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Billet avec le mot-clef ‘chanson’

Les amours refusées

J’ai assisté au lancement du premier album de David Giguère avec El poblano. Il y a une semaine, j’ignorais tout de cet artiste. Cinq minutes avant d’arriver au National, je ne me souvenais même plus de son nom. « David comment, déjà ? ». Je ne l’oublierai plus. J’ai été complètement séduit. Par l’homme, sa présence sur scène, sa poésie inventive. Séduit par ses musiques qui ont soulevé la foule. Séduit aussi par la simplicité et la générosité de David Giguère et par l’amour féroce que l’on devinait entre lui, son band et les différents collaborateurs. Un sentiment qui débordait sur les spectateurs tassés dans le petit théâtre National. Poursuivre la lecture

En attendant la suite

« J’imagine que tout est dit puis ce détail me rattrape. Je sais des mots pour nous sauver l’envie, mais sur eux je dérape. »

J’entends parfois ces mots résonner quand je lance ma liste appelée « Hop-la-vie ». Des chansons sélectionnées pour contrer le blues ou l’angoisse. Des refrains qui me font sourire.

Il y a désormais ces plages de temps libre laissées par le projet du marathon. Finalement, je l’ai regardé passer du trottoir, près du kilomètre 39, à applaudir comme un défoncé pendant des heures, les yeux humides d’admiration pour tous ces gens ordinaires qui décident de devenir des héros, le temps d’une saison. Je ne comprends pas encore comment je me suis blessé. J’ai tendance à tout vouloir tout mener de front. J’en ai probablement trop fait. Qu’importe, je reviens toujours ici. Poursuivre la lecture

Du fin fond des nuages

Parfois, les mots sont inutiles. Souvent, la nuit, j’erre, seul sur la toile, en quête, de quelques mots, d’un message, d’un clin d’œil, d’un signe. La nuit dernière, quelqu’un avait lancé cette chanson sur le mur d’un ami.

Short notes

Musique : Love is a Shade (2009) par joshschroeder (environ 30 minutes de bonheur)

Je sors de ma première entrevue d’embauche en anglais et en français. Je m’étais préparé mentalement à une entrevue rien qu’en anglais. J’ai passé la soirée d’hier avec le Cow-boy. And we spoke English only. Finalement, la consigne était de parler la langue où l’on se sentait le plus à l’aise. La fille qui m’interviewait commençait en français, puis finissait toujours en anglais. Je bredouillais un peu en anglais puis je passais au français. It was so Montreal. J’ai fait une excellente entrevue. Je ne suis pas sûr que cet emploi m’intéresse, mais ce n’est jamais perdu. Je suis content de moi. J’en avais bien besoin. C’est l’hiver dans mon crâne, malgré le soleil.

La dernière fois que j’ai couru avec le club. Je suis redescendu de la montagne aux côtés d’un garçon éblouissant. Ce n’est pas un régulier, mais il se joint au groupe de temps en temps. Je l’ai toujours trouvé craquant, dans le genre inaccessible. Physiquement, il pourrait évoquer l’homme de la lune… avec une dizaine d’années de moins, en plus démonstratif et en plus détendu. Nouveau célibataire selon Hugh. (Il a dit « nouveau simple » pour new single. Cute !) C’est lui qui est venu vers moi, à trois reprises : à cheval sur nos bixis au coin de Saint-Laurent, au point de départ, au sommet. (Et Dieu sait que je peux avoir l’air inabordable et glacial, quand je suis gêné.) Il m’a dragué de façon assez directe et m’a demandé au milieu de la pente si j’avais un copain. Mon ego a esquissé un sourire en coin, du fond du troisième sous-sol. Depuis, je trouve toutes les raisons du monde pour me convaincre que c’est impossible. The cow-boy played my therapist. J’ai peur du rejet. J’ai peur de la souffrance. C’est normal, non ? No risks, no rewards, qu’il m’a dit. Là-dessus, il est pareil comme moi. Pendant l’entrevue, ils m’ont demandé : how do you define an harm reduction approach ? Quelque chose de personnel et d’individuel. Chaque être humain doit élaborer ses propres stratégies en fonction du niveau de risques qu’il est prêt à assumer. Éliminer les risques est impossible. Mais il y a toujours moyen de les réduire. Je suis fragile en ce moment.

