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Billet avec le mot-clef ‘neige’

Pendant que je dormais

Entre les deux derniers billets, c’était la Nuit Blanche à Montréal. Une fois de plus, je n’y ai pas participé. Et je le regrette un peu. J’avais trop bu de vin rouge la veille et je ne me voyais pas affronter les foules avec un mal de bloc. Une résolution de plus pour 2013. (Si jamais la fin du monde n’arrive pas.) Ce sera alors la 10e édition. Poursuivre la lecture

Carleton

« Je vais t’avoir dans la peau pendant tout l’hiver. » Un compliment anachronique qu’on croirait tout droit sorti d’un roman d’Anne Hébert. Quand les saisons ponctuaient la vie, l’hiver surtout, comme un silence oppressant. Imaginer que le souvenir de la chaleur de ma peau pourrait réchauffer le corps d’un homme le temps d’une saison me fait un velours. Par la fenêtre de l’Hôtel des Gouverneurs, la lumière du matin frissonne sur les toits de l’UQAM. Des panneaux translucides, roses, jaunes ou verts colorent la neige de la place Émilie Gamelin. Il y a de la liberté et de la sauvagerie dans son accent gaspésien et une naïveté dans son plaisir. Poursuivre la lecture

Blanche est la nuit

La dernière fois, c’est la traîne d’Irène qui avait détrempé Montréal. Et le cocktail estival qui devait se faire en plein air avait dû être annulé. Cette fois-ci, la tempête aurait pu s’appeler Blanche. Une neige lourde s’abattait en douceur sur la ville, en étouffait les sons. En un instant, les rues étaient transfigurées, tapissées d’une blancheur immaculée. Je serrais un troisième verre de rouge dans la main pour arriver à ne plus rougir dans ce loft industriel rempli de corps masculins magnifiques. Je ne semblais pas être le seul à être vaguement paralysé par mes phobies sociales. Chaque groupe formait une bulle fermée. J’étais avec les coureurs. Il y avait les joueurs de volley-ball ou de water-polo. Les nageurs restaient entre eux, comme les amateurs de plein air. Toutes les équipes gaies de Montréal y étaient. Poursuivre la lecture

Lundi, la neige

Prenez des lieux que j’aime et où je passe souvent dans la ville, ajoutez-y dix ou vingt centimètres de neige et beaucoup beaucoup de talent et ça donne ceci. Moi aussi, j’ai eu le souffle coupé en reconnaissant ma ville. Je n’aurais pu décrire un lundi de neige aussi bien. Il fallait des images. Ça donne presque envie que l’hiver s’éternise. (Presque !)

“This winter we were chatting casually with Bruno about how gorgeous Montreal looks under heavy snowfall. While this conversation may seem mundane to people who grew up here, it was enchanting to listen to a Parisian’s take on the phenomenon. So Bruno set out one morning, camera in hand, to capture the magic of our city being blanketed in the white stuff. What he came back with took our breath away, it wasn’t the snow he was watching, it was us.” – Christina Poursuivre la lecture

Jours perdus

Un samedi perdu. Je suis tellement brûlé que j’ai renoncé à aller courir sur la montagne fraîchement enneigée. J’ai dormi. J’ai lu, enroulé dans une couverture. J’ai dormi encore. Je savais qu’il ne servait à rien de lutter. Ces derniers temps, j’ai travaillé comme un fou pour me rendre indispensable. Mon poste peut être coupé d’une semaine à l’autre. Le matin, avant le travail, j’ai commencé à aller m’entraîner au stade. J’y suis peut-être allé un peu fort. Poursuivre la lecture

Blanche

« … Essayez de dire, comme si vous étiez le premier homme, ce que vous voyez, ce que vous vivez, aimez, perdez. N’écrivez pas de poèmes d’amour. Évitez d’abord ces thèmes trop courants : ce sont les plus difficiles. Là où des traditions sûres, parfois brillantes, se présentent en nombre, le poète ne peut livrer du propre qu’en pleine maturité de sa force. Fuyez les grands sujets pour ceux que votre quotidien vous offre. Dites vos tristesses et vos désirs, les pensées qui vous viennent, votre foi en une beauté. Dites tout cela avec une sincérité intime, tranquille et humble. Utilisez pour vous exprimer les choses qui vous entourent, les images de vos songes, les objets de vos souvenirs. Poursuivre la lecture

Les autres

Je vis dans une ville de près de 4 millions d’habitants. Je les côtoie chaque jour. Dans la rue, au travail, dans les transports en commun. On se frôle, chacun dans notre bulle électronique. Cette cohabitation n’est pas toujours facile à vivre. Les frictions font naître des étincelles. Quand le transport en commun connaît des ratés et que le climat se met de la partie, par exemple. Je me faufile comme une ombre au quotidien. J’ai intégré ma timidité, je ne la vois plus, elle n’est plus un handicap. Je dis parfois que j’ai un côté autiste. J’ai très peu de liens avec la plupart des gens que je côtoie quotidiennement. Il me faut des années pour apprivoiser quelqu’un. Dans la plupart des cas, j’y ai renoncé. L’anonymat de la ville couvre les solitaires, les fugueurs et tous ceux qui ont des choses à cacher. Poursuivre la lecture

Le cadeau

Pendant la période de Noël, j’ai mis de côté mon caractère sauvage et misanthrope pour côtoyer la famille et les amis. C’est avec un certain soulagement que j’ai replongé dans le travail entre Noël et le jour de l’an. La plupart de mes collègues sont encore en congé. Je suis seul avec les plantes dans le grand bureau. Même la clientèle a déserté le Jardin. J’aime beaucoup travailler en solitaire dans le silence et être le seul maître à bord. Et je bosse en ce moment sur un projet qui m’intéresse. Je devais en principe être au chômage en janvier. J’apprécie ce sursis inattendu qui m’a été offert jusqu’à la fin du mois. Poursuivre la lecture