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Billet avec le mot-clef ‘relation’

Not that bad

I’m not the most sociable guy in town. I’ve never been good with P.R. For me it’s work. It always needs an effort. Nonetheless that fact, in only one month, I made contacts and initiated relationships in this gigantic city where is not the easiest thing to do.

First, I met Peter. He is curious, wise and really sweet. He has a job that passionate me: editor for a publishing Company. After a drink at Vlada Happy Hours and a dinner, we met for a concert on lunch hour. Before his thirties, he just bought his first apartment, far uptown Manhattan, in a block of Washington Heights. We passed a Sunday together painting the living room, the biggest room of the place (chocolate brown and beige). And by the end of the day, we had a picnic on the floor with the best pizza I never had. The Latino girls made the dough in front of us in a small shop near his new place. I hope to see him again for Thanksgiving. He didn’t plan to see his family.

I met Rob and his Boyfriend, on Saturday night at The Eagle. And then, David: shy manner, devastating smile, expressive blue eyes. He is gentle and attentive and intense at the same time. I don’t know what I would do if I met a guy like him in Montreal. Maybe it’s easy to be the perfect guy in a holiday story. On Wednesday, we planned to pass the evening, the night and the brunch together (written with a crazy smile).

Once a month, David is DJ at the big Apple Ranch, a country-dance club. So, I left my shyness at the doors and arrived just in time for the lesson hour. I learned the two steps basis, the Barn Dance and the CC Shuffles. I danced with at least 23 cowboys (only one had a hat). And I met Jimmy, a landscape architect who works on a very interesting community garden project in Brooklyn. If we find time in the next days, he supposed to show me the garden.

All night, I didn’t stop to apologize for my bad English and for being a bad dancer. The answers I received were always the same: your English is better than my French. Some braves men tried a few word in French and that was horrible. And when I looked on the dance floor, I saw many new dancers as bad as I was. Some were even worse than me. I smiled, thinking: Well, in English like in country-dance, maybe I’m not that bad. I have to remember that I am the one who make the effort to speak a second language. And I realize that’s a big contract. Languages is more than a sum of words, it’s a culture, a colors, a way of thinking.

Time flies. Less than one week before I leave NYC. Without the frame of the school and my roommate leaved, I feel stressed and uncomfortable. But until now, everything has been well. I’m well organized and resourceful. The living is cheaper than I thought. With the money I saved, I paid myself a good ticket for my first musical on Broadway: Wicked. I’m working on the lyrics these days. I’m really excited. The show is on Saturday.

Buckle
Buckle by brutalSF, on Flickr

(written without Google Translate, corrections are welcome.)

Le royaume du vide

Jamais deux sans trois, dit-on. J’ai revu le Minotaure. Il n’a eu besoin que de compliments mielleux et d’excuses répétées pour que je passe l’éponge et que j’accepte de le revoir. Il a dormi toute une nuit entre mes draps de flanelle, avant que je les change pour des draps de coton. Sans ses verres de contact, il devient un peu aveugle. J’avais l’impression qu’il était à ma merci.

Le Minotaure porte bien son nom. Il a véritablement quelque chose de bovin. Il me fait penser au bétail qui regarde passer les trains, dans une totale indifférence. Moi je suis dans le train, le nez collé à la vitre qui s’embue, les yeux qui voudraient s’accrocher au paysage. Je ne sais pas vers quoi le train fonce en tremblant. J’espère juste que c’est un pays tempéré où il y a des rires, de la musique et des câlins.

Il a passé la nuit chez moi. Il est bien sûr arrivé plusieurs heures en retard. À minuit, je fulminais. J’avais décidé de couper tous les ponts avec lui. Et c’est à ce moment qu’il m’a téléphoné. Il était en vélo, perdu, et cherchait mon appartement. Puis le lendemain, il s’est sauvé après que l’on ait déjeuné rapidement dans le delicatessen d’à côté. C’est un amant efficace, sensuel, brûlant. Il est drôle et brillant. J’aime discuter avec lui. J’aimerais qu’il soit plus attentionné. Après la nuit chez moi, il est allé rejoindre ses copains et son conjoint, un vieil avocat avec qui il part en Italie dans les prochaines semaines.

