Il a posé son sac sur le tapis. Il y pige l’essentiel : les vêtements qu’il porte, les médicaments. Il n’a rangé que les aliments périssables. Il n’a pas envie de revenir. Il a souhaité que ce recul lui donne l’énergie nécessaire pour s’attaquer aux changements à opérer dans sa vie. Entres autres, trouver un nouvel endroit pour vivre. Mais le choc initial avec la réalité est brutal. L’Internet devient une fenêtre à laquelle il s’accroche, même s’il sait bien que ses lumières ne sont qu’illusoires.
L’insomnie, oubliée, est revenue hanter ses premières nuits, comme si elle l’avait attendu. L’angoisse des lendemains. Il sait qu’il n’en peut plus des conditions dans lesquelles il vit. Il a tenté d’améliorer les choses, sans grand succès. Mais partir lui fait peur. Comment arrivera-t-il à joindre les deux bouts ? Il regarde le plafond, traversé par des vagues de colère, d’inquiétude et d’apathie. Il en a assez de ce quotidien où il se saigne pour les autres, sans rien recevoir en retour. Il ne veut plus donner. Il n’a plus rien à donner. Poursuivre la lecture