La distance de ma longue sortie hebdomadaire diminuait cette semaine à 19 km. (Avant d’augmenter de nouveau à 29 km, dimanche prochain.) Heureusement, la canicule s’est calmée et les températures sont revenues à la normale : autour de 20 °C avec un petit vent bien agréable. Depuis des semaines, le temps est au beau fixe. J’avais pris l’habitude d’alterner marche et course pour les longues sorties (10 min course, 1 min marche). J’ai décidé, pour celle-ci, de couper une pause sur deux et de n’arrêter qu’aux buvettes.
Sur la piste Des Carrières, j’ai dépassé un coureur, un grand brun dans la trentaine qui portait le t-shirt bleu pétrole du Marathon de Montréal 2009 et un sac à dos rouge. À l’abreuvoir, au bout de la piste, il m’a dépassé à son tour. Je me trouvais donc derrière lui en arrivant à l’intersection de la rue Clark, où il a bifurqué. J’ai eu l’intuition que je devais le suivre. J’ai hésité et j’ai plutôt opté pour mon chemin habituel, sur le trottoir, de l’autre côté de Clark. En passant sous le viaduc, j’ai réalisé que son trajet était plus efficace que le mien, ce qui lui a donné quelques coins de rue d’avance. Mais j’apercevais toujours son sac à dos rouge, comme un repère devant moi. Comme ma vitesse était légèrement supérieure à la sienne, je me rapprochais. J’ai décidé de le suivre. C’était presque reposant de ne plus avoir à se soucier du trajet. Jusqu’à ce que je réalise qu’il remontait vers l’ouest. Peut-être n’allait-il pas au Mont-Royal. J’ai emprunté une rue tranquille, pour reprendre vers le sud en direction de la montagne.
Mais arrivé à l’entrée du parc Jeanne-Mance, je l’ai de nouveau aperçu, à une centaine de mètres devant moi. Tout le long de la montée, je le perdais de vue périodiquement, puis je l’apercevais au détour des boucles du Chemin Olmsted. Je me suis dit que c’était peut-être mon ange gardien. Le sac à dos rouge, au loin, était le signal que je ne devais pas lâcher et que tout irait bien. Ma vitesse diminue toujours dans la montée, particulièrement au début, où elle est plus prononcée. Je me suis concentré sur ma posture et sur la constance du rythme en savourant l’ombre bienfaisante des arbres immenses.
Au sommet, il a fait un arrêt au chalet de la montagne pendant que j’arrêtais à la buvette et il a fait la boucle de la croix en sens inverse. Je l’ai donc croisé environ à mi-parcours. Il y avait un vent frais qui soufflait loin au-dessus de la ville. Et j’ai entamé la descente en me disant qu’il devait être pas très loin derrière moi. De retour au bas de la montagne, je me suis arrêté pour marcher les derniers mètres. Il m’a alors de nouveau dépassé. Je me suis lancé derrière lui dans le parc Jeanne-Mance, puis sur la rue Clark. Mes 19 km ont été atteints, à l’intersection d’une petite rue du Mile-End, devant un dépanneur, une poissonnerie portugaise et une station Bixi. Je me suis acheté un lait au chocolat (le meilleur ratio sucre/protéine pour la récupération, pour la modique somme de 1.89 $). J’ai reconnu le caissier, un peu enrobé. C’est l’une des drag-queens vedettes du Faggity Ass Friday. (J’ai oublié son nom.)
Je suis rentré en bixi. J’étais très fier, de ce 19 km. Environ 1 h 42, mon meilleur rythme au kilomètre pour une aussi longue distance. Je n’ai eu que quelques douleurs dans le dernier kilomètre. Un peu d’inflammation dans un genou, ce qui m’inquiète un peu. Je vais devoir ajouter quelques exercices pour renforcer les stabilisateurs du genou et appuyer un peu plus sur les étirements.
