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Billet avec le mot-clef ‘liberté’

Couleurs

Elles égaient désormais ma ville. Les couleurs d’octobre s’enflamment et explosent dès que le soleil les effleure. Je suis heureux de travailler près du parc et de me rendre au travail par les rues arborées du Plateau. Ces instants forment un corridor de présent paisible dans mon histoire tourmentée. Très tôt dans ma vie, la nature fut un baume. Je suis tombé amoureux de Montréal et je m’abandonne avec délice à sa vibe singulière. Mais, même si j’ai tendance à l’oublier, les kilomètres de lac d’eau glaciaire me manquent. Comme l’infini des forêts d’épinettes émaillées de bouleaux. L’espace. Le ciel, là-bas, est plus haut qu’au sud. Et il révèle, la nuit tombée, des milliards d’étoiles.

Les plongeons dans le lac, les ballades en raquettes, les feux de camp dans la neige, l’escalade du Mont-Chaudron. Il y a des choses qui ne semblent pas changer puisque ces images mises en ligne par l’Office de tourisme de l’Abitibi-Temiscamingue se déroulent comme un condensé de mon enfance. Des couleurs envers lesquelles je serai toujours reconnaissant. Des souvenirs qui se réveillent dans le rougeoiement des fusains ou quand un vol d’outardes traverse la nuit le ciel de la ville. Poursuivre la lecture

Que cache le conflit étudiant

L’Institut du Nouveau Monde a envoyé des équipes de vidéastes capter les raisons qui poussent des citoyens à sortir leurs casseroles, le soir à 20h.

Dans la poursuite de sa mission, qui consiste à favoriser la participation des citoyens à la vie démocratique et au renouvellement des idées au Québec, l’INM intervient dans le débat sur le conflit étudiant afin d’aider à en comprendre les différentes dimensions et d’entrevoir des solutions. Il propose aussi des activités qui permettront aux citoyens de poursuivre la discussion.

Table ronde « Que cache le conflit étudiant pour durer si longtemps? »
Mercredi le 13 juin 2012
au Gésu
Tous les détails sur inm.qc.ca/conflitetudiant

Irréductibles

Soir après soir, jusqu’à la victoire.

Si Gabriel est coupable, je suis complice

Si Gabriel est coupable, je suis complice. Si je dois aller en prison pour conserver ma liberté de parole, enfermez-moi. Si vous êtes le moindrement débrouillard, vous trouverez mes coordonnées auprès de l’hébergeur. La désobéissance civile est légitime contre des lois illégitimes d’un gouvernement corrompu.


Pétition d’appui à la requête en nullité du Projet de loi spéciale 78
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La sortie

La vraie vie est dehors. Pour retrouver son fil, il faut s’aventurer hors de nos zones de confort. Il faut risquer d’être aveugle et sourd, de se montrer maladroit et d’avoir mal. Je veux remiser les habits de noces, me détourner des rêves préfabriqués et des constructions de mon esprit. Ouvrir les yeux. Sinon la vie nous passe sous le nez et l’on risque de rater le train.

C’est peut-être la quarantaine. C’est peut-être parce que je viens de regarder en rafales les cinq saisons de Six Feet Under, mais je suis habité par l’idée de la mort. Celle tout ordinaire, qui nous tombe dessus au moment où on l’attend le moins. Poursuivre la lecture

Les possibles

Le chômage, ça peut être déprimant. Heureusement, il y a ce printemps incongru. L’hiver devrait pourtant nous réserver encore quelques tempêtes de neige avant de rouler sur ces derniers miles. 23 °C, au moment où j’écris ces lignes, le mercure fracasse des records de températures à Montréal. (Le précédent record était de 18,6 °C le 23 mars 1979.) Outre la météo, je savoure quelques victoires. Mes CD4, trop peu nombreux, se montrent néanmoins vaillants. Poursuivre la lecture

Fin

Je flotte au milieu de l’océan, depuis des jours et des nuits. Je suis épuisé et déshydraté. L’air me brûle la gorge et la poitrine. Ce serait ironique de mourir de soif dans autant d’eau. Le gris de la mer et du ciel se lèchent et s’embrassent, traversés, ça et là, d’un soleil laiteux. Je ne me souviens plus depuis quand je flotte là. J’ai perdu la notion du temps et de l’espace. Je me souviens du bateau, disparu. Poursuivre la lecture

