Ma vie est réglée au quart de tour, un changement drastique par rapport aux derniers mois. Mes jours sont hachurés de chiffres. 15 minutes de méditation quotidienne. 35 heures de travail et 4 séances d’entraînement hebdomadaires. Je garde le rythme. 1250 mots en retard. La médication, les légumes verts, les fibres solubles, les protéines. Et tenter de conserver un semblant de vie sociale. Je roule. Pas une minute de libre pour le mauvais sang. Sauf la nuit. Dès que le corps a récupéré au minimum, je m’éveille dans le noir. Habituellement, ça se produit vers 4 ou 5 heures du matin. Et les pensées s’emballent : je vais manquer de sommeil, attraper un rhume, être moins performant au travail, perdre mon emploi, faire une dépression, tomber encore plus malade… Et puis, je me souviens que c’est la nuit. J’essaie de sourire. J’aurai beau lutter, c’est totalement inutile pour se rendormir. Il faut dédramatiser, et lâcher prise. Quelques heures de sommeil en moins, ce n’est pas la fin du monde. Peut-être ai-je moins besoin de dormir que la normale. Le corps a l’intelligence de s’endormir quand il en a réellement besoin. Peut-être aussi devrais-je me ménager quelques heures de liberté pendant le jour pour ne pas avoir à m’éveiller au beau milieu de la nuit.
Le problème, c’est que je veux tout, tout de suite. J’ai tellement peur de manquer quelque chose. J’ai peur que tout s’arrête dans les prochains jours. Je voudrais savoir. Je voudrais avoir des certitudes, des garanties sur le futur. Je devrais croire en Dieu, en Allah ou consulter une diseuse de bonne aventure, se bercer d’illusions, parfois, peut permettre l’insouciance. J’aspire à l’insouciance
Time Flies par Johnny Grim, sur Flickr