En fin d’après-midi le Cow-Boy m’a proposé de l’accompagner, lui et des amis, au 5@7 du Paradisio. Mais je ne crois pas que c’est le meilleur endroit pour panser mon sentiment de vide. Ça pourrait même l’aggraver. J’ai bien connu cet univers de l’intérieur. Je sais qu’il est composé d’êtres humains qui courent et courent en quête de l’amour et du bonheur idéalisé proposé par la société de consommation. Et j’entre facilement dans la course. Ça me vient tout seul. Je deviens à la fois l’une des marchandises offertes aux regards et l’un des clients pointilleux. Aujourd’hui, il a fait un temps magnifique, le soleil s’exhibait, généreux. Le fond de l’air restait frais cependant. Et j’ai pris plaisir à me serrer dans un lainage en marchant dans l’arboretum. Mais je suis certain qu’au Paradisio, les hommes vont célébrer l’été. Ce sera le festival de la peau nue, uniformément bronzée, et du muscle gonflé, comme si l’on vivait une terrible canicule. Mais la chaleur humaine ne sera pas au rendez-vous. Que des solitudes entassées, jusqu’à la promiscuité, un jeu des apparences où la moindre irrégularité ne pardonne pas. Que des rires de façade, des médisances, des vantardises. Parfois, les humains me déçoivent. Ce soir, je ne me sens pas la force d’affronter le royaume du vide.

Plan B

Le bon côté d’un blogue, c’est que l’on peut se dire et se dédire, à volonté. Finalement, le concept de fuckfriend, ce n’est pas pour moi. J’allais revoir le Minotaure pour la deuxième fois. Oh là là, ça devenait presque sérieux ! Il avait insisté pour que ça se fasse chez moi. Il disait vouloir connaître mon univers. J’ai toujours du mal à faire entrer quelqu’un dans mon intimité (dans la réalité, du moins). Mais, je me suis dit que c’était normal que ça arrive un jour. Briser les habitudes et les vieux patterns, ce n’est jamais mauvais.

Le jour J, donc, je m’éveille à l’heure des poules. Au programme, changer les draps, laver les planchers et la salle de bain, époussetage. Non, bien sûr que je ne faisais pas ça que pour lui, mais… Je me suis activé toute la matinée. On ne s’était pas donné d’heures. Il m’avait dit dans un de ses courriels laconiques qu’il était à moi toute la journée. J’imaginais qu’on allait se voir en fin de journée, pour un espèce de 5@7. L’appartement n’avait jamais été aussi propre. Six boréales rousses attendaient patiemment dans le bas de mon frigo. J’avais pensé à la musique, aux bougies. Le temps était doux et j’avais pu ouvrir tout grand les fenêtres.

La journée avançait sans qu’aucun courriel n’atterrisse dans ma boîte de réception. Le téléphone, lui, restait complètement inerte. J’ai pensé qu’il pouvait bien me poser un lapin. L’inconvénient principal du rôle de fuckfriend est de passer le dernier, après tous les aléas de la vie. J’ai un pressentiment : il ne viendra pas. Puis, je me dis que c’est encore mon côté drama-queen qui fait des siennes. Je me suis retenu jusqu’à 17 heures avant de téléphoner. Son cell était fermé. J’ai laissé un message très bref avec un faux sourire dans la voix. Depuis j’attends.

J’envisage un plan B. C’est peut-être un signe du destin. Ce gars-là a tout l’air de se moquer de moi. C’est probablement ce qui m’attire tant chez lui. J’aime les défis, en particulier ceux qui sont impossibles. Faire tomber amoureux un indifférent, c’est comme grimper le Kilimandjaro. Le plan B consiste à sauter dans la douche, m’habiller, étrenner mon plus beau sourire et me diriger au 5@7 du Paradisio. Oublier le Minotaure et m’amuser. Juste au cas, j’ai déposé le combiné du téléphone sans fil, sur le comptoir de la salle de bain, pendant que je prenais ma douche. Je me suis savonner en me répétant des clichés de pop-psycho dans le genre : « Je ME choisis ».

La rousse du Paradisio valait bien celle qui boudait dans mon frigidaire. Un gars m’a souri de l’autre côté du bar. La dégaine de Jim Carrey avec un petit air d’Éric Bernier. L’alcool m’embrumant l’esprit, je lui raconte toute ma soirée. « Ben voilà, qu’il conclut, il fallait que tout ça arrive pour que tu me rencontres. Tu crois pas aux signes, toi ? Moi j’y crois ! » On est allé manger au Wakamono. Il est charmant. Il est drôle. Il est gentil. Il est parfait. Qu’est-ce que c’est ennuyant la perfection !

Les fuckbuddies, c’est ça la mode !

