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Billet avec le mot-clef ‘végétarien’

Tofu pour néophyte

Économique, riche en protéines, pauvre en gras, le tofu a tout pour plaire. Il demeure pourtant un mal aimé. Peut-être parce qu’il reste méconnu. Ou parce qu’il est présenté par des nutritionnistes au discours un brin moralisateur (en compagnie du brocoli). Pourtant le tofu peut se métamorphoser en repas cochons ou en plats fins, il peut se révéler étonnant ou réconfortant, rassasiant ou totalement addictif. Et, avantage non négligeable pour les gens pressés et les cancres de la cuisine (dont je suis), il est facile à cuisiner ! Poursuivre la lecture

Rouge burger

J’ai beaucoup aimé Les carnivores infidèles de Catherine Lefebvre, mais les burgers m’ont laissé sur ma faim. Le burger végétarien à base de betterave du Cou Rouge sur Amherst m’avait intrigué. Je ne pouvais y goûter parce qu’ils y mettent des noix et que j’y suis allergique. Mais j’ai trouvé sur le net une recette que j’ai modifiée en ajoutant plusieurs assaisonnements proposés par Catherine Lefebre.

Le résultat est épatant. Rouge rosé et tendre à l’intérieur, doré et croustillant à l’extérieur, ces burgers n’ont rien à envier au boeuf de l’Ouest. La cuisson est simplement plus délicate, comme pour la plupart des burgers végétariens. Obtenir la texture parfaite est un art et souvent les boulettes se tiennent mal. Il paraît que la texture est plus réussie si on hache les betteraves à la main. Pour ma part, j’ai utilisé le robot. Le goût vaut amplement le travail et la longue liste d’ingrédient !

Burger de betterave (environ 6 portions)

  • 1/2 à 1 tasse de riz brun (pour le croustillant)
  • 1 oignon, haché finement (saveur)
  • 3 grosses betteraves, hachées finement (couleur et saveur)
  • 1 boîte de haricot noir rincé (protéine)
  • 3-4 gousses d’ail, émincé
  • 2 cuillerées à table de vinaigre de riz et le jus d’un demi-citron
  • 1 cuillerée à table d’huile d’olive
  • 1/4 tasse de prunes séchées, réhydratées et hachées
  • 1/2 tasse de champignons shiitake, séchés, réhydratés et hachés
  • 1 poivron chipotle finement haché
  • 2 œufs (pour la tenue)
  • Farine de blé entier et/ou chapelure
  • quelques gouttes de fumée liquide
  • Moutarde de Dijon (au goût)
  • Poivre noir, poudre d’ail, cumin
  • sel et poivre

Tranches de Monterrey Jack (au goût)

Pendant que le riz termine sa cuisson, préparez les ingrédients et faites revenir l’oignon et les betteraves à feux doux. Mêlez les ingrédients en ajustant la texture en ajoutant de la farine (de la chapelure ou du gruau). Assaisonnez au goût. Confectionnez les boulettes en trempant vos mains dans l’eau froide pour faciliter la manipulation. Cuire à feu moyen vif environ 2 minutes de chaque côté, jusqu’à ce que les boulettes soient dorées. Si vous désirez ajouter du fromage, faites-le au dernier moment de la cuisson. Servir sur des petits pains avec tomates, laitue, ketchup, etc. Les boulettes se conservent bien au réfrigérateur, au congélateur. Elles sont même délicieuses froides.


Photographie : Emma Christensen pour The Kitchn

Les flocons

Les bonheurs ont la fragilité des flocons de neige. Il n’existe que dans le présent. Lorsqu’ils se posent sur une main, sur le bout d’une langue ou sur la joue, ils n’y laissent qu’une larme. C’est tout un apprentissage que d’arriver à goûter les plaisir éphémères. Au moment où l’on croit que la neige restera là pour toujours, un temps plus doux arrive sur la pointe des pieds et s’installe sur la ville. Et tout se met à fondre.

