Skip to content

Billet avec le mot-clef ‘relation’

Sérophobie

J’aime bien cette campagne du Crips Île-de-France lancée à la Marche des Fiertés LGBT. J’ai rarement vu une campagne aussi positive pour contrer la sérophobie. La sérophobie est une peur irrationnelle basée sur l’ignorance et les préjugés. Elle est souvent lié à l’homophobie (le sida est la punition de Dieu au péché homosexuel, etc.). Ce juge de l’Ontario qui recommande la criminalisation de la non-divulgation du statut sérologique, même en l’absence de risques importants, est un exemple de sérophobie. Parler du VIH devrait toujours être sécuritaire à 100 %.

Poursuivre la lecture

Barbu

J’avais presque terminé les formats d’essai des produits The Art of Shaving que le Cow-boy m’avait ramené de San Diego. Et j’avais passé une semaine trop folle pour me préoccuper du rasage. Mon anniversaire approchait. J’avais une barbe d’une semaine. (J’ai la barbe forte. Elle est presque instantanée.) Et je me demandais si j’allais la garder. Personnellement, j’adore les hommes barbus, mais je déteste me sentir le menton poilu. Trop d’entretien. Et ça pique ! Je marchais sur Saint-Denis pour une dernière séance de magasinage quand j’ai croisé un très bel homme. Il m’a fait un grand sourire ensoleillé. Quelques minutes plus tard, j’ai trouvé un petit t-shirt à rayures dorées qui fitterait parfaitement avec une barbe sombre. Ma décision était prise, pour un bout, je serais barbu.

Depuis, je pogne plus, on dirait. Autant chez les gars que chez les filles. Aujourd’hui, je me suis fait draguer par une travailleuse sociale au Symposium auquel j’assistais. Et la montagne de muscles qui assurait la traduction simultanée m’a fait trois grands sourires. (Quand les conférences m’ennuyaient, je les écoutais dans l’autre langue. Il avait une belle voix, à un moment donné, il a traduit « Fuck » par « ostie » et l’on devinait dans sa voix qu’il riait.) Tout ce qui s’est passé récemment m’a remué et m’a transformé. Que ça se manifeste dans mon visage, ça me plaît bien. Poursuivre la lecture

La sortie

La vraie vie est dehors. Pour retrouver son fil, il faut s’aventurer hors de nos zones de confort. Il faut risquer d’être aveugle et sourd, de se montrer maladroit et d’avoir mal. Je veux remiser les habits de noces, me détourner des rêves préfabriqués et des constructions de mon esprit. Ouvrir les yeux. Sinon la vie nous passe sous le nez et l’on risque de rater le train.

C’est peut-être la quarantaine. C’est peut-être parce que je viens de regarder en rafales les cinq saisons de Six Feet Under, mais je suis habité par l’idée de la mort. Celle tout ordinaire, qui nous tombe dessus au moment où on l’attend le moins. Poursuivre la lecture

Le suicide n’est pas une option

Du 5 au 11 février 2012, c’est la 22ème Semaine nationale de prévention du suicide. Au Québec, trois personnes en moyenne s’enlèvent la vie chaque jour. Voici ce qui a accroché mon œil à ce sujet, ces jours-ci.
Poursuivre la lecture

Quelques pas de salsa

Dans un premier temps, la colère. Il m’a téléphoné au bureau. J’étais pressé. À travers la cacophonie, j’avais du mal à l’entendre. Le sourire dans la voix, il m’invitait à passer la soirée chez lui. Il s’occuperait du souper, mais il fallait qu’il se lève tôt le lendemain matin. Il ne m’avait pas donné de nouvelles de la semaine. J’en avais fait mon deuil. Toute la soirée, il se montre charmant. Je le trouve craquant. Il le sent. Puis vers la fin de la soirée, il change de visage et m’annonce qu’il veut dormir seul. Je regarde mon sac à dos qui déborde et que j’ai posé dans son entrée. Poursuivre la lecture

Le trou noir

Dès que je vis un moment agréable, la peur de perdre surgit. Alors que je devrais être porté par la joie, je suis déjà envahi par mon désir de retenir ce moment. La peur panique de le perdre à jamais, mes scénarios catastrophes et la douleur anticipée me secouent. Chaque moment de plaisir fait grandir ma nuit.

