Skip to content

Billet avec le mot-clef ‘stress’

À cause

Depuis que je me suis cassé le pied, je m’attends toujours au pire. Je sursaute quand le téléphone sonne ou quand j’entends la sirène d’une ambulance. J’ai peur. Je me répète pour me convaincre que l’on est sain et sauf, que jusqu’ici tout va bien. J’ai 540 CD4 et un pied sauf. J’en ai vu d’autres. J’ai peur de prendre les mauvaises décisions. J’ai peur de me tromper. J’ai dû dépenser près de deux mille dollars pour le déménagement. Pour des meubles qui fiteront dans la nouvelle chambre. J’ai peur d’avoir fait le mauvais choix. Je sais que la colocation peut virer en cauchemar. La colocataire, pour le moment, ne fait rien pour me rassurer. Elle n’a pas vraiment libéré d’espace dans les aires communes. Je déménage dans deux jours ! Elle a un côté hystérique qui ne présage rien de bon. Elle a énormément besoin d’attention. Poursuivre la lecture

Stress

C’est un été de maux de ventre et de maux de tête. Les maux de ventre reviennent presque tous les jours, dès que je mange, en fait. Je saute des repas lorsque je veux prendre une pause. J’ai changé l’horaire de prise des médicaments pour voir s’ils sont en cause. Les maux de tête apparaissent au travail en fin de journée et il s’aggrave au fil de la semaine. Les nausées semblent liées aux maux de tête. J’ai l’impression que je ne supporte plus la chaleur. La canicule dure depuis des mois. C’est un cercle vicieux dans lequel je glisse. J’ai du mal à dormir. J’ai tenté les somnifères, ça a fonctionné pour quelques jours puis les insomnies sont réapparues. Il aurait fallu que j’augmente la dose, j’ai préféré la réduire graduellement, faire un sevrage. Poursuivre la lecture

Les voies du corps

Très tôt dans l’enfance, j’ai abandonné mon corps. Je suis un cérébral. Le corps c’était mal. Et mes parents n’avaient pas une bonne opinion des gens qui pratiquaient le sport, des gens un peu grossiers, qui ne devait pas avoir trop d’éducation. Contrairement à la plupart des garçons de mon âge, je n’ai jamais joué au baseball ou au hockey. L’idée m’attirait en même temps qu’elle me faisait peur. Mes parents ont dit « non » une fois et je n’ai pas insisté. C’est beaucoup plus tard que je me suis intéressé au sport, d’abord à travers les arts du cirque (un sport extrême lié à l’art et à la culture, ça passait mieux), en particulier le trapèze, puis par la course à pied. Poursuivre la lecture

Inavouable

Elle emprunte mille détours. Si elle n’a pas droit de cité dans certaines sphères de ma vie, la colère se faufile pour frapper ailleurs, à des moments qui ne sont pas toujours des plus opportuns. Lorsque je veux me coucher tôt et qu’il est déjà trop tard, par exemple. Je m’enflamme pour des futilités et je m’obstine à ne pas lâcher l’os, emporté par le courant. Je me doute bien que sa source est ailleurs, dans les recoins de mon esprit où je n’ose pas regarder. Dans ce magma d’émotion dont je ne veux pas admettre l’existence. Pourquoi la colère me paraît-elle si inappropriée ? Poursuivre la lecture

La chute des feuilles

L’hiver, les arbres sont en bois. — Georges Courteline
 
On dit que rien n’arrive pour rien. Je ne sais pas si c’est vrai, mais les mauvais quarts d’heure sont plus faciles à avaler si l’on y croit le moindrement. Lors de leur dernière visite, les hackers, semble-t-il, ne se sont pas contentés d’effacer tout le contenu. Ils auraient également installé un logiciel malveillant, une sorte de bombe à retardement pouvant faire des dégâts plusieurs jours après leur passage. Le maliciel (joli néologisme de l’Office québécois de la langue française pour malware) serait caché quelque part dans le code ou peut-être même dans mon ordinateur. Poursuivre la lecture

Soudain

Une bouffée de révolte, une plainte sourde. Sans attendre, je me relève et je me lance à nouveau. Pause. Repli stratégique, je réfléchis. Je me transforme. Je deviens celui que je crois qu’il faut être : plus petit ou plus grand, plus noir ou plus blanc. J’essaie encore de me faire une place dans le cadre. Il le faut. J’espère et je me blesse.

Même si je pressens que ce sera inutile, je m’obstine, j’en fais une affaire personnelle, une question de valeur. Peine perdue. Ce n’est pas ma place. Je ne suis juste pas à ma place. Je ne fite pas.
Poursuivre la lecture

Au bout de la nuit

Je suis arrivé à me coucher plus tôt depuis une semaine. Je vois la différence, je me sens mieux le matin. Je traverse des vagues de colère. Contre mon deux de pique de propriétaire, contre ma job, contre toutes les injustices de cette vie. La peur ébranle ma démarche quand je sens le froid qui s’installe et la nuit qui gagne chaque jour du terrain. Mes jours se ressemblent, tous. Ils sont pilotés par l’instinct de survie. Il me mènera bien au bout de la nuit. Et j’arrive à gérer mes attentes irréalistes. Je respire. J’observe. J’écoute. Je dormirais bien jusqu’au printemps. Mais, je ne suis pas un ours. Je dois traverser cet hiver, les yeux grands ouverts. Poursuivre la lecture

Une douce colère

Une douce colère coule vers mon cœur d’Indien. Des frissons révolutionnaires courent sur ma nuque devant la mise à mort de l’été. J’ai lâché les rêves que j’ai poursuivis ces derniers mois. Je les regarde s’éloigner en m’accrochant à une idée : à chaque instant, tout est possible. Personne ne peut dire ce que sera demain. En attendant, j’accuse les coups. Mais je suis fatigué de relever la tête, de remettre l’épaule à la roue. Il me semble que j’ai déjà suffisamment donné. Je suis un control freak, soit. On ne se refait pas. Mais j’ai appris qu’à l’entrevue, les dés étaient pipés. Poursuivre la lecture