Couleurs végé
Je viens de faire cuire un chaudron de fèves de Lima géantes. J’ai caché le plat au fond du frigo. J’ai mangé l’équivalent de trois portions. Je n’étais pas capable de m’arrêter. J’ai gardé un mauvais souvenir du rôti de bœuf de ma mère quand j’étais petit : gris et interminable à mastiquer. J’avais à l’époque un oncle chasseur de lièvres et de perdrix. Les carcasses fraîchement écorchées m’ont dégoûté. Bref, je n’ai jamais été un grand amateur de viande.
Récemment, pour des raisons environnementales, économiques, écologiques, humanitaires, trop nombreuses et trop évidentes pour que je les nomme ici. (On en trouve une synthèse ici.) J’ai choisi de réduire ma consommation de viande. Je crois que cette réduction peut avoir un impact important sur ma santé. Je mange une ou deux portions de viande par semaine : principalement du poisson, un peu de volaille et parfois du bacon, au brunch d’après-course le samedi matin.
J’ai utilisé le mot « réduire », pas « éliminer ». Mais je suis toujours étonné de la réaction que cela provoque. Le végétarisme (même à temps partiel) suscite souvent des réponses très négatives, presque agressives. Je ne vois pas ce que ça enlève à quelqu’un que je ne mange pas de viande. Est-ce une culpabilité plus ou moins inconsciente devant ce que l’on devine de l’élevage industriel ? Ou un ras-le-bol face aux bien-pensants et à l’obsession de la santé ?
De l’autre côté, je cherche des recettes, des idées de plats sans viande satisfaisants et originaux, et contenant suffisamment de protéines pour soutenir l’entraînement. Et j’ai bien du mal à en trouver. Pourtant la plupart des cuisines traditionnelles sont basées sur des plats sans viande. La viande étant réservée aux jours de fête. Jusqu’à maintenant, tout ce que je trouve est austère, terne, souvent fade et parfois même un peu prétentieux. Comme si se passer de viande signifiait que l’on renonce aux plaisirs. Comme si choisir le végétarisme à temps partiel équivalait à faire une croix sur toutes les valeurs hédonistes. Je ne renonce à rien, je veux juste manger moins de viande. C’est pourtant simple. Mais pour quelqu’un comme moi qui n’excelle pas en cuisine, ce n’est pas nécessairement facile.
Quelques raisons d’adopter les lundis sans viande :