J’ai des voisins fous qui vivent barricadés dans un appartement bordélique, au rez-de-chaussée. Ils n’ont pas tondu le gazon depuis deux ans. Quand je sors de chez moi, je dois passer à travers des herbes qui m’arrivent aux hanches. Ils nourrissent les chats errants. Alors il y en a des centaines qui rôdent autour. Je vous laisse deviner l’odeur. (J’ai l’impression de vivre dans une litière.) Ils les nourrissent, mais ne vont pas jusqu’à leur payer une stérilisation ou des soins vétérinaires. Résultats : ils sont infestés de puces. Chaque fois que je traverse le champ, j’ai des puces qui me sautent sur les jambes. J’en ai maintenant dans certaines pièces de mon appartement. Je me bats avec ça depuis des semaines. J’ai fait tout ce qui est possible (aspirateur, vapeur, savon, pyrèthrinoïdes de synthèse, pyriproxyfène). J’ai lu tout ce qui s’est écrit sur les puces. J’en fais des cauchemars. J’ai craqué quelques fois et je me suis aspergé le corps de pesticides. Je m’inspecte pendant une heure chaque soir. Il n’y en a pas dans ma chambre, ni dans mon lit. Avec de la persévérance, j’en viendrai bien à bout. One day !



L’orage silencieux du 21 juillet, sur Montréal.The Demon Storm par operatique sur Vimeo.


Comme Josh Schroeder (un garçon vraiment charmant) ne vit pas que d’amour et d’eau fraîche, voici un lien pour télécharger son album sur iTunes :Love Is a Shade. Un 6.93 $ bien investi.

Une semaine en juillet

Une revue hebdomadaire des liens qui m’ont ému, marqué, des billets qui m’ont fait réfléchir et des musiques qui ont coloré mes journées. Voici, sous la forme d’une courtepointe, l’écho de ma vie virtuelle, en cette première semaine du mois de juillet 2011.

Deux solitudes

Pas de raisons de fêter la fête du Canada. Je ne me suis jamais senti Canadien. Même si le Québec n’est toujours pas un pays, c’est à ce pays imaginaire que je me rattache. (Et en tant que travailleur temporaire à la Ville, je travaille les jours fériés.) Mais il y a dans l’autre solitude, de l’autre côté de cette frontière imaginaire, beaucoup de choses que j’aime bien. Alors fêtons les Canadiens plutôt que le Canada. Hugh m’a fait découvrir celui-ci, hier soir sur Facebook : Bon Iver. À écouter longuement…

Laissez-moi danser

Les images du passé me fascinent. Elles tournent en boucle dans mon crâne. Je les magnifie. Et je m’y empêtre comme dans une toile d’araignée. Difficile d’y échapper ; le présent me fait trop peur. Je préfère me jeter vers un avenir hypothétique, une réédition améliorée du passé. À force de les ressasser, ces images se fixent en attentes. Déceptions annoncées. On s’était dit, El poblano et moi, que l’on retournerait au C’est Extra. Dancing Frenchy Jazzy Swing. Des mélodies qui me font rire, des souvenirs d’enfance, et puis c’est bien, parfois, de danser en écoutant les mots.

Montréal est un gros village post-moderne. Et la foule entassée au La Tulipe était constellée de visages connus et de souvenirs. Y avait le beau Karim, un straight Marocain sur lequel j’ai fantasmé pendant plusieurs années (en me disant que c’était sûrement un gai dans le placard). Et dès que je me suis enfoncé dans la foule, je suis tombé sur l’homme de la lune et son ami le Minotaure. J’ai même aperçu pour la première fois le chum de ce dernier que je n’avais jamais vu qu’en photos. Un bel homme dans la soixantaine. Après les avoir salués. Je suis allé rejoindre trois anciens collègues de Zorro et un coureur du club de courses. El Poblano est venu nous retrouver un peu plus tard avec deux amies. Nous avons dansé sur l’un des plateaux de la salle parce que la piste de danse était tellement bondée que c’était presque impossible d’y remuer.
 
