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Billet avec le mot-clef ‘blogue’

Pourquoi je n’écris pas

J’imite Tchendoh avec ses Top 5 en « point form ». Je n’ai pas pu m’empêcher de m’étendre sur de longs paragraphes, mais quand même, l’idée de base est là. Voici donc le Top 5 des raisons pour lesquelles je n’écris pas :

#5 : Je me torture devant l’écran et rien ne vient.
J’ai fait ça longtemps, en toute bonne foi. Mais j’ai tendance à penser que c’est contre-productif. Le travail d’écriture ne se fait pas les doigts sur le clavier et les yeux vissés sur l’écran. L’écriture se déclenche quand je regarde passer les nuages et qu’un parfum fait remonter un souvenir. Elle se construit la nuit, dans mes rêves. Elle embraye et s’emballe lorsque j’aperçois un couple qui s’embrasse dans le métro, ou un enfant qui pleure dans l’allée des céréales. Quand ça ne sort pas, mieux vaut faire autre chose. J’ai donc choisi de me plier désormais à la règle des Non-blogueurs (un blogue que j’aime bien) : De pression ni d’obligation à bloguer tu ne te mettras.

#4 : Je boude.
Quand j’ai commencé à tenir un blogue, j’en avais assez de tourner en rond entre les marges de mon journal intime. J’avais envie de sortir de ma zone de confort, de dépasser mes limites. Souvent, ça a fonctionné. Et par moment, je débordais d’enthousiasme. J’en suis venu à croire que bloguer allait changer ma vie. Mais le concept du blogue n’est pas magique. Comme je peux relire mes anciens billets, je peux aussi constater qu’il m’arrive encore de tourner en rond. Tout ça parce que je n’ai pas toujours la force de reconnaître mes sentiments et de les mettre en mots, peu importe le médium. Être honnête envers soi-même sera toujours la chose la plus difficile qui soit. Je constate parfois, en relisant les billets des archives, que je radote et que je me complais dans de vieux patterns. Quand je réalise que ça m’a pris deux ou trois ans à comprendre quelque chose, ça m’enrage. Et quand je suis enragé, je boude.

#3 : Je lis.
Il y a eu plusieurs périodes dans ma vie où j’ai mis la lecture de côté. Chaque fois, quand je retombe dans les livres, je n’arrive pas à comprendre comment j’ai pu m’en passer. C’est littéralement voluptueux de s’abandonner aux mots et de se laisser glisser dans l’univers d’un autre. Il n’y a que la fiction qui permet ça (ou peut-être l’autobiographie, qui est de la fiction qui se prend trop au sérieux). Je lis en ce moment mon premier roman en anglais. Swish, My quest to become the gayest person ever and what ended-up happening instead, de Joel Derfner. C’est drôle, tendre et caustique. Ça donne envie d’être gai, de prendre la vie à bras-le-corps et de faire des folies.

#2 : Je baise.
Je n’ai pas d’imagination, vous vous en doutez bien. Alors, il me faut expérimenter. Comme les amants sur lesquels je tombe ne sont pas tous italiens (everybody knows : italians do it better), il faut que j’en passe quelques-uns avant d’avoir quelque chose d’intéressant à raconter. Je ne suis quand même pas pour raconter les mauvais coups.

#1 : Je suis allé jouer dehors.
Le ciel bleu et le grand air sont l’antidote parfait à la cyberdépendance qui manigance pour prendre le contrôle définitif de ma personne et pour avachir mon corps athlétique. Elle est tenue en échec, en ce moment, par un printemps qui décoiffe. Sachez-le ! Si vous arrivez ici et que vous tombez pour la septième fois sur le même billet, profond, tourmenté et larmoyant, c’est que je suis quelque part sur un trottoir, les Vampire Week-end dans mon iPod, et que je souris, sous le soleil.

P.-S. Il arrive aussi que tout ce que je trouve à dire peut tenir dans moins de 140 caractères. À ce moment-là, je tweete sous le nom de KZmontreal.

Le repaire

Tout au bout du champ sur la ligne d’horizon, commençait la forêt. Les premiers arbres marquaient la limite de mon territoire d’enfant. Avec les kids du voisinage, on s’était fait un camp de base dans un énorme buisson avec des passages et des espaces fermés d’où l’on pouvait observer les alentours. On y trouvait deux grosses pierres pour s’asseoir et une cachette pour les trésors. C’était un repaire, un lieu de rendez-vous, le point de départ des piques-niques et de toutes les aventures. Une façon d’apprivoiser l’espace et d’apprendre à se faire une place dans le monde.

Je voudrais que ce blogue soit un repaire en son genre. Chaque jour, il est ma porte d’entrée sur l’univers virtuel. Je suis en train de me familiariser avec le visuel. Il me reste pas mal de travail à faire dans le code. Je ne me souvenais plus à quel point ça pouvait parfois être compliqué. La bannière actuelle n’est pas au point, elle manque d’équilibre. Sur chaque page, il y a encore plein de trucs à franciser et à fignoler. Les blocs de la colonne de droite tourneront du noir au gris ardoise. Le premier billet (featured note) sera mis en évidence dans le haut de la page d’accueil et ce texte occupera toute la largeur. Les billets suivants resteront comme ils le sont, sur deux colonnes, ce qui enlèvera un peu d’importance à l’ordre chronologique. Malgré les erreurs, les défauts et les maladresses, je suis content et plutôt excité, parce que c’est moi qui ai arrangé le décor.

Je voudrais consigner dans mon repaire des traces des saisons qui passent, l’odeur du gazon frais coupé et celle de la neige, le chuchotement du vent dans les pins et le ronronnement de la ville. Je veux y coucher mes états d’âme, mais aussi y échafauder des idées. J’y mettrai même des recettes de cuisine végétarienne. Si vous en avez envie, sortez les couvertures et imaginez-vous autour d’un feu de camp en écoutant la femme en or qui chante dans la troisième boîte de la colonne de gauche. Vous êtes toujours les bienvenus pour exprimer vos réactions, vos désaccords, vos impressions ou vos interprétations. Je vais travailler à améliorer la page Liens qui présente ma blogosphère. J’y noterai, quant à moi, des dialogues et peut-être même des histoires. Je suis paresseux, je me complais dans l’autofiction sans oser m’extirper des ornières confortables de ma propre vie. J’ai peur de me casser la figure si je sors de mes sentiers battus, mais je veux que cette face cachée soit le lieu de toutes les expériences.