God

La lune presque pleine doit me remuer de l’intérieur. Un murmure de rébellion court à travers ces désirs que j’étouffe en choisissant, pour un temps, l’abstinence. Les tailles basses me font saliver. J’ai l’œil qui louche et trébuche sur les nuques dorées, les avant-bras ou les épaules dénudées. Les tatouages deviennent des hameçons qui me blessent. Dieu que les hommes sont beaux à Montréal, en été ! Au milieu de la piste sombre du Clou, je regardais El Poblano danser, sans t-shirt, les bras en l’air. Je me disais d’un air suffisant : franchement, il est exagère, il pourrait se retenir, il me semble que c’est déplacé. Quand au fond, j’étais rongé de jalousie. J’envie la liberté avec laquelle il se dénude, il s’exhibe, il s’amuse en se moquant des regards. Je me plaignais que la foule était trop dense. « C’est ça qui est le fun, a-t-il lancé en riant, tout le monde te touche. » J’ai souri à mon tour, sans rien répliquer. J’aime danser. Mais la plupart du temps, je reste figé pendant des heures sur le bord de la piste de danse, à ne pas oser.

Je me suis lancé quand le mix de chickaboom a fait place à des plages planantes d’électronique. Puis, fier de mon coup, j’ai pris une pause, agrippée à ma bière, une black Label, en l’honneur des années 80. Mon regard était hypnotisé par le dessin des lasers sur les courbes des corps en mouvement. L’alcool aidant, je soliloquais mentalement en franglais. My night started when I joined the cow-boy for the Paradise Happy Hours and we had dinner at Café Saïgon. We ended-up at the Clou, as usual, with El Poblano et deux de mes anciens sexy colleagues de Zorro. Quand je passe de l’anglais au français, c’est comme si je mettais un pied en dehors de mon identité. Je deviens quelqu’un d’autre.

Puis j’ai décidé de tester mon charme sur ce grand mince avec une chemise à carreaux. Il dansait tout seul, en souriant. Je me suis souvenu des conseils d’As, il y a plusieurs années : d’abord foncer. J’avais eu l’impression que nos regards n’arrêtaient pas de s’entrechoquer. Je me suis juste présenté en le touchant sur l’épaule. Je lui donne le bénéfice du doute en me disant que c’est la gêne qui l’a fait répliquer avec autant de froideur. Un pont de brindille emporté par le souffle d’une bombe atomique. Je me suis éclipsé en me répétant de ne pas en faire une montagne. Un de perdu ; dix de retrouvés. Stop the drama ! Et un air bête, ce n’est pas une grosse perte. Éviter les chemises à carreaux.

J’étais appuyé sur la cabine du DJ et je pensais à aller me coucher quand un grand six-pieds s’est planté derrière moi. Si je tourne la tête dans sa direction, il me regarde sans broncher et sourit. Je m’étais à peine présenté qu’il avait déjà son bras autour de ma taille, sûr de lui. Pas un mot en français n’arrive à égaler « gorgeous » pour décrire son allure. Il y a dans « gorgeous » plus de plénitude et de sensualité que dans « splendide » ou « magnifique ». Je n’y peux rien, j’aime les grands blonds. Et son regard d’enfant rieur me donnait envie de sauter dans le vide avec lui. On parle peu. Il me paraît toujours un peu distant, dur à sizer. Son physique m’impressionne, m’intimide. Mais ça ne m’empêche pas de le dévorer des yeux et des mains. On roule l’un sur l’autre, de la piste de danse au minuscule balcon de son appartement sur Plessis, pas de voisins en vue, et de son balcon à son lit, éclairé par un cierge. À côté de son lit, il y a une pile de livres. Le premier : Père manquant, fils manqué de Guy Corneau. Il fronce les sourcils : « Je sens comme une réticence, de ta part. » Je baisse les yeux en murmurant tout bas : « l’angoisse de performance ? La peur de ne pas être à la hauteur ? » Je n’élabore pas, ma bouche s’abreuve à petite gorgée sur sa peau. Il se révèle un amant habile, généreux, attentif et parfaitement à l’aise. (Three G : good, generous and game) Je me trouve d’autant plus gauche. Je ferme les yeux et j’arrête de penser. À un moment, j’ai la sensation, vaguement coupable, de me retrouver dans la scène finale d’un film porno. Une goutte de sperme tombe sur le coin de mes lèvres et me rappelle avec insistance que je suis dans la réalité.

Quelques heures plus tard, je file en bixi sur le bitume du parc Angus. Les rues désertées et le chant des grillons m’appartiennent. Au-dessus des toits, la lune allume chaque filament de nuage. Le ciel est curieusement pâle. Et je réalise que le soleil doit être sur le point de se lever. J’ai abandonné derrière moi ma sempiternelle fatigue, ma pudeur encombrante, mes scrupules. Ma dernière journée de travail de la semaine a beau commencer dans moins de quatre heures. En cet instant, je suis libre.

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