Skip to content

Billet avec le mot-clef ‘hiver’

Les amours refusées

J’ai assisté au lancement du premier album de David Giguère avec El poblano. Il y a une semaine, j’ignorais tout de cet artiste. Cinq minutes avant d’arriver au National, je ne me souvenais même plus de son nom. « David comment, déjà ? ». Je ne l’oublierai plus. J’ai été complètement séduit. Par l’homme, sa présence sur scène, sa poésie inventive. Séduit par ses musiques qui ont soulevé la foule. Séduit aussi par la simplicité et la générosité de David Giguère et par l’amour féroce que l’on devinait entre lui, son band et les différents collaborateurs. Un sentiment qui débordait sur les spectateurs tassés dans le petit théâtre National. Poursuivre la lecture

Kevin dans les serres

Il paraît que c’est la faute à La Niña cet hiver en dents de scie, ces grands froids qui succèdent aux pluies verglaçantes. J’ai la chance, grâce à mon travail, de pouvoir m’échapper périodiquement du froid. Et comme je risque fort de me retrouver aux chômages dans une semaine, aussi bien en profiter. Ces jours-ci, je passe mes heures de lunch à admirer le feuillage des bananiers ou à respirer les parfums étonnants des orchidées tropicales tout en marchant dans les serres. Poursuivre la lecture

Lundi, la neige

Prenez des lieux que j’aime et où je passe souvent dans la ville, ajoutez-y dix ou vingt centimètres de neige et beaucoup beaucoup de talent et ça donne ceci. Moi aussi, j’ai eu le souffle coupé en reconnaissant ma ville. Je n’aurais pu décrire un lundi de neige aussi bien. Il fallait des images. Ça donne presque envie que l’hiver s’éternise. (Presque !)

“This winter we were chatting casually with Bruno about how gorgeous Montreal looks under heavy snowfall. While this conversation may seem mundane to people who grew up here, it was enchanting to listen to a Parisian’s take on the phenomenon. So Bruno set out one morning, camera in hand, to capture the magic of our city being blanketed in the white stuff. What he came back with took our breath away, it wasn’t the snow he was watching, it was us.” – Christina Poursuivre la lecture

Les voies du corps

Très tôt dans l’enfance, j’ai abandonné mon corps. Je suis un cérébral. Le corps c’était mal. Et mes parents n’avaient pas une bonne opinion des gens qui pratiquaient le sport, des gens un peu grossiers, qui ne devait pas avoir trop d’éducation. Contrairement à la plupart des garçons de mon âge, je n’ai jamais joué au baseball ou au hockey. L’idée m’attirait en même temps qu’elle me faisait peur. Mes parents ont dit « non » une fois et je n’ai pas insisté. C’est beaucoup plus tard que je me suis intéressé au sport, d’abord à travers les arts du cirque (un sport extrême lié à l’art et à la culture, ça passait mieux), en particulier le trapèze, puis par la course à pied. Poursuivre la lecture

Jours perdus

Un samedi perdu. Je suis tellement brûlé que j’ai renoncé à aller courir sur la montagne fraîchement enneigée. J’ai dormi. J’ai lu, enroulé dans une couverture. J’ai dormi encore. Je savais qu’il ne servait à rien de lutter. Ces derniers temps, j’ai travaillé comme un fou pour me rendre indispensable. Mon poste peut être coupé d’une semaine à l’autre. Le matin, avant le travail, j’ai commencé à aller m’entraîner au stade. J’y suis peut-être allé un peu fort. Poursuivre la lecture

Blanche

« … Essayez de dire, comme si vous étiez le premier homme, ce que vous voyez, ce que vous vivez, aimez, perdez. N’écrivez pas de poèmes d’amour. Évitez d’abord ces thèmes trop courants : ce sont les plus difficiles. Là où des traditions sûres, parfois brillantes, se présentent en nombre, le poète ne peut livrer du propre qu’en pleine maturité de sa force. Fuyez les grands sujets pour ceux que votre quotidien vous offre. Dites vos tristesses et vos désirs, les pensées qui vous viennent, votre foi en une beauté. Dites tout cela avec une sincérité intime, tranquille et humble. Utilisez pour vous exprimer les choses qui vous entourent, les images de vos songes, les objets de vos souvenirs. Poursuivre la lecture

Partir

Les jours rallongent imperceptiblement. J’ai l’impression que mes semaines s’étirent également. Le temps est long. Et l’hiver ne fait que commencer. Je suis témoin des contretemps et des problèmes qui s’accumulent, dans le projet pour lequel je n’ai pas été engagé. Ma nouvelle collègue de bureau devrait être l’une de celles qui partiront sur le bateau, pour parcourir le monde. Le chef de mission a l’air d’avoir un ego aussi démesuré que celui du directeur de Zorro & Co. Les tensions sont à leur maximum entre lui et mes patrons. Le bateau est toujours en cale sèche. Les problèmes ont l’air tellement inextricables que je pense que, finalement, c’est une chance de ne pas avoir été choisi. Le projet sur lequel je travaille pour les prochaines semaines est intéressant, mais pas follement stimulant. Mon esprit s’envole régulièrement pour aller planer entre les couches de nuages du ciel d’hiver. Poursuivre la lecture

Le cadeau

Pendant la période de Noël, j’ai mis de côté mon caractère sauvage et misanthrope pour côtoyer la famille et les amis. C’est avec un certain soulagement que j’ai replongé dans le travail entre Noël et le jour de l’an. La plupart de mes collègues sont encore en congé. Je suis seul avec les plantes dans le grand bureau. Même la clientèle a déserté le Jardin. J’aime beaucoup travailler en solitaire dans le silence et être le seul maître à bord. Et je bosse en ce moment sur un projet qui m’intéresse. Je devais en principe être au chômage en janvier. J’apprécie ce sursis inattendu qui m’a été offert jusqu’à la fin du mois. Poursuivre la lecture