais, personne ne serait plus à l’abri. Écroulées, les illusions, les certitudes. En cendres, les velléités d’éternité. La paix n’existait pas. Pour la fin de l’été, j’ai voulu voir la mer. J’en ferai des jolies phrases un jour. Pour le moment, j’en ressasse les mauvais souvenirs. Ça n’a pas été là-bas.

Et je suis fatigué de lutter. Je n’ai jamais eu de talent pour la vie sociale. J’ai pourtant fait des efforts, j’ai posé des gestes. J’ai patienté, j’ai tendu des perches, je me suis remis en question. Adolescent, j’ai traversé des années horribles à l’abri d’un bunker d’encre et de papier. La bibliothèque est devenue mon seul refuge. J’en ai assez de me battre. Je renonce. Je retourne au bunker.

Il avait dit tant de fois qu’il se sentait amoureux. J’ai vécu tout le contraire. Je n’étais pas celui qu’il cherchait et je l’ai payé cher. J’ai encaissé la haine et l’indifférence cachées dans les gestes, pris dans des jeux de pouvoir, voilés de mots rationnels et de bon sens. Je croyais être plus solide. Je m’en veux de ne pas avoir vu les signes, de ne pas avoir écouté mes doutes qui étaient là, évidents, dès les premiers instants. Je voulais voir la mer. Je suis revenu démoli, plus seul qu’avant. Je me sentais repoussant, idiot, incapable.

Le demi-marathon derrière moi. Mon projet de voyage prend l’eau. C’était un peu irréaliste de compter sur la bonté des gens, sur le bouche-à-oreille et sur les réseaux d’amis. New York est une ville monstrueusement gigantesque et je n’ai pas réussi à en trouver la clef. Je suis sur le point d’abandonner. J’ai pensé peut-être me tourner vers Toronto. Mais je n’ai plus envie de refaire toutes ces démarches. Et pourquoi partir alors que je n’aurai même pas d’emploi à mon retour ?

Tombés les projets, je retourne dans mon bunker. Travailler pour payer le loyer, manger, dormir et lire. Je vais courir parce que c’est un facteur d’équilibre qui m’empêche de sombrer. Je vais courir comme on promène un chien. Sinon, je dévore des livres jusqu’à ce que la tête élance. Quelques hublots pointant sur le monde : la radio qui babille, les soliloques de Twitter et de Facebook. Il y a les grands arbres du parc qui regardent passer les saisons, impassibles. Ils me servent de repères, de bouées lumineuses dans cette tempête qui présage celles de l’automne.

Ground Zero, New York City. October 26, 2001.
Ground Zero, New York City. 26 octobre 2001. par Rob Sheridan, sur Flickr

Pourquoi j’écris

Je m’accroche à l’écriture, malgré tout. Et j’y reviens toujours, même si j’y suis infidèle. Voici maintenant le top 5 des raisons pour lesquelles j’écris :

5. Pour apprendre à écrire.
La langue est un outil puissant, capricieux, doté de possibilités illimitées. Et je suis loin de maîtriser le centième de son plein potentiel. Il paraît que c’est en forgeant que l’on devient forgeron.

4. Pour laisser une trace.
Comme le petit Poucet, j’ai toujours peur de ne pas retrouver mon chemin. J’ai souvent le sentiment d’être perdu dans ma propre vie. Je me rassure en me relisant et en remontant la suite des évènements, jusqu’au moment présent. Parfois aussi, c’est en relisant un vieux billet que je comprends ce qui s’est passé, des mois ou des années plus tard.

3. parce qu’il y a tant à dire.
En réalité, il me faudrait une armée de petits Poucets dévoués et disciplinés pour ordonner mes pensées et les coucher sur papier ou sur l’écran. Le temps passe si vite. (Encore l’angoisse du petit Poucet qui a peur de perdre des instants, des moments.)

2. Parce que j’y prends plaisir.
Les mots qui s’entrechoquent créent souvent des instants de pure magie. Ils ouvrent des perspectives nouvelles. C’est un jeu dont je ne me lasse pas. Un plaisir intellectuel, par moment, presque physique. Écrire c’est un peu comme faire un jardin. Un travail minutieux, régulier qui demande patience et temps. Un travail dont les résultats étonnent et font croire au miracle.

1. Parce que je ne sais pas parler.
Je pense que je dois être un peu lent d’esprit. Les bons mots ne me viennent pas au bon moment. J’ai besoin de temps, de silence pour clarifier mes idées et faire face à la violence de mes propres sentiments. Mais je me soigne. Et tout en écrivant, j’apprends à parler.

