Une place
Une petite place
Ici, maintenant
Car le temps passe
À pas de géant
Je me ferai
Toute neuf, toute beau, tout ça…
Pour être à toi.
Ça commence à 0:30 sec.
Paroles: Françoise Hardy, musique: Julien Clerc
6 août
Une petite place
Ici, maintenant
Car le temps passe
À pas de géant
Je me ferai
Toute neuf, toute beau, tout ça…
Pour être à toi.
Ça commence à 0:30 sec.
Paroles: Françoise Hardy, musique: Julien Clerc
J’avoue que cette chanson me tombait sur les nerfs. Je l’ai trop entendu à la radio. Jusqu’à ce qu’un ami publie ce clip (très beau) sur Facebook et que je m’arrête pour écouter les paroles. J’ai aimé le trouble et la nuance. Je me suis reconnu. Et j’ai eu envie de les traduire. Je me suis glissé dans les mots d’un autre comme dans une vieille paire de jeans. Poursuivre la lecture
J’ai assisté au lancement du premier album de David Giguère avec El poblano. Il y a une semaine, j’ignorais tout de cet artiste. Cinq minutes avant d’arriver au National, je ne me souvenais même plus de son nom. « David comment, déjà ? ». Je ne l’oublierai plus. J’ai été complètement séduit. Par l’homme, sa présence sur scène, sa poésie inventive. Séduit par ses musiques qui ont soulevé la foule. Séduit aussi par la simplicité et la générosité de David Giguère et par l’amour féroce que l’on devinait entre lui, son band et les différents collaborateurs. Un sentiment qui débordait sur les spectateurs tassés dans le petit théâtre National. Poursuivre la lecture
Lorsque la température se rafraîchit, la brume se forme au-dessus du lac. Éclairées par la lune, ses volutes brillent faiblement, donnant au paysage des allures de contrée enchantée. Ian a quinze ans, j’en ai neuf. Mes cousins sont de grands gaillards à l’œil rieur, tannés par le soleil, tous plus âgés que moi. Ian et ses frères travaillent comme bûcherons l’été. Leur père passera sa vie au moulin à scie de la rivière Bell. Ian habite chez nous pour quelques semaines. Il participe à un camp d’entraînement de hockey. (Pas besoin de chercher loin d’où viennent mes fantasmes.) Pendant que les adultes boivent du vin rouge de dépanneur (on est en 1978), on a mis le canot à l’eau. Poursuivre la lecture
Parfois, les mots sont inutiles. Souvent, la nuit, j’erre, seul sur la toile, en quête, de quelques mots, d’un message, d’un clin d’œil, d’un signe. La nuit dernière, quelqu’un avait lancé cette chanson sur le mur d’un ami.
8 août
Dans la vie, je m’attends toujours au pire.
El Poblano et moi, nous n’étions jamais allés au Mec Plus Ultra. Erreur enfin réparée ! C’était l’endroit où il fallait être en ce soir d’orage. Les garçons étaient déments de beauté, la musique, irrésistible. La moyenne d’âge était un peu basse. Et l’on s’est demandé à quelques reprises si le petit, là-bas, était vraiment majeur. Lunettes à grosse monture, nuque rasée, chemise à carreaux et nœud papillon, même. Il y avait dans cette crowd hipster des dizaines de sosies de Xavier Dolan. L’un d’eux, le plus beau, est passé devant nous deux fois. Et il me disait quelque chose, jusqu’à ce qu’il se plante devant moi. C’était celui que j’avais baptisé Mister Right dans mon premier blogue. Ceux qui me suivent depuis plusieurs années s’en souviendront peut-être. Un grand blond aux allures d’homme idéal. Un génie qui a tout réussi. Une histoire de 20 jours qui m’a fait frôler tour à tour le paradis et les abîmes. « Est-ce que tu écris toujours un blogue ? » — « Oui », ai-je répondu, un peu honteux, sans trop savoir pourquoi.
J’ai l’impression que le blogue s’est interposé entre nous. En entretenant ma propension au drame, entre autres. Mais peut-être que cette histoire n’aurait pas eu de suite de toute façon. Avec le recul, je vois mieux ce qui se cachait derrière les mots, les pans de l’histoire sur lesquels j’ai fermé les yeux, pour faire des textes forts, cohérents. Imaginer les étoiles, même sous le ciel couvert.
Sa peau parfumée, c’est un morceau de ciel d’automne dans lequel je voudrais m’enrouler pour toujours. Je ne connais personne qui m’écoute comme lui. Chaque matin, je me réveille en étant persuadé qu’il aura disparu, au cours de la nuit. Je m’étire sans ouvrir les yeux. Je me bute contre sa chaleur. Et je réalise qu’il est là, tout près de moi, comme si ça allait de soi ! Il dit qu’avec moi, il veut apprendre l’abandon. Parce qu’il sait qu’il peut me faire confiance. Parce que les sentiments ne me font plus peur. Parce qu’il me voit chaque jour, traverser mes journées sans filets. Lui, il aimerait m’apprendre l’optimisme et la confiance. Il voudrait que je laisse tomber mes tempêtes. C’est un ambitieux. Devant ses hésitations, j’avais lâché des mots de trop : j’ai peur de ne jamais avoir de place dans ta vie, de n’être pour toi qu’un jeu… Après quelques semaines de silence, il m’a lancé : je vais être honnête avec toi… Je pense pas qu’on peut être heureux ensemble à long terme.
But now there’s nowhere to hide,
Since you pushed my love aside
I’m out of my head,
Hopelessly devoted to you
On sortait de la Tohue dans la foule. Pas de taxis en vue. Une petite pluie fine tombait sur ce quartier désert.
— Habituellement, j’ai toujours mon parapluie.
— On sait ben, un pessimiste comme toi !
— J’ai toujours de la crème solaire aussi. Ombrelle indice 30, si tu veux savoir. C’est ça que tu comprends pas de moi. Puis en plus, j’aime ça la pluie, bon.
Il se moque : « J’aime ça la pluie, bon. »
Je pense qu’il embellit en vieillissant. Et ça m’a fait un velours de le revoir. Il y a de la tristesse dans mes souvenirs, mais aussi beaucoup de lumière. Et cette lumière me nourrit ce matin de lendemain de veille.
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