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Billet avec le mot-clef ‘environnement’

Sur le cœur

J’ai grandi dans un pays où la liberté allait de soi. Un morceau d’Amérique où un amour féroce avait préservé la langue française et où une culture florissait, dans l’adversité. C’était un pays bien plus grand que n’importe quel autre pays. C’était l’hiver, souvent. Les jardins s’y étendaient comme la plaine. Et le fleuve se déployait, si large qu’à partir de Trois-Pistoles on l’appelait la mer. J’étais fier de notre inventivité, de cette créativité qui repoussait sans cesse ses propres limites. J’étais fier, de l’égalité que nous avions établie entre les hommes et les femmes, de notre charte qui interdisait la discrimination en fonction de la race ou de l’orientation sexuelle. Poursuivre la lecture

Nous sommes le Québec

Le dimanche 22 avril à 14h, toutes les cloches du Québec se sont mises à sonner. Il n’y avait pas de pluie, mais le froid était mordant. Nous étions pourtant autour de 300 000 manifestants. Une marée humaine joyeuse, pacifique, mais déterminée. Des citoyens engagés pour le bien commun, le développement réellement durable et le partage des richesses. Des groupes dénonçaient le nucléaire, le gaz de schiste et ce plan nord qui dilapide les ressources du nord du Québec en les vendant aux multinationales pour une bouchée de pain. Il y avait des étudiants en grève, des innus et beaucoup d’enfants qui portaient l’espoir de cette manifestation. La foule a dessiné un arbre immense au pied de la montagne en réponse à l’arbre planté ce jour là par Frédéric Back. J’y étais. L’immensité de la foule m’a donné le vertige. Sa clameur m’a redonné l’espoir. Nous arrivons à ce qui commence.

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Notre printemps

Ils ont rasé la forêt boréale. Une mise à mort inexorable de la biodiversité. Des kilomètres de coupe à blanc pour produire du bois de peu de valeur, de la pâte à papier, du contreplaqué. Ils ont exproprié, expulsé les familles pour creuser leurs mines n’importe où. Après les compagnies forestières, les minières sont rois et maîtres dans le Nord. Elles ont exploité les mineurs, fait des milliards de profits, payé quelques miettes en redevances aux gouvernements et ont abandonné les sites d’exploitation dévastés. J’ai vu les lacs vidés de toute vie, les berges brûlées par l’acide. Les immenses trous béants que la vie ne se risque plus à recoloniser. Poursuivre la lecture

Imaginez un printemps

Dans cette période de grande noirceur où les multinationales dilapident les dernières ressources naturelles, pendant que les droits et libertés reculent un peu plus chaque jour, il ne reste que les mots pour porter le poids de l’espoir. Je suis tombé sur ceux-ci et ils ont ranimé en moi l’idée même du printemps, de notre printemps.

Texte : Hugo Latulippe – Musique : Alain Auger – Design : Étienne Deslières Poursuivre la lecture

Couleurs végé

Je viens de faire cuire un chaudron de fèves de Lima géantes. J’ai caché le plat au fond du frigo. J’ai mangé l’équivalent de trois portions. Je n’étais pas capable de m’arrêter. J’ai gardé un mauvais souvenir du rôti de bœuf de ma mère quand j’étais petit : gris et interminable à mastiquer. J’avais à l’époque un oncle chasseur de lièvres et de perdrix. Les carcasses fraîchement écorchées m’ont dégoûté. Bref, je n’ai jamais été un grand amateur de viande.

Récemment, pour des raisons environnementales, économiques, écologiques, humanitaires, trop nombreuses et trop évidentes pour que je les nomme ici. (On en trouve une synthèse ici.) J’ai choisi de réduire ma consommation de viande. Je crois que cette réduction peut avoir un impact important sur ma santé. Je mange une ou deux portions de viande par semaine : principalement du poisson, un peu de volaille et parfois du bacon, au brunch d’après-course le samedi matin.

J’ai utilisé le mot « réduire », pas « éliminer ». Mais je suis toujours étonné de la réaction que cela provoque. Le végétarisme (même à temps partiel) suscite souvent des réponses très négatives, presque agressives. Je ne vois pas ce que ça enlève à quelqu’un que je ne mange pas de viande. Est-ce une culpabilité plus ou moins inconsciente devant ce que l’on devine de l’élevage industriel ? Ou un ras-le-bol face aux bien-pensants et à l’obsession de la santé ?

De l’autre côté, je cherche des recettes, des idées de plats sans viande satisfaisants et originaux, et contenant suffisamment de protéines pour soutenir l’entraînement. Et j’ai bien du mal à en trouver. Pourtant la plupart des cuisines traditionnelles sont basées sur des plats sans viande. La viande étant réservée aux jours de fête. Jusqu’à maintenant, tout ce que je trouve est austère, terne, souvent fade et parfois même un peu prétentieux. Comme si se passer de viande signifiait que l’on renonce aux plaisirs. Comme si choisir le végétarisme à temps partiel équivalait à faire une croix sur toutes les valeurs hédonistes. Je ne renonce à rien, je veux juste manger moins de viande. C’est pourtant simple. Mais pour quelqu’un comme moi qui n’excelle pas en cuisine, ce n’est pas nécessairement facile.

Quelques raisons d’adopter les lundis sans viande :