La frontière

Une chanson ancrée dans ma tête, comme un présage. « Pour que l’amour me quitte » répétait Camille à chaque refrain. Quelque chose devait mourir. Quelque chose auquel je m’accrochais bêtement. Pendant ce voyage vers le soleil et la mer, je me suis senti seul comme jamais. Peut-être ai-je simplement levé les yeux pour apercevoir la réalité qui avait toujours été la mienne. J’ai erré à travers les avenues immenses de Barcelone, saoulé de lumière et de beauté. Quand j’ai compris que j’étais seul, définitivement. Ce fut à la fois une douleur et un grand soulagement. Comme si le poids que j’avais sur la poitrine et qui entravait ma respiration tombait enfin. Il y a des moments où il ne faut pas se retourner, des relations qu’il faut oublier.

C’était clair dans la phosphorescence de la ville, au-dessus de la mer, le regard piègé par le cristal mouvant des vagues. La plage marquait une frontière que je ne franchirais pas. C’était clair, les deux pieds plantés dans le sable, mes pas perdus dans les empreintes de milliers d’autres. Les mois qui avaient précédé mon départ avaient été épiques. J’avais l’impression d’avoir accompli tout ce que je pouvais. J’étais épuisé. Je n’avais plus de rêves. Par moment, je m’étais dit que je n’allais pas revenir. Plus rien ne me retenait. Pourquoi ne pas nager dans cette mer placide, le théâtre bleu des aventures d’Ulysse ? Pourquoi ne pas nager droit vers le large ? Et disparaître. Cependant, malgré les déceptions, malgré la violence de l’indifférence, malgré la misère qui me colle trop souvent au cœur, je ne pouvais pas risquer de manquer ce qui pouvait advenir.

Même dans les bas-fonds, dans le brouillard le plus sombre et le plus opaque, se cachent des moments uniques, irisés de plaisir. C’est l’idée à laquelle je me suis agrippé, sans réfléchir, guidé par ce qui ressemble à un instinct de survie. En me répétant que je voulais rendre justice à ces moments, les polir, les sertir et rester embusqué pour mieux me saisir des prochains. Puis ils sont venus. Ils m’ont soufflé à l’oreille de m’accrocher encore un peu. Il y a eu ce sentier sur les falaises de la montagne sciée et la vue vertigineuse qui s’ouvrait sur la vallée, au pied de Montserrat. Il y a eu ce regard torride de Ruben, croisé une nuit sur la plage Bella Mar, son corps brun accroché aux rochers, au bout de la jetée, pendant qu’il contemplait la ville. Et mes lèvres qui répétait « tinc sort » après avoir goûté sa peau. Il y a eu souvent, le matin, le jeu des vagues tièdes qui soulevaient mon corps et qui le berçaient, inlassablement, pendant que des gitans chantaient sur la plage.

tinc sort : J’ai de la chance (selon mon dictionnaire français/catalan).

La fin du monde

Si la fin du monde était prévue dans une semaine, que feriez-vous de vos sept derniers jours ? Cette question me taraude. J’ai beau la retourner dans tous les sens, je ne parviens pas à trouver la réponse qui lui clouerait le bec.

Il me semble clair que je ne retournerai pas travailler à Zorro & Co. Même si j’ai épousé la cause, les bras grands ouverts, le mariage bat de l’aile. Le respect des êtres humains, quels qu’ils soient (employés, bénévoles, clients) est pour moi une condition non négociable. Et dans cette boîte, on a depuis longtemps perdu le souvenir de cette valeur. J’ai vécu des expériences intéressantes. J’ai dû m’aventurer hors de ma zone de confort pour animer un groupe de discussion sur l’érotisme. Un défi salutaire et une expérience étonnante. J’ai adoré être le témoin du cheminement et de la connivence entre ces hommes. J’ai peur de regretter et de ne pas retrouver quelque chose d’aussi fort. Mais s’il ne restait que sept jours, je crois que je serais content de l’avoir fait sans avoir besoin de répéter l’expérience. Je préférais prendre sept jours pour en faire le récit.

