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Billet avec le mot-clef ‘travail’

Les possibles

Le chômage, ça peut être déprimant. Heureusement, il y a ce printemps incongru. L’hiver devrait pourtant nous réserver encore quelques tempêtes de neige avant de rouler sur ces derniers miles. 23 °C, au moment où j’écris ces lignes, le mercure fracasse des records de températures à Montréal. (Le précédent record était de 18,6 °C le 23 mars 1979.) Outre la météo, je savoure quelques victoires. Mes CD4, trop peu nombreux, se montrent néanmoins vaillants. Poursuivre la lecture

Pouding chômeur

« Profites-en ! C’est rare qu’on ait la chance de prendre un temps d’arrêt dans nos vies tumultueuses » m’a dit Dan, l’homme du cocktail. Ça a l’air si simple. Je suis juste pas doué pour l’immobilité. C’est écrit dans le ciel que je ne devrais pas revoir cet homme. Quand je lève les yeux, le mot « pattern » clignote en néons rouges. Mais je n’y peux rien, chaque cellule de mon corps aspire à baigner de nouveau dans sa chaleur. On est différent. Lui ne se pose pas de questions. Il s’amuse des miennes qui montent à heures régulières comme les marées. Il y répond, patiemment. Il n’est pas libre, mais il est là, toujours. Poursuivre la lecture

Le retour

Il a posé son sac sur le tapis. Il y pige l’essentiel : les vêtements qu’il porte, les médicaments. Il n’a rangé que les aliments périssables. Il n’a pas envie de revenir. Il a souhaité que ce recul lui donne l’énergie nécessaire pour s’attaquer aux changements à opérer dans sa vie. Entres autres, trouver un nouvel endroit pour vivre. Mais le choc initial avec la réalité est brutal. L’Internet devient une fenêtre à laquelle il s’accroche, même s’il sait bien que ses lumières ne sont qu’illusoires.

L’insomnie, oubliée, est revenue hanter ses premières nuits, comme si elle l’avait attendu. L’angoisse des lendemains. Il sait qu’il n’en peut plus des conditions dans lesquelles il vit. Il a tenté d’améliorer les choses, sans grand succès. Mais partir lui fait peur. Comment arrivera-t-il à joindre les deux bouts ? Il regarde le plafond, traversé par des vagues de colère, d’inquiétude et d’apathie. Il en a assez de ce quotidien où il se saigne pour les autres, sans rien recevoir en retour. Il ne veut plus donner. Il n’a plus rien à donner. Poursuivre la lecture

Kevin dans les serres

Il paraît que c’est la faute à La Niña cet hiver en dents de scie, ces grands froids qui succèdent aux pluies verglaçantes. J’ai la chance, grâce à mon travail, de pouvoir m’échapper périodiquement du froid. Et comme je risque fort de me retrouver aux chômages dans une semaine, aussi bien en profiter. Ces jours-ci, je passe mes heures de lunch à admirer le feuillage des bananiers ou à respirer les parfums étonnants des orchidées tropicales tout en marchant dans les serres. Poursuivre la lecture

Le cadeau

Pendant la période de Noël, j’ai mis de côté mon caractère sauvage et misanthrope pour côtoyer la famille et les amis. C’est avec un certain soulagement que j’ai replongé dans le travail entre Noël et le jour de l’an. La plupart de mes collègues sont encore en congé. Je suis seul avec les plantes dans le grand bureau. Même la clientèle a déserté le Jardin. J’aime beaucoup travailler en solitaire dans le silence et être le seul maître à bord. Et je bosse en ce moment sur un projet qui m’intéresse. Je devais en principe être au chômage en janvier. J’apprécie ce sursis inattendu qui m’a été offert jusqu’à la fin du mois. Poursuivre la lecture

Soudain

Une bouffée de révolte, une plainte sourde. Sans attendre, je me relève et je me lance à nouveau. Pause. Repli stratégique, je réfléchis. Je me transforme. Je deviens celui que je crois qu’il faut être : plus petit ou plus grand, plus noir ou plus blanc. J’essaie encore de me faire une place dans le cadre. Il le faut. J’espère et je me blesse.

Même si je pressens que ce sera inutile, je m’obstine, j’en fais une affaire personnelle, une question de valeur. Peine perdue. Ce n’est pas ma place. Je ne suis juste pas à ma place. Je ne fite pas.
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Au bout de la nuit

Je suis arrivé à me coucher plus tôt depuis une semaine. Je vois la différence, je me sens mieux le matin. Je traverse des vagues de colère. Contre mon deux de pique de propriétaire, contre ma job, contre toutes les injustices de cette vie. La peur ébranle ma démarche quand je sens le froid qui s’installe et la nuit qui gagne chaque jour du terrain. Mes jours se ressemblent, tous. Ils sont pilotés par l’instinct de survie. Il me mènera bien au bout de la nuit. Et j’arrive à gérer mes attentes irréalistes. Je respire. J’observe. J’écoute. Je dormirais bien jusqu’au printemps. Mais, je ne suis pas un ours. Je dois traverser cet hiver, les yeux grands ouverts. Poursuivre la lecture

Une douce colère

Une douce colère coule vers mon cœur d’Indien. Des frissons révolutionnaires courent sur ma nuque devant la mise à mort de l’été. J’ai lâché les rêves que j’ai poursuivis ces derniers mois. Je les regarde s’éloigner en m’accrochant à une idée : à chaque instant, tout est possible. Personne ne peut dire ce que sera demain. En attendant, j’accuse les coups. Mais je suis fatigué de relever la tête, de remettre l’épaule à la roue. Il me semble que j’ai déjà suffisamment donné. Je suis un control freak, soit. On ne se refait pas. Mais j’ai appris qu’à l’entrevue, les dés étaient pipés. Poursuivre la lecture