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Billet avec le mot-clef ‘problème’

Débordé

Je n’ai pas pu t’écrire, j’étais débordé. J’entends déjà les voix dans ma tête qui diront que ça ne me prend pas grand-chose pour déborder. C’est peut-être vrai, mais ça n’y change rien. Le blogue est là pour recevoir les débordements d’une vie trop remplie. Mais son auteur passe alors pour un plaignard, une victime, un triste sire, comme dirait l’autre. À quoi sert un blogue si c’est pour se taire ? C’est aussi frustrant que de tomber sur une boîte vocale. C’est aussi triste que de renter et de trouver sa boîte vocale vide. Je jongle constamment avec le secret, la vérité, le public et le privé. Qu’est-ce que je dois dire, qu’est-ce que je dois taire. Et dans le doute, je m’abstiens. Lorsque la vie déborde, je ne sais pas quoi en faire.

Dure semaine. Si j’en ai trop sur les épaules, je suis le seul responsable. Mon insécurité me fouette constamment. Je suis un tyran avec moi-même, un bourreau aveugle et sourd. Les problèmes et les factures prennent un malin plaisir à s’accumuler. Mon frigo est en train de rendre l’âme alors qu’il est le dernier des électroménagers qui fonctionnent encore dans l’appartement où la plomberie fait déjà des siennes. Mes 22 résolutions me pèsent. L’année avance à grands pas. Les mois tombent comme des couperets. J’ai eu littéralement une journée de cul, une journée où je ne me suis pas amusé beaucoup parce que je ne sais pas m’amuser. Je n’ai jamais appris. D’ici, rien ne se voit, mais ce blogue est assiégé. Je reçois en moyenne une trentaine de commentaires de robots. Ils annoncent des sites pornographiques ou du viagra à des prix imbattables. Je te jure ! Chaque soir, je les supprime un par un. Je fermerai peut-être les commentaires, le temps qu’il trouve un autre os à ronger.

J’avais pensé écrire des billets sur mes pérégrinations sur les sites de rencontres. Résolution numéro deux sur vingt deux : trouver un chum. Pourquoi pas un site de rencontre ? Le snobisme, c’est assez ! Ça peut donner des récits croustillants, surprenants et peut-être même comiques. Mais après quelques semaines, ça me paraît plus pathétique que sympathique. Tout ce que j’y vois, c’est une suite de rejets, données et reçus. C’est un jeu auquel j’ai voulu prendre part, avec une sorte de défiance et de fierté, mais je suis bien trop mauvais perdant pour m’y amuser. J’en sors vaguement déprimé. J’ai mis sur mon bureau la carte de Saint-Valentin que j’ai reçue de la part de Google AdSense.

Je rêve d’inonder ce blogue de choses légères, de sourires, de rose, de laine et de duvet ou bien de chair, de sueurs, de feux et de souffle. Mais dehors, février s’est installé et il assomme les rues de neiges mouillées. Tout ce que j’arrive à t’écrire c’est que demain, ça ira mieux.