Avec un air de reproche, El poblano m’a lancé « T’arrêtes pas de regarder dans sa direction » − « Oui, mais… il est tout seul. » − « Il n’y a rien qui l’oblige à rester tout seul. S’il le voulait, il n’aurait qu’à venir nous rejoindre. » C’était vrai. J’avais fait les présentations entre lui et l’homme de la lune. Ce dernier restait délibérément de l’autre côté de la salle. Pourquoi mon regard était-il toujours attiré dans sa direction ? Peut-être pour tempérer mon imagination. Cette soirée rose bonbon serait le cadre idéal pour des « retrouvailles ». Dès que je détournais le regard, je sentais poindre des espérances. En le regardant, planté de l’autre côté de la salle, indifférent, je gardais à l’œil la réalité.
 
Comme le demi-marathon approche, j’ai décidé de ne plus toucher à l’alcool. J’ai remarqué que l’alcool m’épuise. Je mets trop de temps à m’en remettre. Ces jours-ci, les allergies me maganent suffisamment (habituellement, je n’ai des allergies qu’en fin de saison). Et lors d’une soirée comme celle-ci, chargée de souvenirs et de possibilité, l’alcool attise mes blessures et transforme la moindre éraflure en plaie béante caricaturale. L’avantage d’être à jeun est de pouvoir m’observer plus objectivement. Je constate que j’ai du mal à apprécier ce qui est là devant moi. Un groupe d’amis qui sautillent avec énergie, le sourire collé au visage. Mon esprit demeure obnubilé par ce que je n’ai pas. Ces beaux garçons inaccessibles. Ce couple qui s’embrasse près de la rambarde. Mes dernières histoires de cœur ont été relativement catastrophiques et aucun progrès notable de l’une à l’autre. Il y a quelque chose que je n’ai pas compris.

Nous avons dansé, comme des défoncés. Jusqu’à ce que nos vêtements soient complètement trempés. Nous avons ri. C’était une belle soirée. Je suis rentré vers deux heures du matin en prenant un bixi. Sur le trottoir, j’ai vu le Minotaure et son chum qui cherchait un taxi. Une averse était passée. Le ciel se dégageait. Les rues mouillées étaient désertes. Je chantonnais « le monde entier est un cactus, il est impossible de s’asseoir ». L’air frais m’a fait du bien.
 
 No Ordinary Monkey | !!! After Party
 
The use of travelling is to regulate imagination by reality, and instead of thinking how things may be, to see them as they are. Samuel Johnson

Alexandre

Ce matin, après la longue montée, j’ai fait la dernière boucle au sommet de la montagne. J’ai eu la récompense de courir avec un groupe de pompiers, des pétards (sûrement ceux qui ont participé au calendrier sexy). Le programme d’entraînement porte fruit. Je sens que mes genoux (ma faiblesse) sont plus solides. J’ai terminé la course (10,7 km tout en montée et en descente) sans courbature, ni douleur. Et j’aurai pu courir encore. J’ai l’impression qu’à travers l’entraînement, je développe une relation de confiance avec mon propre corps. Comme si j’apprivoisais un animal, peut-être un peu paresseux, qui a souvent été malmené. Avec lui de mon côté, je sens que je peux aller loin.

Le printemps s’est bel et bien installé. La neige n’en a plus pour très longtemps. Le soleil était resplendissant sur la Main. Et une foule souriante secouait la poussière des trottoirs à l’est de la rue. Ne manquait que de la musique pour que ces instants soient parfaits. Une violoniste et un joueur de banjo s’étaient installés sur la place devant le métro Mont-Royal pour célébrer le temps doux, pendant qu’Amir Khadir prononçait un discours pro-palestinien devant un petit attroupement avec des drapeaux blancs, verts et rouges. Dès que j’ai pris place dans l’autobus qui me ramène chez moi, j’ai remis mes écouteurs pour me replonger dans l’univers d’Alexandre Désilets. Je suis totalement amoureux de sa musique. Le magnifique clip que voici est sorti il y a quelques semaines, il met parfaitement en valeur, les arrangements étoffés et la poésie aérienne de cette chanson. Et c’est la première fois qu’il est lui-même aussi bien filmé. La garde est la pièce titre de son deuxième album. J’avais beaucoup aimé son premier opus. Le second m’a dérouté. Et j’ai mis plus de temps à l’apprécier. Mais depuis quelques semaines, je n’écoute que lui, pendant des heures. J’aime sa voix si particulière, sa poésie et l’univers unique qu’il fait naître par sa musique. Et j’ai vraiment hâte de pouvoir voir la bête sur une scène.