Jusqu’à la veille de ma démission, je ne savais pas si je prenais la bonne décision. J’ai dormi d’un sommeil agité. La tension était telle qu’il fallait que j’agisse. Il fallait trancher. Et annoncer mon départ, au directeur, aux autres coordonnateurs, à l’équipe complète. Ces journées m’ont complètement lessivé. Mais le tout s’est relativement bien passé. Et une quasi-certitude s’est installée en moi : la décision que j’ai prise était la meilleure, pour moi, en ce moment de ma vie. Une paix que je goûte avant qu’elle ne s’évanouisse.

Cette demi-saison, toute de glace et d’eau, est le pire moment de l’année pour courir. Mais le demi-marathon d’Ottawa approche. Je ne démords pas de mon programme d’entraînement. Les distances s’allongent au même rythme que les jours. Je m’étire méticuleusement. Je me drogue aux endorphines et je laisse mon corps s’abandonner aux nuits solitaires, entre plume et flanelle. Aujourd’hui, j’ai couru sur le Mont Royal dans des conditions épouvantables, glace vive et glace concassée. Mais le bagel grillé qui a suivi s’approchait du sublime. Et le soleil qui chauffait l’Avenue était d’une sensualité indécente.

L’homme de la lune me laisse parfois l’approcher. Je l’apprivoise à dose homéopathique. Il a les mêmes défauts de vieux garçon que moi. (Je pense que les siens sont pires, mais bon…) J’apprends ainsi l’autonomie et l’indépendance. Je ne sais jamais d’une fois à l’autre si je fais le revoir. Je m’en accommode, pour le moment. J’apprécie la solitude, ces jours-ci.

La seule façon de goûter la beauté d’un flocon de neige est de ne jamais oublier sa nature éphémère. Rejeter les liens et les attaches. Ils naissent en amont des orages, secoués des combats et des colères des vents et du ciel. Ils arrivent par myriade sans être invités, sans être attendus. Ils transforment les ciels nocturnes en fêtes grandioses, mais éphémères. Et couvrent le monde d’un blanc total et définitif. Mais dès le retour du soleil printanier, ils disparaissent, avalés par la terre.

Je lis : Les carnivores infidèles, 60 recettes végés pour tromper votre boucher, de Catherine Lefebvre. De l’humour et des photos alléchantes, une cuisine accessible qui a du caractère. Brillant ! C’est le livre de recettes que je cherche depuis des mois. Je vous en reparle dès que j’aurai testé les recettes. (Photographie d’Albert Elbilia)

J’écoute : Bliss, They Made History. Et je voyage, immobile.

Dernier jour

C’est mon dernier jour de congé avant le retour au travail. Je n’ai pas travaillé depuis presque 3 mois. Ce matin, le lit se débattait pour ne pas que je le quitte. Les grasses matinées vont me manquer. Je suis un peu triste d’abandonner cette liberté. Mais heureux de ce que j’en ai fait.

J’en profite pour écrire mes résolutions pour 2011. J’aime les résolutions. Je suis certains que si on les choisit avec soin, elle nous aide à aiguiller nos pas dans la bonne direction. J’ai survolé celles que j’avais prises l’an dernier. Le bilan n’est pas si mal. Ma première résolution était de savoir où je m’en vais dans la vie. Il me reste du travail à faire de ce côté-là.

Côté réussite : en 2010, j’ai dormi tranquille. J’ai tissé quelques nouvelles amitiés encore fragiles. Sans être complètement végétarien, j’ai fait beaucoup d’expérimentations culinaires et je compte bien continuer. Je me suis entraîné sérieusement pour les courses malgré de nombreux problèmes de santé qui me sont tombés dessus et qui ont entravé ma route. J’ai voyagé plus et mieux que je ne l’avais fait auparavant. J’ai connu des gens sympathiques, j’ai commencé à apprendre une seconde langue. J’ai lu, j’ai entendu, j’ai regardé. J’ai finalement utilisé ce certificat cadeau pour un massage chez Ovarium que je traînais depuis des années.

Je dois maintenant apprendre à faire des choix. Mieux choisir les amitiés pour lesquelles j’investirai temps et énergie. Je dois aussi décider si je reste au même endroit. Mon appartement ne sera jamais ensoleillé comme je le voudrais. Mais son prix est dérisoire et j’y suis tranquille. Mes progrès en société ne doivent pas s’arrêter. Il faut que je continue à me pousser vers les autres. J’en ai besoin.

