La dernière fois, c’est la traîne d’Irène qui avait détrempé Montréal. Et le cocktail estival qui devait se faire en plein air avait dû être annulé. Cette fois-ci, la tempête aurait pu s’appeler Blanche. Une neige lourde s’abattait en douceur sur la ville, en étouffait les sons. En un instant, les rues étaient transfigurées, tapissées d’une blancheur immaculée. Je serrais un troisième verre de rouge dans la main pour arriver à ne plus rougir dans ce loft industriel rempli de corps masculins magnifiques. Je ne semblais pas être le seul à être vaguement paralysé par mes phobies sociales. Chaque groupe formait une bulle fermée. J’étais avec les coureurs. Il y avait les joueurs de volley-ball ou de water-polo. Les nageurs restaient entre eux, comme les amateurs de plein air. Toutes les équipes gaies de Montréal y étaient. Poursuivre la lecture
En janvier 2007, j’ai eu le coup de foudre pour cette campagne de publicité sociale. (Merci à Éric, de me l’avoir fait découvrir.) Ces clips ont été publiés sur mon premier blogue, au fur et à mesure que les épisodes étaient mis en ligne. J’avais envie de les avoir ici, rassemblés. Peut-être que certains lecteurs ne les ont jamais vus.
Production : Incendia Health Studios, une division d’Ignite Health LLC.
Il n’y a rien comme le noir pour faire éclater la lumière. En cinq épisodes, Live with it aborde avec peu de moyens, mais beaucoup de doigté les thèmes du déni, de la colère et de la culpabilité. Des sujets sensibles et très chargés. Je me reconnais dans chacun de ses personnages.
Live with it – episode I : Mudd
J’ai fréquenté pendant un an un groupe de soutien comme celui où aboutissent les personnages de cette série. Il y faisait plus clair, et l’ambiance y était souvent plus légère. Mais la première fois que j’y ai mis les pieds, c’était un pas énorme à franchir. Mon truc a été de ne pas réfléchir avant d’y aller. J’ai vu quelquefois des individus y arriver sous l’influence de l’alcool ou de la drogue. Au fil du temps, les histoires se dévoilent. Derrière le virus invisible se cachent des amoncellements de blessures silencieuses. Ce qui est particulièrement bien rendu par ces clips.
Live with it – episode II : Trevor
Trevor — « … Toute ma vie, j’ai prétendu être un autre. J’ai prétendu que j’étais un bon époux, que je serais un bon père. Je pensais que je pouvais juste prétendre que je n’étais pas séropositif… »
Live with it – episode III : Bobbie
Lorsque l’on vit dans le regard des autres, ce que l’on est réellement n’a plus beaucoup d’importance. Qu’est-ce que la beauté ?
Live with it – episode IV : Julio
« … Julio a 25 ans et il se passionne pour les vieilles voitures. Là s’arrêtent les stéréotypes du latino. Julio ne s’est jamais reconnu dans les valeurs de son milieu d’origine. Il a choisi la rue pour fuir un environnement familial étouffant. Et il s’est lancé à corps perdu dans une fuite en avant, en espérant ainsi trouver sa voie. Il vit à cent à l’heure sans jamais se retourner. Il ignore où tout ça le mènera. C’est simplement sa façon de survivre. Mais pour découvrir ce que la vie a à offrir, il faut parfois savoir s’arrêter… »
Live with it – episode V
La conclusion de la série. La rédemption est-elle possible ?
J’avais mis en ligne les clips sur Youtube sans prendre la peine de demander la permission. Quelqu’un de l’équipe de Ignite Health est tombé sur mon blogue. Et ça donne ceci.
Connaître l’ennemi. Utiliser ses stratégies pour lutter à armes égales. C’est un peu ce que le développement du Web a permis aux acteurs de la lutte contre le sida. D’abord en diffusant des informations d’une complexité incroyable, qui doivent être constamment mises à jour. Ensuite en donnant la parole à toutes les personnes touchées par la pandémie de façon à briser le silence qui met en péril tous les acquis. Désormais, les stratégies de marketing viral utilisent les réseaux de communication et les réseaux sociaux pour que les messages de prévention se répandent à une vitesse fulgurante, sans bruit et sans grand investissement. En tablant, sur le plaisir, l’humour ou l’empathie, bref, ce qu’il y a de meilleur en l’être humain, ce type de publicité nous amène à nous approprier le message et à en devenir les agents propagateurs. Tout le monde y gagne, sauf le virus. Faites circuler !
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Ils pourront couper toutes les fleurs, mais ils n’arrêteront jamais le printemps. — Pablo Neruda
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