J’ai tellement besoin de vacances, que je doute de ma capacité à trouver des réponses claires. S’il ne restait que sept jours avant la fin du monde, je prendrais n’importe quel train pour aller rejoindre la mer. Et je passerais de longues journées sur la plage à regarder les vagues faire rouler les cailloux. À respirer le vent qui vient de loin. À contempler les éléments se chamailler, au-dessus de l’horizon. Après quelques jours, je m’ennuierais peut-être et je partirai à la découverte de la côte. J’aimerais marcher dans des sentiers entre dunes, mer et montagne.

Le soir, sur le ciel couvert, je remarquerais les reflets des lumières de la ville. New York, au loin, peut-être. Quelques jours de marche et j’y serais. Pendant toute une nuit, j’y ferais la fête. Les rues sont belles après la pluie, quand résonne le rire des fêtards, ivres de fatigue, et que le matin s’amène, plein de promesses. J’observerais la foule s’activer. Puis j’aurais envie, moi aussi, d’entrer dans le courant. Je deviendrais probablement bénévole pour une organisation quelconque. Je veux être utile et j’aime les êtres humains. Je n’aurais pas de titre et personne ne me connaîtrait. Et je tisserais toutes ces expériences dans une courtepointe de mots.

Chaque matin, j’irai courir dans Central Park, dans les bras de la ville qui s’éveille. Je ferais partie d’un club parce que bouger est un plaisir trop grand pour ne pas le partager. Je garderais cependant beaucoup de temps libre pour écrire, méditer, flâner, observer les gens dans les cafés, écouter les musiciens de rue. Je profiterais des derniers jours pour organiser une fête où j’inviterais des amis qui ne se connaissent pas. Moi le « pas trop social », j’aime bien jouer les entremetteurs. Avec des bouchées pour contenter tout le monde, de la musique, et un service impeccable. Puis, une fois les préparatifs terminés, vivre intensément chaque instant, capturer chaque sourire.

Il y a toujours des vagues de défaitisme qui se lèvent quand je me laisse ainsi aller à rêver. Mais elles ne résistent pas à cette chaleur inhabituelle du soleil d’avril. À la cime d’un tilleul, le chant net d’un cardinal me ramène à l’essentiel, la douceur de la brise, le gazon doré où s’affirme le vert. Toutes ces heures devant moi qui débordent d’occasions, de carrefours et de possibles. Et le plaisir que j’ai, en ce moment même, à ordonner les mots.

Ils iront mieux

Je me sens malade, alors cette note sera brève. Il y a eu l’histoire de ce couple au centre de dépistage. Cet homme devant moi pendant que son chum se faisait dépister dans le bureau d’à côté. Le cri lancinant qui enflait de l’autre côté du mur. Ses yeux affolés. T’es certain que c’est lui qui est là, de l’autre côté ? Il était certain. Mais je voyais déjà ses yeux qui s’éloignaient sans quitter les miens. Il tombait dans un gouffre. Je les revois, quelques heures plus tard, enlacés sur le trottoir au coin du boulevard René Lévesque. Leurs sanglots sourds au milieu de la foule indifférente. Le ciel uniformément gris. Il y a eu El plobano qui pense que son couple est une histoire du passé et qui réalise qu’il est affreusement seul dans un pays qui n’est pas encore le sien. L’eau qui affleure dans ses grands yeux. Des yeux de petits Poucet perdus dans la forêt noire. Il y a eu Ben qui raconte qu’il a voulu mourir tant de fois, au cours des années. Il y a eu Dan qui ne voit plus que du noir.

Même si je suis un blogueur (forcément nombriliste), toutes ces histoires me secouent de l’intérieur, alors que je dois me montrer solide, inébranlable parce qu’ils ont besoin de moi. Hier, j’ai revu le couple. Trois semaines plus tard, ils vont vraiment beaucoup mieux. Ils étaient calmes et même si une certaine tristesse mêlée de peur rôde encore autour d’eux, ils sont bien accrochés à un futur possible. El poblano a décidé de se battre pour son couple. Il ne baissera pas les bras avant d’avoir tout essayé. Ben sourit quand on lui fait remarquer tout le chemin qu’il a parcouru. Et Dan par moments, entrevoit la lumière.

Ils vont mieux…

À un certain moment, j’ai eu peur que ça n’arrive jamais, mais c’est ce qui est arrivé. Moi, par contre, je suis complètement vidé. J’ai eu du mal à dormir, pris dans mes tempêtes. Les changements de températures, la fatigue et le stress m’ont affaibli. Et un vilain rhume printanier en a profité pour me sauter dessus. Je retourne me coucher en me disant qu’il faut que j’apprenne à faire confiance à la vie et que je me souvienne qu’ils iront mieux.