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Billet avec le mot-clef ‘hommes’

Dans ma bulle

Ces derniers jours, j’ai fait le plein de couleurs vives et de soleil pour les semaines de grisaille qui s’en viennent. Je marche. Je roule. Je photographie. Les yeux grands ouverts. J’ai adopté le gym pour remplacer la course. Un centre sportif à l’ambiance familiale où l’on retrouve de l’aquaforme pour les personnes âgées et une bibliothèque pour les enfants. Et en tant que membre d’Équipe Montréal, l’abonnement annuel m’a coûté une bouchée de pain. Pour m’y rendre, je traverse en vélo les parcs Laurier et Lafontaine. Je m’y sens bien, c’est un peu mon refuge. Le gym est un excellent endroit pour être dans sa bulle. Et quand je sors, après avoir soulevé de la fonte pendant une heure, j’ai le corps lourd, énergisé et particulièrement groundé. Je poursuis la méditation même si mon enseignant est allé parler de bouddha en Californie, jusqu’en décembre. J’aurai besoin de cette routine physique, car le mois de novembre sera passablement exigeant et occupé. En plus de mon travail où j’ai à coordonner dix mille projets (rédaction, médias sociaux, vidéo), je participerai le mois prochain à Movember et NaNoWriMo. Poursuivre la lecture

Dissolution

— J’ai passé les 43 dernières années de ma vie à rêver. C’est fou ! Je n’ai fait que ça, rêver. Je n’ai presque rien vécu.
— C’est probablement pour ça que vous êtes ici, aujourd’hui, devant moi… vivant.

Dans mes courses folles entre mon nouveau monde et l’ancien, mon bixi dérapait dans la gravelle fine. Entre le long mur de brique d’une usine et la clôture de maille, j’ai entendu un bruit sec comme un coup de feu. Ça venait du toit de tôle. Quelque chose a rebondi sur le bâtiment, quelque chose comme deux pigeons en plein combat. C’est tombé dans un nuage de poussière, au milieu de la piste, des plumes sombres, quelques dizaines de mètres devant moi. J’ai mis pied à terre. Ce n’était pas deux pigeons, c’était un faucon avec une aile brisée. Poursuivre la lecture

Le fix

Pour moi, les hommes sont une drogue dure, héroïne, cocaïne. Quand je pratique l’abstinence pendant plusieurs semaines, j’arrive à atteindre un certain équilibre que l’on pourrait confondre avec le bien-être. Mais il me faut éviter toutes tentations. Marcher les yeux fermés. La libido s’assoupit, graduellement. Je deviens un cerveau sur pieds, trimballé dans un corps d’enfant trop grand. Mais arrive toujours un moment ou l’autre où je croise le regard d’un homme. Suffit que le sort et la malchance se liguent contre moi et je tombe dans le piège de ses yeux, de sa peau, de son sexe.

Je n’ai qu’à entrer pour plus d’une minute dans la chaleur d’un homme pour connaître un high incroyable. Je me sens revivre. Une nuit complète et le monde entier vibre dans les basses. Quand je devine le désir de cet homme, j’ai tout à coup le droit d’exister dans la lumière. Je passe du rien au tout. Même mon reflet dans le miroir est transfiguré. Je prends un sérieux coup de jeune. Poursuivre la lecture

M. Right here

C’était le dernier jour du symposium. La présentatrice était thérapeute conjugale. Après avoir levé les yeux de ses notes, elle a lancé à l’assistance : « Quelle est la différence entre ce qui vous excite et ce qui vous énerve ? » J’ai levé un sourcil. Elle a poursuivi : « Ce qui vous excite chez un partenaire, c’est probablement ce qui vous va vous énerver quelques années plus tard. » Des rires dans la salle. « On est attiré par la différence, mais la différence, ce n’est pas facile à vivre au quotidien. » Ça m’a frappé, c’est trop vrai. Et même pas besoin d’attendre quelques années.

Ce qui m’attire chez les Anglos me fait toujours grincer des dents après quelques semaines. J’ai été frappé par l’assurance de Scott, au point où je ne voyais plus que lui, dans l’obscurité du Royal. Chaque fois que nos regards se croisaient, ses airs un peu distants me mettaient au défi. Son sourire et son insouciance enfantine quand je l’ai finalement approché m’ont achevé. Il me semble qu’après 43 ans de galère, j’aurais dû deviner la suite. Mais bon, on ne se refait pas. Poursuivre la lecture

Vie de célibataire

Dans un très joli billet, Justin Cascio dissèque les tenants et aboutissants des one-night stands. Ce type de rencontre peut parfois tourner au cauchemar, mais il peut aussi réserver de bien belles surprises. (Je ne trouve pas d’équivalent français au terme « one-night ». « Histoire d’un soir » ou « aventure d’un soir » ne conviennent pas. La plupart du temps, il n’y a pas d’histoire et encore moins d’aventure. Et il s’agit généralement d’une nuit et non d’une soirée.) Poursuivre la lecture

Sous les apparences

Je regarde avidement Apparences, la série de Serge Boucher. Son visionnement me laisse un malaise. Elle est trop vraie. Et je m’y reconnais trop. Ma vie est faite de ces jeux ou je deviens un autre pour ne pas décevoir ou pour obtenir un peu d’attention. Je me perds moi-même entre ces dizaines de rôles. Même ici sur ce blogue, je raconte mon quotidien en faisant des contorsions pour le faire briller alors que ma réalité est souvent terne ou carrément médiocre.

Je répète souvent que je veux tout connaître. Je veux tout vivre. Poursuivre la lecture

Blanche est la nuit

La dernière fois, c’est la traîne d’Irène qui avait détrempé Montréal. Et le cocktail estival qui devait se faire en plein air avait dû être annulé. Cette fois-ci, la tempête aurait pu s’appeler Blanche. Une neige lourde s’abattait en douceur sur la ville, en étouffait les sons. En un instant, les rues étaient transfigurées, tapissées d’une blancheur immaculée. Je serrais un troisième verre de rouge dans la main pour arriver à ne plus rougir dans ce loft industriel rempli de corps masculins magnifiques. Je ne semblais pas être le seul à être vaguement paralysé par mes phobies sociales. Chaque groupe formait une bulle fermée. J’étais avec les coureurs. Il y avait les joueurs de volley-ball ou de water-polo. Les nageurs restaient entre eux, comme les amateurs de plein air. Toutes les équipes gaies de Montréal y étaient. Poursuivre la lecture

Les amours refusées

J’ai assisté au lancement du premier album de David Giguère avec El poblano. Il y a une semaine, j’ignorais tout de cet artiste. Cinq minutes avant d’arriver au National, je ne me souvenais même plus de son nom. « David comment, déjà ? ». Je ne l’oublierai plus. J’ai été complètement séduit. Par l’homme, sa présence sur scène, sa poésie inventive. Séduit par ses musiques qui ont soulevé la foule. Séduit aussi par la simplicité et la générosité de David Giguère et par l’amour féroce que l’on devinait entre lui, son band et les différents collaborateurs. Un sentiment qui débordait sur les spectateurs tassés dans le petit théâtre National. Poursuivre la lecture