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Billet avec le mot-clef ‘écriture’

Peau de tambour

Le silence se peuple d’échos. Des volutes de mots qui s’épanouissent avant de disparaître. Le temps se dilate dans l’attente. L’œil averti peut parfois y deviner un sens, une direction. L’agitation se dépose. Les enfants s’endorment. L’espace se dégage, enfin. J’avais besoin de me taire pour un temps. De respirer.

Tous mes projets de novembre sont restés en plan. La vie en a décidé autrement. Plus de course, la fracture refuse de se consolider. J’attends le spécialiste. Plus de projet de roman, j’ai réalisé que j’étais aux portes de l’épuisement professionnel. Et même pas de moustache. Je n’ai voyagé qu’en moi-même. Que des terres inconnues, où il a bien fallu continuer de respirer. Je m’interrogeais sur le sens à donner à ce blogue, quand des pirates se sont emparés de la plate-forme. Ceux-là se prétendaient talibans. Ils ont tout fait sauter, une fois de plus. J’avais réussi à presque tout récupérer grâce à des copies de sauvegardes. Seule la dernière année m’échappait. Mais cette année perdue me faisait mal. J’en avais besoin. J’ai finalement réussi à la repêcher des abîmes de la Toile. Il faut accepter ses limites. Je ne suis pas programmeur.

En prévision d’une prochaine attaque, j’ai déménagé le tout sur un blogue gratuit de WordPress. Au fil des années, j’y ai créé des sites qui sont en ligne depuis, sans problèmes. Le transfert s’est fait en moins d’une demi-heure. J’ai choisi la sobriété. J’ai pris le premier titre qui me passait par la tête : Peau de tambour. C’est le nom d’une couleur de peinture, un blanc cassé que Kurt m’avait recommandé. Un off white pour faire vibrer les mots. Pour lancer des lignes dans l’espoir de toucher, du bout des doigts. Je vous présente Peau de tambour. Tous les billets et commentaires de la Face cachée y ont été déménagés dans l’urgence.

Dans ma bulle

Ces derniers jours, j’ai fait le plein de couleurs vives et de soleil pour les semaines de grisaille qui s’en viennent. Je marche. Je roule. Je photographie. Les yeux grands ouverts. J’ai adopté le gym pour remplacer la course. Un centre sportif à l’ambiance familiale où l’on retrouve de l’aquaforme pour les personnes âgées et une bibliothèque pour les enfants. Et en tant que membre d’Équipe Montréal, l’abonnement annuel m’a coûté une bouchée de pain. Pour m’y rendre, je traverse en vélo les parcs Laurier et Lafontaine. Je m’y sens bien, c’est un peu mon refuge. Le gym est un excellent endroit pour être dans sa bulle. Et quand je sors, après avoir soulevé de la fonte pendant une heure, j’ai le corps lourd, énergisé et particulièrement groundé. Je poursuis la méditation même si mon enseignant est allé parler de bouddha en Californie, jusqu’en décembre. J’aurai besoin de cette routine physique, car le mois de novembre sera passablement exigeant et occupé. En plus de mon travail où j’ai à coordonner dix mille projets (rédaction, médias sociaux, vidéo), je participerai le mois prochain à Movember et NaNoWriMo. Poursuivre la lecture

L’homme en cage

Je cours depuis six ou sept ans, je ne sais plus. Plus d’une fois, la course m’a sauvé la vie. C’est en courant dans les bras de l’averse que je me suis redécouvert fort et vivant. C’est en trottant au pied du couchant ou en filant avec le vent, dans ces moments qui n’appartenaient qu’à moi, que je me suis réconcilié avec moi-même. Il n’a fallu qu’un moment d’inattention, qu’un faux pas sous le soleil, la tête ailleurs, pour que je me casse le pied.

Une fracture se recalcifie généralement d’elle-même en quelques semaines ou en quelques mois. Dans le cas du cinquième métatarse, c’est parfois un peu plus long. Le rapport du dernier radiologiste est très clair : deux mois après la fracture, il n’y a aucune trace d’un début de consolidation. Il y a parfois des retards. Poursuivre la lecture

Le petit poucet

Les souvenirs sont charriés par le vent avec les parfums de l’automne. Ils se déposent en moi ou s’incarnent dans mon présent pour être rejoués devant mes yeux.

Elle est belle ma physiothérapeute avec son sourire gourmand. Sa chevelure est sombre, comme les cheveux de ma mère lorsque j’étais enfant. Mais aujourd’hui, je la sens absente, fatiguée. Je suis inquiet. Les douleurs sont disparues, les raideurs s’atténuent, mais sur les radiographies, l’os ne semble pas se recalcifier. Il est presque impossible de voir la différence entre la première et la dernière radio. Mon médecin, lui, s’en fout complètement. Comme il se fout de mes inquiétudes au sujet du changement de médicaments. Je ne sais plus vers qui me tourner. Je suis à la recherche d’un nouveau médecin. Poursuivre la lecture

Si Gabriel est coupable, je suis complice

Si Gabriel est coupable, je suis complice. Si je dois aller en prison pour conserver ma liberté de parole, enfermez-moi. Si vous êtes le moindrement débrouillard, vous trouverez mes coordonnées auprès de l’hébergeur. La désobéissance civile est légitime contre des lois illégitimes d’un gouvernement corrompu.


Pétition d’appui à la requête en nullité du Projet de loi spéciale 78
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Speak red

Dans la douce langue de Molière, mais avec l’accent de Miron, un carré rouge entre les dents, speak red ! Les jours à venir seront décisifs pour le mouvement de grève des étudiants. Tenons nous debout, ensemble et parlons. Speak red and loud ! Un texte magnifique de Catherine Côté-Ostiguy.

Speak red

Speak red
il est si beau de vous entendre
parler d’équité sociale
et de la jeunesse instruite et engagée qui sortira
un jour de nos universités
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L’héritage de la perte

Je me relève très lentement des attaques de ce virus qui m’a terrassé pendant plus d’une semaine. J’ai perdu du poids. Je suis épuisé. Je dors en lambeaux. Je fais des rêves coup-de-poing. Dans l’un d’eux, je revisite mon enfance. C’est un stationnement, du béton mur à mur, où je suis totalement seul. J’ai beau me déplacer d’un coin à un autre, je ne vois que du vide. Pas le moindre brin d’herbe. Il n’y a pas âme qui vive.

Au fil des années, le temps a aiguisé ma solitude. Elle m’est devenue refuge. Je l’ai peuplé de mes chimères et je n’y suis jamais seul. Je l’ai connue confortable et rassurante. Poursuivre la lecture

Bittersweet

Le retour du froid, de la neige et du temps gris après une semaine à 25°C, c’est dur sur le moral. Même si, on le sait, le printemps n’est que remis à plus tard. La canicule finira bien par nous tomber dessus. La fièvre est partie, mais le rhume s’attarde sournoisement. J’ai l’impression de ne pas avoir l’énergie qu’il faut pour résister au froid. Je ne me sépare plus de mes bas de laine.

J’ai découvert Lisa LeBlanc sur scène, hier soir. J’ai été assez renversé. C’est sombre, mais plus j’écoute, plus j’aime. Elle réveille une colère qui se sent trop à l’étroit entre mes côtes. Je lui envie son authenticité. Poursuivre la lecture