Skip to content

Billet avec le mot-clef ‘course’

L’homme en cage

Je cours depuis six ou sept ans, je ne sais plus. Plus d’une fois, la course m’a sauvé la vie. C’est en courant dans les bras de l’averse que je me suis redécouvert fort et vivant. C’est en trottant au pied du couchant ou en filant avec le vent, dans ces moments qui n’appartenaient qu’à moi, que je me suis réconcilié avec moi-même. Il n’a fallu qu’un moment d’inattention, qu’un faux pas sous le soleil, la tête ailleurs, pour que je me casse le pied.

Une fracture se recalcifie généralement d’elle-même en quelques semaines ou en quelques mois. Dans le cas du cinquième métatarse, c’est parfois un peu plus long. Le rapport du dernier radiologiste est très clair : deux mois après la fracture, il n’y a aucune trace d’un début de consolidation. Il y a parfois des retards. Poursuivre la lecture

Dissolution

— J’ai passé les 43 dernières années de ma vie à rêver. C’est fou ! Je n’ai fait que ça, rêver. Je n’ai presque rien vécu.
— C’est probablement pour ça que vous êtes ici, aujourd’hui, devant moi… vivant.

Dans mes courses folles entre mon nouveau monde et l’ancien, mon bixi dérapait dans la gravelle fine. Entre le long mur de brique d’une usine et la clôture de maille, j’ai entendu un bruit sec comme un coup de feu. Ça venait du toit de tôle. Quelque chose a rebondi sur le bâtiment, quelque chose comme deux pigeons en plein combat. C’est tombé dans un nuage de poussière, au milieu de la piste, des plumes sombres, quelques dizaines de mètres devant moi. J’ai mis pied à terre. Ce n’était pas deux pigeons, c’était un faucon avec une aile brisée. Poursuivre la lecture

Estropié

J’ai trouvé le truc pour oublier tous ses soucis, physiques ou psychologiques : se briser un os. L’entraînement allait bon train, je m’étais décidé à préparer le marathon pour l’automne 2013. Quelques secondes de distraction, je crois que j’écoutais TYP, The Young Professionnals, et le pied a viré vers l’intérieur. Le poids du corps a déchiré le tendon de la cheville. Complètement, paraît-il. Le dernier métatarse a craqué sous la pression. J’ai crié, boitillé, puis j’ai marché un peu. Au début, ce n’était pas douloureux. J’ai même complété mon parcours en courant 30 minutes sur ma blessure. À quelques semaines du déménagement, je ne pouvais trouver un meilleur timing. Poursuivre la lecture

Le goût de courir

J’ai commencé à courir pour conjurer la mort. Je me sentais couler. Je me noyais lentement dans le silence. Je lisais Guérir de David Servan-Schreiber. Il présentait la course à pied comme un antidépresseur aussi efficace que la médication, sans effets secondaires, mais aux bénéfices nombreux. À l’époque, j’avais un husky qui soupirait d’ennui dans le salon. Je vivais dans une ville morte perdue dans des champs de luzernes, de maïs et de soya. Seul, dans un couple qui s’étiolait. Poursuivre la lecture

La sortie

La vraie vie est dehors. Pour retrouver son fil, il faut s’aventurer hors de nos zones de confort. Il faut risquer d’être aveugle et sourd, de se montrer maladroit et d’avoir mal. Je veux remiser les habits de noces, me détourner des rêves préfabriqués et des constructions de mon esprit. Ouvrir les yeux. Sinon la vie nous passe sous le nez et l’on risque de rater le train.

C’est peut-être la quarantaine. C’est peut-être parce que je viens de regarder en rafales les cinq saisons de Six Feet Under, mais je suis habité par l’idée de la mort. Celle tout ordinaire, qui nous tombe dessus au moment où on l’attend le moins. Poursuivre la lecture

Tour de ville

L’été s’en vient et c’est l’une des plus belles saisons pour visiter Montréal. J’ai toujours considéré que Montréal était la plus belle ville du monde. Plus humaine que New York, plus festive que Toronto, plus chaleureuse que Paris, plus moderne que Rome, plus exubérante que Londres. Et quand je regarde ce tour de ville en deux minutes, j’ai un peu l’impression de revisiter les billets de ce blogue.

Le tour commence au Vieux-Port, là où j’ai sauté dans les eaux du Fleuve lors du Grand Splash. J’y cours aussi en été, même si les vieux pavés sont un peu durs sur les chevilles. En passant par le vieux port, j’accède au Canal Lachine, des kilomètres de presque campagne qui mènent jusqu’à l’immensité du lac Saint-Louis.

Poursuivre la lecture

Bittersweet

Le retour du froid, de la neige et du temps gris après une semaine à 25°C, c’est dur sur le moral. Même si, on le sait, le printemps n’est que remis à plus tard. La canicule finira bien par nous tomber dessus. La fièvre est partie, mais le rhume s’attarde sournoisement. J’ai l’impression de ne pas avoir l’énergie qu’il faut pour résister au froid. Je ne me sépare plus de mes bas de laine.

J’ai découvert Lisa LeBlanc sur scène, hier soir. J’ai été assez renversé. C’est sombre, mais plus j’écoute, plus j’aime. Elle réveille une colère qui se sent trop à l’étroit entre mes côtes. Je lui envie son authenticité. Poursuivre la lecture

Les possibles

Le chômage, ça peut être déprimant. Heureusement, il y a ce printemps incongru. L’hiver devrait pourtant nous réserver encore quelques tempêtes de neige avant de rouler sur ces derniers miles. 23 °C, au moment où j’écris ces lignes, le mercure fracasse des records de températures à Montréal. (Le précédent record était de 18,6 °C le 23 mars 1979.) Outre la météo, je savoure quelques victoires. Mes CD4, trop peu nombreux, se montrent néanmoins vaillants. Poursuivre la lecture