Max, c’est une vieille histoire. Quand je l’ai connu, il était danseur (en danse contemporaine ou quelque chose du genre). Aujourd’hui, il est infirmier. On s’est retrouvé un jour dans un colloque. Ignorant que l’on se connaissait, un de mes collègues a voulu nous présenter. Et comme on ne s’était jamais reparlé, il y a eu comme un petit malaise (de ma part en tout cas). Il a souri en lançant : « C’est un Sex and the City moment ! » et moi j’ai viré au cramoisi pendant que mon collègue se tournait vers moi puis s’étouffait de rire.

On est désormais employés par des organismes qui sont partenaires et, de temps à autre, on travaille ensemble. La clinique de dépistage que l’on tenait ce soir-là dans un peep-show n’avait attiré personne. Les heures s’étiraient. On a parlé de cuisine, des bonheurs de la course à pied, des dangers de l’entraînement et, finalement de la quête impossible du couple. Tout autour de nous s’étalaient des centaines de boîtes de films pornos gais avec des garçons dénudés qui nous faisaient de l’oeil.

— Pourtant, disais-je, tous les gars que je rencontre quand je fais de l’intervention dans les saunas me disent que c’est ce qu’ils recherchent une relation stable, l’amour avec un grand A.
— Oui, mais ça, c’est avant qu’ils soient venus
— (…)
— Une fois qu’ils sont venus, ils passent à autre chose. Je te le dis, c’est toujours comme ça.
— Tu penses ?
— Ben oui ! C’est évident.
— C’est vrai que le dernier que j’ai rencontré m’avait dit qu’il était célibataire. Une fois qu’il est venu, il s’est rappelé qu’il avait un chum. (Je me souviens de la situation et je rigole.) Un couple « ouvert ».
— C’est pour ça que moi… jamais, le premier soir ! Ça l’air stif comme ça, mais ça en élimine pas mal. Tu sais, ceux qui veulent juste du cul, ils se rendent jamais à la deuxième fois. On est à l’ère du junk-sex. Non, non, non, tu ris, mais c’est vrai.
— Ben, ce gars-là je l’avais fait attendre la deuxième fois, peut-être qu’il était particulièrement mal pris. En fait, il m’a dit qu’il venait de se séparer, mais qu’il espérait que ça allait s’arranger. Quand ils étaient ensemble, en couple ouvert, ils baisaient à gauche et à droite, mais la règle c’est qu’il n’avait pas le droit de revoir deux fois le même gars, pour pas que ça devienne sérieux. Alors, bien sûr, il ne veut pas qu’on se revoie.
— (…)
— (…)
— C’est pas évident à notre âge. Les gars sont tout’ casés ou bien tout ce qu’ils veulent c’est s’amuser.
— Déprimant !
— Les fuckbuddies, c’est ça la mode !
— Oui, mais je trouve que ceux qui cherchent des fuckbuddies sont moins pathétiques que ceux qui recherchent l’amour désespérément. Souvent, ces gars-là sont bien dans leur peau, ils ont des vies intéressantes, des passions, des amis. Moi, les gars qui ont pas de vie, pas d’amis, p’is qui cherche le gars qui va combler tous leurs besoins, je trouve ça un peu pitoyable. Combler tous les besoins de quelqu’un, c’est un trop gros mandat pour un seul homme… Non, je suis pas mal certain que les amateurs de fuckbuddies sont mieux dans leur peau.
— Ils ont « l’air » bien dans leur peau !
— Ouin, t’as peut-être raison. Peut-être qu’ils sont malheureux aussi. Au fond, tout le monde est malheureux, non ?
— Ils sont malheureux, c’est certain. C’est pour ça qu’ils ont toujours besoin de se prouver qu’ils pognent encore en passant d’un fuckbuddies à un autre…

Phénix

J’ai deux emplois, pour joindre les deux bouts. Je m’astreins à écrire régulièrement et à m’entraîner. Je suis souvent débordé. Par intermittence, je laisse tomber des pans entiers de ma vie pour ne garder que l’essentiel, le fonctionnel, l’hygiénique. Parfois pour sauver les apparences. Parfois parce que la survie prend le pas sur la vie. Poursuivre la lecture

Quelqu'un

Dans ces instants de transition, entre la nuit et le jour, quelqu’un me manque. Il y a des moments où le corps s’abandonne et où je dresse des bilans, je revois le dernier jour écoulé et j’imagine l’avenir. J’aurais envie de me raconter à quelqu’un, quelqu’un de tangible. Les sédiments des jours et des nuits se déposent en couches de tristesse ou de bonheur. Je sens comme une brûlure, le besoin de m’approcher d’un autre, deviner la masse d’un corps, entendre un souffle, entendre un cœur, entendre. Poursuivre la lecture