Je traîne depuis longtemps le rêve d’une vie de couple. Ce rêve est né des premiers instants de complicité et d’abandon que j’ai vécus au début de la vingtaine. Ils ont été pour moi des révélations bouleversantes. Poursuivre la lecture

Le carrousel

Quand un garçon séronégatif rencontre un garçon séropositif, il traverse habituellement une phase que j’appelle l’ambivalence. Comme le chemin qui mène à l’illumination bouddhiste, elle peut durer 7 secondes comme 7 jours, 7 mois ou 7 000 ans. Il a envie d’aller plus loin dans la relation, mais ses peurs le retiennent. Il est partagé entre son désir et les rêves qu’il entrevoit et son envie de fuir. Une fois que les choses sont dites, que toutes les questions ont trouvé leur réponse, une fois en somme que le garçon séropositif a fait le bout de chemin qui est le sien, il ne lui reste plus qu’à attendre que l’autre se décide. Plonger ou pas. Magnétisme ou aversion. Poursuivre la lecture

Le vide

Le vide. Je fais des pieds et des mains pour le combler, le masquer, l’oublier, même momentanément. Peut-être devrais-je simplement l’embrasser. Peut-être retrouverais-je ainsi l’énergie pour m’attaquer à tous ces obstacles qui s’accumulent devant moi. Qui sait ? Immédiatement après avoir relancé M. Right, je l’ai regretté. Je me suis mis à compter les heures en attendant frénétiquement une réponse et en me répétant qu’il n’y en aurait probablement pas. Je nageais alors en eaux connues. Je suis à l’aise, confortable, dans le rôle de celui qui attend.

Pour me distraire, je ne choisis que des histoires impossibles : David à New York (8 heures de train) ou le Minotaure (et son chum fantôme). J’imagine que j’ai pressenti l’inaccessibilité de l’homme de la lune. Sinon je n’aurais jamais laissé cette histoire perdurer. Je meuble le vide qui me fait peur, sans mettre en péril mon fragile équilibre. Tous les obstacles sont bons. Pourvu que les chances d’avoir à me dévoiler demeurent les plus minces possible. Qui ne risque rien n’a rien. No risk, no reward. Alors je reste les mains vides. Me limiter au rêve, c’est la stratégie que j’ai adoptée. Les rêveurs sont toujours sympathiques.

Du coin de l’œil, je regarde en rêvant la dérive de ma vie. L’été qui glisse vers sa fin à une vitesse lente et vertigineuse. J’accumule les kilomètres, au fil des semaines. Je découvre de nouveaux muscles à travers de nouvelles douleurs. Mais la course demeure le domaine où je goûte à la réussite. J’épuise méthodiquement mes recours contre mes voisins. Je me bats avec les puces dans l’appartement. Il en reste toujours quelques-unes qui réapparaissent à chaque fois où je pense en être venu à bout. Ma vie n’a rien de reluisant et je n’ai pas très envie que qui que ce soit y mette le nez. Je m’entoure d’un brouillard de mystère. Je fais ça depuis l’enfance, une carapace de brume. C’est toujours plus facile de briller au milieu de la brume.

Peut-être devrais-je simplement embrasser le vide. C’est ce que je me disais quand M. Right a levé la main en disant : « présent ». J’avoue que je suis un peu désarçonné. Il va falloir que je balaie un peu la brume devant moi. Je sens un fond d’inquiétude qui bourdonne. Et si… on n’avait plus rien à se dire ? J’essaie de me convaincre qu’il aura sûrement un empêchement de dernière minute. Mais ça ne tient pas la route. Il a vraiment l’air de vouloir que la rencontre ait lieu, et on dirait que c’est justement ce qui m’inquiète. Dans quoi est-ce que je me suis embarqué ? Parfois, j’agis sans réfléchir, et c’est toujours à ce moment-là que je fais les meilleurs moves.

Tôt le matin