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Billet avec le mot-clef ‘nuit’

Tour de ville

L’été s’en vient et c’est l’une des plus belles saisons pour visiter Montréal. J’ai toujours considéré que Montréal était la plus belle ville du monde. Plus humaine que New York, plus festive que Toronto, plus chaleureuse que Paris, plus moderne que Rome, plus exubérante que Londres. Et quand je regarde ce tour de ville en deux minutes, j’ai un peu l’impression de revisiter les billets de ce blogue.

Le tour commence au Vieux-Port, là où j’ai sauté dans les eaux du Fleuve lors du Grand Splash. J’y cours aussi en été, même si les vieux pavés sont un peu durs sur les chevilles. En passant par le vieux port, j’accède au Canal Lachine, des kilomètres de presque campagne qui mènent jusqu’à l’immensité du lac Saint-Louis.

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Pouding chômeur

« Profites-en ! C’est rare qu’on ait la chance de prendre un temps d’arrêt dans nos vies tumultueuses » m’a dit Dan, l’homme du cocktail. Ça a l’air si simple. Je suis juste pas doué pour l’immobilité. C’est écrit dans le ciel que je ne devrais pas revoir cet homme. Quand je lève les yeux, le mot « pattern » clignote en néons rouges. Mais je n’y peux rien, chaque cellule de mon corps aspire à baigner de nouveau dans sa chaleur. On est différent. Lui ne se pose pas de questions. Il s’amuse des miennes qui montent à heures régulières comme les marées. Il y répond, patiemment. Il n’est pas libre, mais il est là, toujours. Poursuivre la lecture

Vie de célibataire

Dans un très joli billet, Justin Cascio dissèque les tenants et aboutissants des one-night stands. Ce type de rencontre peut parfois tourner au cauchemar, mais il peut aussi réserver de bien belles surprises. (Je ne trouve pas d’équivalent français au terme « one-night ». « Histoire d’un soir » ou « aventure d’un soir » ne conviennent pas. La plupart du temps, il n’y a pas d’histoire et encore moins d’aventure. Et il s’agit généralement d’une nuit et non d’une soirée.) Poursuivre la lecture

Pendant que je dormais

Entre les deux derniers billets, c’était la Nuit Blanche à Montréal. Une fois de plus, je n’y ai pas participé. Et je le regrette un peu. J’avais trop bu de vin rouge la veille et je ne me voyais pas affronter les foules avec un mal de bloc. Une résolution de plus pour 2013. (Si jamais la fin du monde n’arrive pas.) Ce sera alors la 10e édition. Poursuivre la lecture

Le cri

Lorsque la température se rafraîchit, la brume se forme au-dessus du lac. Éclairées par la lune, ses volutes brillent faiblement, donnant au paysage des allures de contrée enchantée. Ian a quinze ans, j’en ai neuf. Mes cousins sont de grands gaillards à l’œil rieur, tannés par le soleil, tous plus âgés que moi. Ian et ses frères travaillent comme bûcherons l’été. Leur père passera sa vie au moulin à scie de la rivière Bell. Ian habite chez nous pour quelques semaines. Il participe à un camp d’entraînement de hockey. (Pas besoin de chercher loin d’où viennent mes fantasmes.) Pendant que les adultes boivent du vin rouge de dépanneur (on est en 1978), on a mis le canot à l’eau. Poursuivre la lecture

Dehors novembre

Un cauchemar m’a éveillé. Malaise inexplicable. Je n’ai retenu que la dernière image : j’étais assis sur le lit d’un grand dortoir. Il y avait d’autres gens. Je ne me sentais pas à ma place, mais pas du tout. Cette retraite de 10 jours dans le silence me fait peur. Le bouddha a dit que la vie est souffrance. C’est la première vérité qu’on y apprend, à la dure. Tous ceux qui sont allés le répètent. Novembre est toujours pour moi le mois le plus noir de l’année, un passage où j’ai le cœur tiraillé. C’est l’anniversaire du soir où ma vie allait être altérée. Le 11 novembre, j’ai célébré les quinze ans de ma séropositivité. C’est fou quand même, comme le temps passe vite ! Poursuivre la lecture

Au bout de la nuit

Je suis arrivé à me coucher plus tôt depuis une semaine. Je vois la différence, je me sens mieux le matin. Je traverse des vagues de colère. Contre mon deux de pique de propriétaire, contre ma job, contre toutes les injustices de cette vie. La peur ébranle ma démarche quand je sens le froid qui s’installe et la nuit qui gagne chaque jour du terrain. Mes jours se ressemblent, tous. Ils sont pilotés par l’instinct de survie. Il me mènera bien au bout de la nuit. Et j’arrive à gérer mes attentes irréalistes. Je respire. J’observe. J’écoute. Je dormirais bien jusqu’au printemps. Mais, je ne suis pas un ours. Je dois traverser cet hiver, les yeux grands ouverts. Poursuivre la lecture

Une douce colère

Une douce colère coule vers mon cœur d’Indien. Des frissons révolutionnaires courent sur ma nuque devant la mise à mort de l’été. J’ai lâché les rêves que j’ai poursuivis ces derniers mois. Je les regarde s’éloigner en m’accrochant à une idée : à chaque instant, tout est possible. Personne ne peut dire ce que sera demain. En attendant, j’accuse les coups. Mais je suis fatigué de relever la tête, de remettre l’épaule à la roue. Il me semble que j’ai déjà suffisamment donné. Je suis un control freak, soit. On ne se refait pas. Mais j’ai appris qu’à l’entrevue, les dés étaient pipés. Poursuivre la lecture