J’aimerais trouver des gens avec qui partager mes intérêts culturels. Je reprendrai l’entraînement à la fin de janvier en vue d’un demi-marathon en mai à Ottawa et peut-être un marathon à la fin de l’été. Je ferai le défi 5/30 en mars, pour m’encourager à manger plus de légumes. Je veux intégrer la méditation à ma vie. Depuis le 1er janvier, je médite 15 minutes chaque matin. Avec les défis qui m’attendent au travail, j’en aurai bien besoin. J’aimerais garder cette habitude d’écrire régulièrement et en arriver à traverser la frontière de la fiction.

Je voudrais travailler encore mon anglais pour ne pas perdre mes acquis. Je voudrais apprendre à toucher et à être touché davantage, au quotidien.

En résumé, mes résolutions pour 2011 :

  • Savoir où je m’en vais dans la vie.
  • Choisir quelles relations en valent vraiment la peine.
  • Décider où je veux habiter et y investir temps et énergies.
  • M’organiser pour faire de nouvelles rencontres.
  • Trouver des personnes avec qui partager mes activités culturelles
  • Courir un marathon à la fin de l’été (New York ou Montréal)
  • Intégrer la méditation à ma vie quotidienne
  • Écrire des textes de fiction
  • Trouver de nouveaux moyens d’améliorer mon anglais
  • Apprendre à toucher et à être touché.

Si j’arrive à faire avancer ces 10 résolutions, je pourrai être satisfait à la fin de l’année à venir.

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Les traces d’un souper de Noël

Boulettes de tofu garam masala

Quand j’étais petit, j’aimais bien le ragoût de boulettes du temps des fêtes, pour la texture et la sauce. Plus tard, pendant une certaine période, je ne pouvais pas aller au Ikea sans commander des boulettes suédoises. Voici une recette où je retrouve certains de ces plaisirs. Des boulettes à base de tofu, rondes et dorées à l’extérieur et tendres à l’intérieur. La première recette végétarienne qui m’a fait réellement craquer.

Le garam masala donne aux boulettes un parfum réconfortant, à peine sucré et poivré, devant lequel le tofu s’efface complètement. Le garam masala est un mélange d’épices du nord de l’Inde. J’ai utilisé celui vendu par Philippe de Vienne. On le trouve au marché Jean-Talon et un peu partout à Montréal. Le garam masala fait partie du kit Épices indiennes 101 que l’on retrouve jusque dans les librairies. L’œuf est facultatif, mais il permet aux boulettes de mieux se tenir à la cuisson.

Dans un grand bol, mélangez :

  • 1 bloc de tofu ferme (450g) finement émietté au robot ou râpé
  • 1 oignon émincé finement
  • 1/2 tasse de gruau (instant ou minute)
  • 1/2 tasse de persil frais finement haché (ou persil italien)
  • 3 c. à soupe de tamari (ou sauce soya)
  • 2 c. à soupe de beurre d’arachide
  • 1 à 2 c. à soupe de garam masala fraîchement moulu
  • 1 œuf

Façonnez des boulettes de la taille d’une balle de ping-pong. Mouillez-vous les mains à l’eau froide, cela facilite l’opération. C’est l’opération que je trouve la plus fastidieuse. La prochaine fois je ferai une double ou une triple recette.

  • 1/4 tasse de farine
  • 2 c. à soupe d’huile d’olive

Enfarinez les boulettes et faites-les revenir dans l’huile à feu moyen jusqu’à ce qu’elles soient bien dorées. Retournez-les délicatement aux 3 minutes environ. Les boulettes peuvent aussi être cuites au four 15 minutes à 425 degrés Fahrenheit (220 degrés Celsius). Une fois cuites, les boulettes peuvent être congelées (si vous arrivez à ne pas toutes les manger).

Servir chaud avec une sauce satay aux arachides (celle des banlieusardises convient parfaitement), du riz et des légumes verts. Ce serait sûrement un délice avec une sauce aux poivres ou une sauce tomate épicée. Ces boulettes peuvent aussi garnir un pita avec tzatziki, concombres et tomates.

 

D’autres recettes de tofu faciles ici : Tofu pour néophyte