Irréductibles
Soir après soir, jusqu’à la victoire.
25 mai
Soir après soir, jusqu’à la victoire.
J’ai grandi dans un pays où la liberté allait de soi. Un morceau d’Amérique où un amour féroce avait préservé la langue française et où une culture florissait, dans l’adversité. C’était un pays bien plus grand que n’importe quel autre pays. C’était l’hiver, souvent. Les jardins s’y étendaient comme la plaine. Et le fleuve se déployait, si large qu’à partir de Trois-Pistoles on l’appelait la mer. J’étais fier de notre inventivité, de cette créativité qui repoussait sans cesse ses propres limites. J’étais fier, de l’égalité que nous avions établie entre les hommes et les femmes, de notre charte qui interdisait la discrimination en fonction de la race ou de l’orientation sexuelle. Poursuivre la lecture
Dans cette période de grande noirceur où les multinationales dilapident les dernières ressources naturelles, pendant que les droits et libertés reculent un peu plus chaque jour, il ne reste que les mots pour porter le poids de l’espoir. Je suis tombé sur ceux-ci et ils ont ranimé en moi l’idée même du printemps, de notre printemps.
Texte : Hugo Latulippe – Musique : Alain Auger – Design : Étienne Deslières Poursuivre la lecture
17 mai
Le 17 mai est la journée internationale contre l’homophobie. Oui, on a encore besoin d’une journée spéciale pour rappeler que l’homophobie existe et que l’hétérosexisme est une norme implicite dans toute la société québécoise. Bien que la discrimination en vertu de l’orientation sexuelle soit interdite par la charte des droits et libertés, il y a encore une marge entre cet idéal et la réalité concrète de nos sociétés. En particulier dans le milieu scolaire où un grand nombre de jeunes sont quotidiennement victimes d’intimidation, de harcèlement et d’humiliation.
Dans la dernière année, des dizaines d’adolescents en Amérique du Nord ont choisi de mettre fin à leurs jours à cause de leur orientation sexuelle. Des jeunes brillants, sensibles, pleins de potentiel. Ils n’ont tout simplement pas su dealer avec le rejet et les agressions répétées. Selon une étude de Michel Dorais, l’homosexualité est la première cause de suicide chez les jeunes garçon au Québec.
« Fuck you », certains trouveront ce titre vulgaire. Pour plusieurs, toute mention à la sexualité est vulgaire, en particulier lorsqu’elle n’a pas pour but la procréation. (La pornographie est une exception, on la tolère tant qu’elle reste bien cachée et honteuse. Bien sûr, personne ne regarde de pornographie.)
En rangeant un placard, cette semaine, je suis tombé sur mon album de finissant. Je ne sais pas pourquoi je l’ai gardé. Mes années de secondaire II et III ont été un enfer. J’ai mis des années à m’en remettre et cela affectera toujours mon attitude à l’intérieur d’un groupe. Je porterai toujours cette espèce de peur instinctive et cette tendance à prendre la couleur des murs et à me faire invisible.
Je dédie ce clip à mes collègues étudiants de l’époque dans un chic collège privé de Drummondville. Je le dédie aux agresseurs, bien sûr, mais surtout à tous les autres, étudiants, professeurs qui étaient complices par leur silence, leur inaction et leur indifférence. Et un « fuck you » supplémentaire aux Frères de la Charité qui dirigeaient (et dirigent encore) cette institution selon des valeurs chrétiennes. Si je croyais à des conneries comme l’Enfer, je les y enverrais tous, en autobus jaune.
Journée Internationale contre l’Homophobie
Charte des droits et libertés de la personne
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