Skip to content

Billet avec le mot-clef ‘silence’

Peau de tambour

Le silence se peuple d’échos. Des volutes de mots qui s’épanouissent avant de disparaître. Le temps se dilate dans l’attente. L’œil averti peut parfois y deviner un sens, une direction. L’agitation se dépose. Les enfants s’endorment. L’espace se dégage, enfin. J’avais besoin de me taire pour un temps. De respirer.

Tous mes projets de novembre sont restés en plan. La vie en a décidé autrement. Plus de course, la fracture refuse de se consolider. J’attends le spécialiste. Plus de projet de roman, j’ai réalisé que j’étais aux portes de l’épuisement professionnel. Et même pas de moustache. Je n’ai voyagé qu’en moi-même. Que des terres inconnues, où il a bien fallu continuer de respirer. Je m’interrogeais sur le sens à donner à ce blogue, quand des pirates se sont emparés de la plate-forme. Ceux-là se prétendaient talibans. Ils ont tout fait sauter, une fois de plus. J’avais réussi à presque tout récupérer grâce à des copies de sauvegardes. Seule la dernière année m’échappait. Mais cette année perdue me faisait mal. J’en avais besoin. J’ai finalement réussi à la repêcher des abîmes de la Toile. Il faut accepter ses limites. Je ne suis pas programmeur.

En prévision d’une prochaine attaque, j’ai déménagé le tout sur un blogue gratuit de WordPress. Au fil des années, j’y ai créé des sites qui sont en ligne depuis, sans problèmes. Le transfert s’est fait en moins d’une demi-heure. J’ai choisi la sobriété. J’ai pris le premier titre qui me passait par la tête : Peau de tambour. C’est le nom d’une couleur de peinture, un blanc cassé que Kurt m’avait recommandé. Un off white pour faire vibrer les mots. Pour lancer des lignes dans l’espoir de toucher, du bout des doigts. Je vous présente Peau de tambour. Tous les billets et commentaires de la Face cachée y ont été déménagés dans l’urgence.

Coupure nette

J’avoue que cette chanson me tombait sur les nerfs. Je l’ai trop entendu à la radio. Jusqu’à ce qu’un ami publie ce clip (très beau) sur Facebook et que je m’arrête pour écouter les paroles. J’ai aimé le trouble et la nuance. Je me suis reconnu. Et j’ai eu envie de les traduire. Je me suis glissé dans les mots d’un autre comme dans une vieille paire de jeans. Poursuivre la lecture

À l’abri des regards

La vie suit son cours. Souvent interminable, parfois trop court. Toujours imprévisible (note à moi-même). Sans travail, je traverse ce printemps erratique comme s’il s’agissait des limbes. Avec le sentiment qu’il n’y a peut-être pas d’issues, que la grisaille pourrait être éternelle. Que de la solitude et du gris en lambeaux dans la lumière blafarde. J’ai du mal à croire aux possibles. Je lâche prise. L’espoir est, lui aussi, un oiseau rebelle, il reviendra quand son temps sera venu. Si je le laisse venir à moi. Poursuivre la lecture

Après la colère

Après la colère, il y eut un désert, traversé çà et là de quelques bourrasques. Je n’ai pas écrit. Je ne me suis pas vidé le cœur en lançant mes mots acérés contre le beau barbu. J’aurais pu n’en faire qu’une bouchée. Je n’ai pas fixé sur le papier ce que je peux penser de certains de mes patrons. De leur immobilisme, de leur indifférence. Ce n’est pourtant pas les idées de qualificatif qui me manquaient. J’essaie de chasser la rancœur quand elle se pose sur mon nez. Je me suis tu et j’ai laissé le temps faire son œuvre de poussière. Poursuivre la lecture

Inavouable

Elle emprunte mille détours. Si elle n’a pas droit de cité dans certaines sphères de ma vie, la colère se faufile pour frapper ailleurs, à des moments qui ne sont pas toujours des plus opportuns. Lorsque je veux me coucher tôt et qu’il est déjà trop tard, par exemple. Je m’enflamme pour des futilités et je m’obstine à ne pas lâcher l’os, emporté par le courant. Je me doute bien que sa source est ailleurs, dans les recoins de mon esprit où je n’ose pas regarder. Dans ce magma d’émotion dont je ne veux pas admettre l’existence. Pourquoi la colère me paraît-elle si inappropriée ? Poursuivre la lecture

Jour 2

Depuis que le cours de 10 jours est commencé, nous vivons comme des détenus. La routine m’assomme, mais n’arrive pas à calmer cette révolte sourde. Depuis deux jours, j’essaie de me concentrer sur ma respiration. C’est un combat perpétuel et inégal. Mon esprit dispose de ressources insoupçonnées. Les chants qui ponctuent les méditations m’irritent royalement. Je ne vois pas l’intérêt de ce rituel pour des Occidentaux. Et cette voix gutturale, toujours à côté de la note m’horripile. Les discours du soir sont interminables et décousus. Poursuivre la lecture

Jour – 2

Après que le mirage des 1000 jours se soit évanoui, j’ai fait un choix. J’ai choisi de ne pas laisser tomber ce désir d’aventure qu’il a réveillé en moi. J’ai plusieurs projets dans ma mire pour élargir mes horizons, me secouer, me dépasser et peut-être voir du pays. Ma première aventure sera intérieure et débutera dans moins de 48 h. Je ne pense qu’à ça, en ce moment. Le cours de 10 jours de Vipassana. Poursuivre la lecture

La chute des feuilles

L’hiver, les arbres sont en bois. — Georges Courteline
 
On dit que rien n’arrive pour rien. Je ne sais pas si c’est vrai, mais les mauvais quarts d’heure sont plus faciles à avaler si l’on y croit le moindrement. Lors de leur dernière visite, les hackers, semble-t-il, ne se sont pas contentés d’effacer tout le contenu. Ils auraient également installé un logiciel malveillant, une sorte de bombe à retardement pouvant faire des dégâts plusieurs jours après leur passage. Le maliciel (joli néologisme de l’Office québécois de la langue française pour malware) serait caché quelque part dans le code ou peut-être même dans mon ordinateur. Poursuivre la lecture