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Billet avec le mot-clef ‘Homme’

Delightfully

Les adieux me tuent. Mais ils ne peuvent m’arracher ces instants. K m’a amené à la piscine secrète. J’avais la semaine dans le corps et je lui avais demandé de me donner un peu du feeling de ses vacances. « Fine ! » qu’il a dit. Plonger, folâtrer dans l’eau claire, au creux des bras de la montagne. Déposer enfin ma tête sur le gazon et remercier mille fois le soleil pendant qu’il salue, en se glissant derrière les arbres. Je l’avais rejoint en sortant du bureau. Il avait apporté des serviettes et il m’attendait au pied de l’ange avec son sourire sincère. Poursuivre la lecture

Barbu

J’avais presque terminé les formats d’essai des produits The Art of Shaving que le Cow-boy m’avait ramené de San Diego. Et j’avais passé une semaine trop folle pour me préoccuper du rasage. Mon anniversaire approchait. J’avais une barbe d’une semaine. (J’ai la barbe forte. Elle est presque instantanée.) Et je me demandais si j’allais la garder. Personnellement, j’adore les hommes barbus, mais je déteste me sentir le menton poilu. Trop d’entretien. Et ça pique ! Je marchais sur Saint-Denis pour une dernière séance de magasinage quand j’ai croisé un très bel homme. Il m’a fait un grand sourire ensoleillé. Quelques minutes plus tard, j’ai trouvé un petit t-shirt à rayures dorées qui fitterait parfaitement avec une barbe sombre. Ma décision était prise, pour un bout, je serais barbu.

Depuis, je pogne plus, on dirait. Autant chez les gars que chez les filles. Aujourd’hui, je me suis fait draguer par une travailleuse sociale au Symposium auquel j’assistais. Et la montagne de muscles qui assurait la traduction simultanée m’a fait trois grands sourires. (Quand les conférences m’ennuyaient, je les écoutais dans l’autre langue. Il avait une belle voix, à un moment donné, il a traduit « Fuck » par « ostie » et l’on devinait dans sa voix qu’il riait.) Tout ce qui s’est passé récemment m’a remué et m’a transformé. Que ça se manifeste dans mon visage, ça me plaît bien. Poursuivre la lecture

Pouding chômeur

« Profites-en ! C’est rare qu’on ait la chance de prendre un temps d’arrêt dans nos vies tumultueuses » m’a dit Dan, l’homme du cocktail. Ça a l’air si simple. Je suis juste pas doué pour l’immobilité. C’est écrit dans le ciel que je ne devrais pas revoir cet homme. Quand je lève les yeux, le mot « pattern » clignote en néons rouges. Mais je n’y peux rien, chaque cellule de mon corps aspire à baigner de nouveau dans sa chaleur. On est différent. Lui ne se pose pas de questions. Il s’amuse des miennes qui montent à heures régulières comme les marées. Il y répond, patiemment. Il n’est pas libre, mais il est là, toujours. Poursuivre la lecture

Carleton

« Je vais t’avoir dans la peau pendant tout l’hiver. » Un compliment anachronique qu’on croirait tout droit sorti d’un roman d’Anne Hébert. Quand les saisons ponctuaient la vie, l’hiver surtout, comme un silence oppressant. Imaginer que le souvenir de la chaleur de ma peau pourrait réchauffer le corps d’un homme le temps d’une saison me fait un velours. Par la fenêtre de l’Hôtel des Gouverneurs, la lumière du matin frissonne sur les toits de l’UQAM. Des panneaux translucides, roses, jaunes ou verts colorent la neige de la place Émilie Gamelin. Il y a de la liberté et de la sauvagerie dans son accent gaspésien et une naïveté dans son plaisir. Poursuivre la lecture

Quelques pas de salsa

Dans un premier temps, la colère. Il m’a téléphoné au bureau. J’étais pressé. À travers la cacophonie, j’avais du mal à l’entendre. Le sourire dans la voix, il m’invitait à passer la soirée chez lui. Il s’occuperait du souper, mais il fallait qu’il se lève tôt le lendemain matin. Il ne m’avait pas donné de nouvelles de la semaine. J’en avais fait mon deuil. Toute la soirée, il se montre charmant. Je le trouve craquant. Il le sent. Puis vers la fin de la soirée, il change de visage et m’annonce qu’il veut dormir seul. Je regarde mon sac à dos qui déborde et que j’ai posé dans son entrée. Poursuivre la lecture

Le disque qui saute

« … Endossez totalement la responsabilité de vos relations. Acceptez, ne serait-ce qu’un instant, l’entière responsabilité de la qualité et de la nature de la relation que vous vivez sans vous préoccuper de la part de responsabilité revenant à l’autre. Si, par certains côtés, la relation que vous partagez avec quelqu’un n’est pas entièrement satisfaisante, demandez-vous pourquoi vous l’avez créée ainsi. […] Qu’est-ce que cela vous apporte d’entretenir autour de vous un climat de malheur ? (Tout ce que nous faisons nous apporte quelque chose, sinon nous ne le ferions pas.)… » Poursuivre la lecture

Blanc

Refroidissement éolien de moins vingt-quatre degrés. J’ai choisi ma journée pour reprendre la course ! Mais le bleu du ciel s’étendait, entier, d’un horizon à l’autre. On aurait pu croire que toutes les bordées tombées sur la ville s’étaient concentrées sur la montagne tant chaque rameau était chargé de neige. Le soleil encore bas illuminait la dentelle des branches. Un des gars du club avait amené des tuques de père Noël pour tout le monde. Le petit groupe s’est lancé dans la première pente. Les pompons se balançaient sur les nuques. La condensation des souffles montait au dessus des têtes pour disparaître, rythmée par le craquement de la neige sous les pas. Le froid me mordait le visage. Poursuivre la lecture

Help

Mes Saṃskāra me manquent. Je cherche mes marques. J’ai juste envie de garder les yeux ouverts, tard le soir, de caler de l’alcool, de me gaver de junk-food (poutine), de me jeter dans le sport extrême et le dirty flirt (et pourquoi pas dans les anglicismes). Tout ce qui, là-bas, était interdit. Des impuretés, des souillures. Je raconterai, un de ces quatre, ce que j’y ai vécu. Pas maintenant. C’est encore trop confus. Poursuivre la lecture