Peau de tambour
Le silence se peuple d’échos. Des volutes de mots qui s’épanouissent avant de disparaître. Le temps se dilate dans l’attente. L’œil averti peut parfois y deviner un sens, une direction. L’agitation se dépose. Les enfants s’endorment. L’espace se dégage, enfin. J’avais besoin de me taire pour un temps. De respirer.
Tous mes projets de novembre sont restés en plan. La vie en a décidé autrement. Plus de course, la fracture refuse de se consolider. J’attends le spécialiste. Plus de projet de roman, j’ai réalisé que j’étais aux portes de l’épuisement professionnel. Et même pas de moustache. Je n’ai voyagé qu’en moi-même. Que des terres inconnues, où il a bien fallu continuer de respirer. Je m’interrogeais sur le sens à donner à ce blogue, quand des pirates se sont emparés de la plate-forme. Ceux-là se prétendaient talibans. Ils ont tout fait sauter, une fois de plus. J’avais réussi à presque tout récupérer grâce à des copies de sauvegardes. Seule la dernière année m’échappait. Mais cette année perdue me faisait mal. J’en avais besoin. J’ai finalement réussi à la repêcher des abîmes de la Toile. Il faut accepter ses limites. Je ne suis pas programmeur.
En prévision d’une prochaine attaque, j’ai déménagé le tout sur un blogue gratuit de WordPress. Au fil des années, j’y ai créé des sites qui sont en ligne depuis, sans problèmes. Le transfert s’est fait en moins d’une demi-heure. J’ai choisi la sobriété. J’ai pris le premier titre qui me passait par la tête : Peau de tambour. C’est le nom d’une couleur de peinture, un blanc cassé que Kurt m’avait recommandé. Un off white pour faire vibrer les mots. Pour lancer des lignes dans l’espoir de toucher, du bout des doigts. Je vous présente Peau de tambour. Tous les billets et commentaires de la Face cachée y ont été déménagés dans l’urgence.





